Pour la deuxième fois en deux semaines, on a utilisé une arme en plein tribunal

Publié le par Le chafouin

Difficile de rester insensible à ce nouveau coup dur pour la Justice. Cette nuit, un homme s'est suicidé par arme à feu à l'énoncé de son verdict en pleine cour d'Assises de Laon.

" L'homme, ancien steward âgé d'une soixantaine d'années, s'est tiré une balle dans la tête alors qu'il venait d'être condamné pour viol à douze ans de réclusion criminelle pour viols sur des mineures membres de sa famille, à l'issue d'un procès à huis clos. Il a pu pénétrer dans l'enceinte du tribunal avec une arme à feu, a-t-on précisé de source judiciaire à Laon.

L'homme comparaissait libre mais avait déjà effectué 18 mois de détention provisoire dans le cadre de l'affaire pour laquelle il était jugé.

La cour d'assises s'était retirée peu après minuit pour délibérer et avait rendu son verdict vers 03h30. 

C'est au moment de l'énoncé du verdit le condamnant que l'accusé, sans dire un mot, a ouvert une sacoche posée à ses pieds, en a sorti une arme de gros calibre, puis s'est tiré une balle en plein coeur (bien en plein coeur), avant de s'écrouler. L'arme contenait 6 cartouches, selon les premiers éléments de l'enquête.

Selon des experts psychiatres et psychologues qui l'avaient examiné, l'homme avait "une personnalité perturbée".

Le 5 juin dernier, à Metz, un poignard avait également été introduit au Tribunal de Grande Instance, et une femme l'avaitutilisé pour frapper le président du tribunal pour enfants. Celui-ci n'a échappé à la mort que de justesse.

Comme l'expliquait à l'époque Maître Eolas dans son Journal d'un avocat, le problème majeur soulevé par une telle agression est celui-ci : l'état de paix dans lequel nous vivons "n'est pas naturel" et doit "sans cesse être maintenu""Une société démocratique qui vit en paix suppose un pouvoir et des contre-pouvoirs légitimes, c'est à dire à l'abri des pressions."

Cette nuit, ce n'est pas un juge qui a été visé, mais un accusé qui s'est suicidé en plein tribunal. La chancellerie a aussitôt diligenté une enquête afin de "déterminer les conditions dans lesquelles un accusé a pu pénétrer avec une arme dans l'enceinte de la cour d'assises malgré la présence d'un portique de sécurité en état de marche". Le gouvernement a récemment promis de débloquer 20 millions d'euros pour assurer la sécurité des tribunaux. Mais en attendant, au palais de justice de Laon, rapporte l'AFP, les fouilles "ne sont pas habituelles" même si l'entrée est "d'ordinaire surveillée par un policier".

Rappelons que l'homme avait une "personnalité perturbée", selon les experts psychiâtres et psychologues. Et qu'il a pu saisir une sacoche, et en sortir un gros calibre avant de se tirer une balle dans le coeur.

Plus que jamais, il faut débloquer des fonds pour la Justice. Et même en faire une cause prioritaire. On a bien mis le paquet pour la sécurité routière, ne peut-on pas assurer les besoins de ce qui assure l'"état de paix" évoqué par Eolas? Il faudra certes sécuriser les tribunaux. Mais pour que les juges soient sereins, il s'agirait peut-être aussi d'embaucher.

Publié dans Institutions

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le chafouin 14/06/2007 16:16

C'est bien triste tout ça... J'espère vraiment que le gouvernement va agir.

tefy 14/06/2007 14:39

On imagine la carnage qu'il aurait pu faire... :-((

potagepekinois 14/06/2007 12:58

C'est ça l'avenir : des guns à disposition dans les tribunaux avec autorisation de se suicider... Ou bien une boisson à la ciguë...