Sarkozy serait devenu impopulaire. C'est le message en boucle que se répètent nos bons journaux depuis un jour essentiel de l'histoire de France : celui où les courbes d'opinions
positives et négatives au sujet du président se sont croisées.
Je suis
comme Toréador, moi. J'aime chafouiner, et je ne hurle jamais avec les loups. D'où cette
interrogation :
Nicolas Sarkozy est-il vraiment devenu
impopulaire? Certes, il a perdu deux formes de soutiens, qui lui avaient permis de cartonner à la présidentielle : celui de ses électeurs de gauche modérée, repoussés par des mesures
telles que la rétention de sûreté, et celui de ses supporters les plus droitiers, choqués par l'étalage de sa vie privée ou agacés de voir le président s'éloigner un peu des priorités.
Depuis cette fameuse date, où les mécontents sont devenus les plus nombreux, du moins selon nos chers instituts de sondage, c'est la curée. Les sarkozystes ont tort de parler de lynchage, mais tout
de même.
Il y a une forme de délectation journalistique à tout interpréter à l'aune des mêmes certitudes. A guetter le moindre faux pas venant étayer la thèse de la chute du
Maître. Et les socialistes ne sont pas en reste, eux qui n'ont fait aucun proposition valable depuis le début de ce quinquennat, et qui attendent tranquillement de se refaire une santé sur
le dos de ceux qui gouvernent. Certains blogs de gauche, eux, n'hésitent plus à raconter n'importe quoi, à relayer sans tiquer ces articles de la presse espagnole où Sarkozy est dépeint en
fou. Tout est bon!
Sans vouloir en aucune façon le plaindre (d'une façon ou d'une autre, il est victime d'un système dont il a longtemps profité),
Sarkozy, lui, est dans un vrai cercle vicieux.
Il a bien tenté, le bougre, de se refaire une santé en retournant au terrain, là où il a justement créé sa popularité. Mais ça ne fonctionne plus. En dépit d'un volontarisme effréné, les courbes
continuent de s'éloigner l'une de l'autre!
C'est un fait : l'impopularité nourrit l'impopularité. Plus ça va, moins ça va et il faudrait un évenement de premier ordre pour que les tendances s'inversent. C'est que nous
sommes influencés (Cratyle, il y a là un bon sujet pour toi, non?) par l'effet miroir des sondages. On me dit que Sarkozy est en chute? Ce doit être vrai. Du coup, il l'est encore plus. De la même
manière que les sondages électoraux peuvent donner de la crédibilité à un candidat, qu'on n'aurait pas soupçonné (Cf. Bayrou).
En attendant, 80% des Français soutiennent l'idée de la rétention de sûreté... 80%, ça fait pas mal de sympathisants PS... Preuve que le président est encore capable de rassembler!
François Fillon (dont il faut saluer le sang-froid), lui, n'est pas populaire pour autant, contrairement à ce que l'on veut nous faire croire. Il n'est symapthique aux yeux de la
population, uniquement parce qu'il est au second plan. Pourquoi croyez-vous que Raffarin encaissait les coups à la place de Chirac? Parce que celui qui paie, c'est celui qui agit, celui qu'on voit
à la télé (et oui, c'est malheureux). Et aujourd'hui, ce n'est pas Fillon, c'est Sarkozy.
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