Lundi 31 mars 2008 1 31 03 2008 00:14
Alors que passé l'épisode tibétain, les médias recommencent leur matraquage pro-euthanasie, voici une nouvelle preuve des dérives possibles dans le monde merveilleux des Etats modernes, progressistes, révolutionnaires et avant-gardistes qui offrent enfin l'accès à une mort digne.

Après la proposition de loi déposée en Belgique, proposant d'étendre, comme aux Pays-Bas, l'euthanasie aux vieillards déments et aux mineurs âgés de plus de sept ans, c'est au tour de la Suisse de faire parler d'elle. Merci à un brillant commentateur pour l'info, que j'avais laissée passer. Il est vrai que nos médias se sont gardé d'en faire leur une.

La macabre association Dignitas, celle dont le métier est d'assister les candidats au suicide (et donc de les tuer sans crainte de poursuites), propose désormais un étouffement à l'aide d'un sac rempli d'hélium. Relançant ainsi le débat sur ce thème en Suisse, où l'initiative n'a pas été du goût de tout le monde.

Voici ce qu'en dit le quotidien Le Temps : " Ces pratiques sont filmées pour attester d'un acte libre effectué par le patient et les images sont transmises à la police. Quatre décès ont été enregistrés de cette manière depuis la mi-février, a rapporté hier le procureur djoint de Zurich Jürg Vollenweider. Contrairement au natrium pentobarbital (NAP) utilisé jusqu'ici, l'hélium ne doit pas être prescrit par un médecin. «Le patient met lui-même un sac en plastique sur sa tête et étouffe», explique encore Jürg Vollenweider. «Pendant plusieurs minutes le corps des mourants continue de bouger. C'est difficile.» "

Alors que la polémique enfle en Suisse, l'association est montrée du doigt au sujet de ses méthodes. "Elle s'est vu interdire de pratiquer successivement dans deux appartements zurichois, dans des locaux industriels, dans un hôtel et dans la villa de son fondateur. L'association avait fini par aider à mourir deux Allemands dans des véhicules à l'orée d'une forêt", écrit Le Temps. Selon rue89, le président de l'ordre des médecins zurichois, Urs Stoffel, estime que cette méthode est digne de "celles du troisième Reich".

Du coup, des voix s'élèvent pour demander au gouvernement fédéral de légiférer sur cette question. Celui-ci s'y était refusé à l'automne dernier, pour ne pas donner l'impression d'inciter à un quelconque "tourisme de la mort".

Voilà qui devrait nous faire réfléchir, puisqu'en France nous avons encore le luxe de débattre de ces questions. Au fond, qu'est-ce qui est choquant, la méthode utilisée ou le fait de tuer? L'acte, ou son moyen? Une chose est sûre : on voit mal comment l'adjectif digne peut être accolé à une mort de ce genre. Et dire, encore une fois, que ce pays et cette association font partie des exemples à suivre, à écouter l'ADMD!
Par Le chafouin - Publié dans : Société
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Commentaires

Certes mais entre les dérives de la suisse et une loi juste en France (uniquement les majeurs dans une situation médicale sans issue et qui font état d'une souffrance physique ou psychique constante et insupportable) il y a encore des limites!
Commentaire n°1 posté par Adrien le 31/03/2008 à 08h09
@Adrien

Certes! J'essaie d"attirer votre attention sur le fait qu'une fois qu'on a banalisé l'octroi de la mort, qu'on a franchi la barrière initiale, bien des dérives seront possibles. C'est le cas dans les pays qui ont franchi le cap avant nous, en tout cas.
Commentaire n°2 posté par le chafouin le 31/03/2008 à 08h49
@Adrien
et non, comme le montre l'exemple belge, un jour ou l'autre est proposé une extension de la loi. ET cela nous ne l'éviterons pas non plus.

Je continue à penser qu'avant de faire débat sur ces questions, il faudrait déjà appliquer la loi leonetti et la faire connaitre du grand public. Nous "éradiquerions" ainsi une bonne partie des problèmes de mauvaises prises en charges qui débouchent alors sur des demandes d'euthanasie  ou de suicide assisté.

Concernant C. Sébire avez vous lu l'article du parisien ou le docteur Beal évoquait le suivi de madame Sébire? Je n'arrive pas à y accéder mais copie ici l'intervention d'un internaute sur le forum du figaro qui cite cet article :"
« (...) le responsable de l'équipe médicale qui l'a prise en charge à Dijon fait part aujourd'hui de son « malaise ». Le docteur Jean-Louis Béal, chef de l'unité des soins palliatifs la Mirandière, dépendant du CHU de Dijon, évoque « l'amertume de l'équipe soignante qui en a pris plein la figure, créant aujourd'hui une situation très difficile dans les unités de réanimation ». Selon lui, l'équipe d'hospitalisation à domicile (HAD), qui intervenait chez Chantal Sébire depuis le 17 octobre, a été peu à peu « évincée » par la malade, laissant le seul pilotage à un jeune médecin généraliste, le docteur Debost, « rapidement débordé par cette affaire hors norme ». Pour Jean-Louis Béal, cette situation aurait ensuite permis « à l'Association pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD) de s'emparer de ce cas emblématique pour faire avancer sa cause », avance-t-il, en enfonçant le clou : « L'affaire a parfois été présentée comme celle d'une médecine bornée qui ne veut rien savoir, enfermée dans ses certitudes. Ce n'est pas ce qui s'est passé. ». Révélation surprenante, le médecin affirme même que l'ex-enseignante « ne voulait à la fin être soignée que par homéopathie ». « Elle nous disait vouloir contrôler sa vie et n'accepter que les médecines douces. Je lui ai suggéré de rentrer dans mon unité de soins palliatifs, mais elle ne l'a pas souhaité. C'est son droit, mais que l'on ne vienne pas nous dire aujourd'hui que l'on n'a rien proposé ! » L'équipe de HAD l'aurait même aidée à consulter fin décembre un « homéopathe » à Dijon. « On n'a jamais douté de l'intensité de sa douleur, poursuit-il. Mais elle a opposé un non catégorique à nos protocoles. Je lui ai proposé différents antidouleurs, y compris de la morphine. Mais cela ne lui convenait pas, car elle l'assimilait à de la chimie, donc du poison. »
 
Pour finir, en surfant sur le site de M6, je suis tombé sur un autre article intitulé : euthanasie, une nouvelle demande.
Bizarrement j'ai surfé sur la plupart des journaux en ligne et n'en ai pas trouvé références. (3w.m6info.fr/m6info/sante/euthanasie--une-nouvelle-demande/article.jsp?id=ri2_820836&cid=awl_787239) Serait ce un cas moins télégénique pour l'admd ???
 
Commentaire n°3 posté par ppscouby le 31/03/2008 à 09h25
Petite vidéo pour entretenir le débat (voir le reportage en bas de page : la frontière suisse)
3w.cite-sciences.fr/francais/ala_cite/science_actualites/sitesactu/dossier.php?langue=fr&preview=&id_article=8766&id_theme=&noPage=&textRecherche=&radioSur=&dateDocu=&id_dossier=501&tc=QACTU&prov=
Commentaire n°4 posté par ppscouby le 31/03/2008 à 10h38
Merci pour ces infos! Cela confirme ce qu'on savait déjà, mais certains ont des oeillères!
Commentaire n°5 posté par le chafouin le 31/03/2008 à 11h34
Je te livre tout de go la pensée qui m'est venue en lisant ton billet et l'abject, bien sûr, sujet dont il traitait (l'étouffement pour mode de suicide assisté ... !) : ça me fait bizarrement penser à ces absurdes défilés et manifestations diverses, y compris des réunions dans d'obscures salles de quartier ou de presbytères des militants pro-life ... tu sais, ces reportages où on voit un "foetus" sensé avoir moins de 10 semaines de vie ressembler à un bébé de 5 mois, et mourir intra untero dans d'atroces souffrances ...
Je ne nie pas que les dérives que tu décris doivent exister ... mais cela sert-il vraiment le débat ... je m'interroge, je n'ai pas encore la réponse, je reviendrai ...
Commentaire n°6 posté par Manue le 31/03/2008 à 17h53
@Manue

Je ne comprends pas là... Là je ne te parle pas de fantasme mais de réalité! ;) Clique sur les liens si tu n'y crois pas...
Oui les exemples de dérives AILLEURS servent le débat parce que l'ADMD cherche à nous faire croire qu'il n'y en aura PAS en France. Ne soyons pas idiots, il n'y a pas de raison qu'on soit plus malin que les autres. Et une fois qu'on aura franchi le premier pas, il sera trop tard.
Commentaire n°7 posté par le chafouin le 31/03/2008 à 19h26

même si l'euthanasie est une réalité, même si cela peut devenir de l'assassinat en chaîne sans même demander l'avis de personne devenue génante(rappellons que Hitler faisait de même) ; cela n sert à rien de polémiquer sur l'eventuelle existence de bavure!!!
En effet danns tout les domaines il existe des gens qui sont des ***** et qui n'en font qu'a leu manière.
Dans ce cas là ce n'est plus l'état qui est responsable de ce qu'on pourrait appeller des "crimes"!

Commentaire n°8 posté par sined le 31/03/2008 à 22h09
@sined

Merci de ton commentaire! Si l'Etat veut éviter ces dérives, qu'il légifère et interdise le suicide assisté, c'est aussi simple que ça... A chacun de prendre ses responsabilités.
Commentaire n°9 posté par le chafouin le 01/04/2008 à 08h21
J'avais bien compris que tout était vrai, j'ai même cliqué sur tous les liens, fait des recherches sur exit et dignitas et regardé les 21 minutes de reportage suisse ...
... mais je pense toujours qu'il faut différencier ... Aux Suisses de faire le ménage chez eux, d'ailleurs il semble que Dignitas soit dans le collimateur et de mettre les garde-fous là où il faut ... Ce n'est pas parce qu'il y a des erreurs ailleurs qu'il faut nécessairement penser qu'on les fera aussi. Justement parce qu'en France ça fait très longtemps qu'on réfléchit sur le sujet, qu'on a un Comité National d'Ethique très contraignant et qu'on n'ouvrira pas les vannes n'importe comment je crois.
Commentaire n°10 posté par Manue le 01/04/2008 à 09h51
@Manue

Un comité d'éthique? Je ris!  Mon idée n'est pas de dramatiser mais simplement d'alerter : voilà le modèle que défendent les promoteurs français de l'euthanasie. Je rappelle que dans le cas de chantal sébire, c'est une législation à la suisse qu'il aurait fallu pour qu'on accède à sa requête...

Ce que je crains, c'est qu'on donne d'abord des conditions très strictes, et qu'ensiote, peu à peu, les consciences se relâchent et qu'après le premier pas, d'autres soient possibles. Tu es plus optimiste, je vois ;) Mais l'expérience montre qu'il vaut mieux se méfier.
Commentaire n°11 posté par le chafouin le 01/04/2008 à 10h19

@chafouin
Tu as sûrement raison. Mais si tu es pour la loi elle même cela ne sert à rien de voter contre parce qu'après le premier pas ce soit 30km qui ait été fait ;).
Je dis cela bien sûr mais je ne dis pas que je suis pour!!!

En fait je suis contre

Commentaire n°12 posté par sined le 01/04/2008 à 12h42
oui mais il faut savoir que si tu votes ok pour la première loi, tu acceptes la suite... C'est ça l'idée.
Commentaire n°13 posté par le chafouin le 01/04/2008 à 13h26
oui c'est vrai mais cela dépend des gens!
Une majorité auaront comme tu dis si bien: des oeillères!!!
Commentaire n°14 posté par sined le 01/04/2008 à 14h18
Voilà, la machine est en route, le lobbying ADMD fait son chemin et ils ne lâcheront pas l'émotionnel.
Donc nouvelle demande d'une jeune femme de 31 ans relayée dans les journaux (sans doute que le cas est plus vendeur que la petite dame âgée d'M6)
(3w.france-info.fr/spip.php?article117214&theme=9&sous_theme=12) 
Commentaire n°15 posté par ppscouby le 01/04/2008 à 21h02
Qui peut prétendre avec sérieux que nos législateurs pourraient faire du copier/coller des lois de nos voisins ?
Qui peut prétendre avec sérieux qu'envisager un texte intelligent et courageux sur le suicide assisté, ne peut qu'engendrer dérives et barbarie ?
Qui peut prétendre avec sérieux que nous soyons assez cons pour marcher sur les pas de ceux qui n'ont pas su blinder leurs lois avec les garde-fous qui s'imposent ?
Qui peut prétendre avec sérieux que reffléchir sur l'évolution de notre législation sur le sujet, reviendrait à se plier de facto aux exigences de l'ADMD ?
Et surtout, quels sont ceux qui  peuvent prétendre se croire suffisemment pétris de certitude pour connaitre en détail le ressenti, les aspirations et les ultimes motivations des mourrants concernés, au point de distribuer des leçons "d'éthique appliquée" comme seuls ramparts à la prophétie apocaliptique que leurs convictions phylosophiques, culturelles ou cultuelles leur prédisent?!

Désolé encore une fois le Chafouin, mais sur ce sujet je ne te rejoints pas ( ce qui n'est pas si fréquent..).
Ce catastrophisme qui voudrait que notre société ne soit pas assez mature pour faire preuve du discernement nécessaire qui lui eviterait de tomber dans l'hystérie législative, me fait bondir.
Comme tu le dis très bien, dans ce pays nous avons le luxe de débattre de ces questions. Alors ne tombons pas dans le fantasme : il y a largement de quoi faire entre les crétineries fondamentalistes de Mme Boutin et les incohérences malsaines du code helvetique...
Commentaire n°16 posté par eric le 01/04/2008 à 21h47
@eric

un texte intelligent et courageux? Je ne te parle pas de ça, eric... J'ouvre les yeux, je vois l'évolution des opinions publiques, et je constate. De même qu'aux Pays-bas et en belgique, l'application des lois initiales est de plus en plus extensive (contrairement aux dicours de départ), en Suisse on fait de plus en plus n'importe quoi. J'estime que c'est un élément à porter à la connaissance des citoyens de ce pays afin qu'ils décident en conscience.

@ppscouby

Merci pour l'info, encore une fois!
Commentaire n°17 posté par le chafouin le 01/04/2008 à 22h04
@eric

qui peut prétendre avec sérieux que la course à l'économie dans l'hôpital public (c'est mon quotidien journalier, vive la T2A), le déremboursement comme affection longue durée de certaines pathologies (diabète en discussion, et demain le sida, le cancer du poumon ???) , la culpabilisation en parallèle de ces pathologies et le passage aux assurances privées de santé n'amèneront pas les gens à se sentir rejetés, indignes car loin d'un canon esthétique ou de bonne santé ? Indignes, certains le sont déjà et je vous invite à venir voir comment nous (société) traitons nos personnes âgées dans nos institutions (dans mon service hospitalier de gériatrie, 1 infirmière pour 50 patients, 2 aides soignantes pour 25, bonjour l'"humanisation de l'hôpital. Et je vous signale que l'on continu à placer dans ces services les jeunes professionnels qui rêvaient de chirurgie, un peu comme les jeunes profs en banlieu)
Vous parlez  d'éthique appliquée en fustigeant ceux qui ont la prétention d'avoir un avis sans être mourrant (et pourtant nous le somme tous, seulement nous "bien portants" continuons à croire à notre immortalité) . Je travaille au quotidien dans une équipe mobile de soins palliatifs, mais aussi auprès de personnes atteintes de maladie d'alzheimer. J'ai donc un peu la prétention de savoir de quoi je parle et cela fait plus de 10 ans que je travaille à l'hôpital auprès des souffrances humaines. Et ce que je constate c'est le manque de moyens, le manque de cohérence dans la politique de santé, le manque de collégialité des médecins, le manque de formation continu, le manque de reconnaissance. Les 35h à l'hôpital ont fait du mal en annihilant les temps de relèves ente soignants.
Sans cesse de nouvelles politiques de santé, de nouvelles lois (sans même savoir si la précédente est appliquée) sans cesse des rustines sur un pneu crevé sans jamais s'intéresser à ce qui fait crever l'hôpital public et les soignants. Et pourtant, nous essayons de faire de notre mieux pour prendre soin des humains (et non des marchandises ce qu'elles deviendront avec la tarification à l'activité).
J'ai l'intime conviction fondée sur ma pratique quotidienne qu'il ne faut rien précipiter. Je suis très en colère contre l'ADMD qui instrumentalisant le débat avec des pratiques de manipulation médiatique , confisque de ce fait toute possibilité de débat serein. C'est bien l'ADMD qui mène le troupeau en ce moment et je crains que les politiques n'aient pas le courage d'un Badinter pour surfer contre l'opinion publique...
Et pourtant avant de débattre il serait déjà bien d'appliquer la loi leonetti (que sans doute sauf erreur vous ne connaissiez pas avant ces polémiques).
Beaucoup de demandes de suicides assistés, de demandes d'euthanasies viennent par défaut de soins/de considérations et non d'une quelconque philosophie de la maitrise jusqu'au bout. Et l'expérience nous montre que ce désir d'en finir est aussi fluctuant au cours d'une maladie. Donc en voulant légiférer pour clarifier l'hypocrisie, comme j'entends dire, vous faites de situations exceptionnelles une généralité pour tous ceux qui ont seulement besoin d'être considéré comme sujet (et non objet). L'autre risque pour moi est de favoriser l'incompétence de certains soignants ou médecins au détriment de la compétence forgée par la collégialité.

 
Commentaire n°18 posté par ppscouby le 01/04/2008 à 23h53
@ppscouby

Merci pour ce témoignage... Travaillez-vous dans une unité de gériatrie ou une unité de soins palliatifs? ou les deux?

Je n'avais pas pris conscience de cet aspect des choses mais il est certain que l'économie est un aspect important du problème. Ce qui est sûr c'est que dans ce débat on parle très peu de l'hôpital. C'est un tort car je crois que les soignants donnent tout ce qu'ils ont et qu'on les oublie un peu trop ces temps ci.
Commentaire n°19 posté par le chafouin le 02/04/2008 à 00h40
@ Chafouin

les deux mon capitaine. Je vois donc la mort par deux facettes et je peux vous dire que cela est très fatiguant psychiquement d'ordinaire et en plus dans le contexte hospitalier actuel. D'un côté la mort qui sidère et vous emporte parfois très rapidement et de l'autre côté la mort à petit feu, ou la mort psychique précède la mort physique. Le sentiment de dignité vient de notre regard sur l'autre fragile et les habitudes sont parfois tellement ancrées chez les soignants que le premier combat est d'abord de les former. Je prends pour exemple le manque de pudeur à l'hôpital ou l'on est capable de vous mettre cul nu sur votre chaise pot dans votre chambre à deux lits  devant faire vos besoins face à votre voisin de chambre et la porte ouverte sur le couloir. Je ne vous parle pas du tutoiement, des mamies papies dès que vous avez passé 65 ans, ou du bol de petit déjeuner dans lequel on vous met le café, le beurre, les biscottes et les médicaments....
Alors bien sur quel rapport avec notre débat. Et bien si, plutôt que d'améliorer la prise en charge, nous donnerons demain un droit à mourrir dans la dignité. Je crois que beaucoup de personnes âgées (mais comptons aussi sur les familles) demanderont à satifaire ce droit ,là ou la première des dignités serait d'abord d'être considéré comme un être humain, sujet de soins et non objet de soins.
Le catastrophisme n'est pas une vue de l'esprit mais déjà au quotidien à l'encontre de nos anciens... 
Commentaire n°20 posté par ppscouby le 02/04/2008 à 08h41
Ma question est: Pourquoi aide t-on les gens à mourir, plutôt que de les aider à vivre?
Je me doute néanmoins que ce n'est pas aussi simple.
C'est le fait de tuer qui est choquant. Ne nous trompons pas de cible. Est ce que la vie des autres nous appartient?
Je trouve cette méthode de l'étouffement profondément révoltante. Cela va à l'encontre de notre dignité.
Commentaire n°21 posté par anonyme le 02/04/2008 à 09h37
@ppscouby

Vous voulez dire que si on traitait plus humainement les malades âgés comme des personnes, elles ne se verraient pas indignes?

Deuxième question : votre service accueille à la fois des malades âgés et des malades âgés en phase terminale, c'est ça? Les personnels sont-ils formés aux deux?
Commentaire n°22 posté par le chafouin le 02/04/2008 à 09h44

pour continuer le débat
3w.espace-ethique.org/fr/editorial.php

@chafouin
je prendrai le temps de répondre ce soir

Commentaire n°23 posté par ppscouby le 02/04/2008 à 12h20
@chafouin

Bonsoir,

1/ oui effectivement le traitement des personnes âgés est indigne d'une société civilisée. Je me souviens d'une intervention du psychiatre Jean Maisondieu qui travaillant sur la question de la maladie d'alzheimer nous disait son étonnement sur la manière dont nous traitions nos anciens en occident. Chez nous la vieillesse ne renvoit qu'à la perte, perte des performances , perte des fonctions cognitives n'amenant finalement qu'à l'exclusion de ces vieillards quand notre société n'entrevoit comme modèle référent que la jeunesse, la vitesse, la jouissance instantanée. Il prenait à contrario l'exemple de cultures moins "civilisées" (c'est à se demander ou se niche la civilisation). Là l'ancien devient sage avec le temps et le groupe s'y réfère dans toutes décisions concernant l'ensemble et si quand bien même il perdait la tête, la tribu le considère toujours avec respect car en connexion directe avec les esprits.

Au final cela ne concerne pas que les personnes âgées (bien que ce soient les moins disposés à se défendre) mais tous les malades ou personnes fragiles. Comment ne pas désirer la mort quand déjà les soignants/les institutions/la société ne vous traitent plus comme des sujets porteurs d'une histoire, comme si vous naissiez vierge à lhôpital. Interrogez vous sur le terme "patient" (patience) et son incidence dans les relations de soins. L'expérience me montre que quand vous décidez de ne pas être patient, mais sujet, vous être très vite catalogué à l'hôpital. Pas question d'avoir du désir à l'hôpital : TAIS TOI, laisse toi faire !!! ......Il y a tellement de choses à faire bouger à l'hôpital.

2/ je travaille à mi temps sur une équipe mobile de soins palliatifs (nous nous déplaçons auprès des gens à dans les services, à domicile) et le reste du temps entre une unité de rééducation fonctionnelle et un service de sons de longue durée accueillant dans un secteur fermé des personnes âgées alzheimer. 
Sur l'équipe nous sommes formés aux soins palliatifs. Dans le service de gériatrie, la question est bien plus complexe. Les soignants dans l'ensemble ne sont pas formés aus SP ni même à la gériatrie ou à la prise en charge des personnes âgées. 
Commentaire n°24 posté par ppscouby le 02/04/2008 à 19h59
Je viens d'apprendre qu'après Chantal Sébire, c'est au tour de Jaqueline, 73 ans, atteinte de la maladie de Charcot...Quel scandale!
En tous cas c'est révélateur d'une incapacité totale à affronter les difficultés de la vie. Tout doit être propre, facile, beau.
ta soeurette
Commentaire n°25 posté par anonyme le 02/04/2008 à 20h11

Discours particulièrement éloquent :
Une récente campagne a été orchestrée, une nouvelle fois, à partir du drame personnel d’une personne gravement malade pour faire passer dans l’opinion le sentiment qu’il y aurait urgence à délivrer légalement un permis de disposer de sa vie. En réalité, il s’agirait d’un nouveau permis de disposer de la vie de son prochain, disons-le simplement : d’un permis de tuer. Alors que nous ignorions tout de la situation médicale réelle de la personne, des traitements possibles, des traitements proposés, acceptés ou refusés, on a voulu capter l’émotion légitime pour la substituer à la réflexion ; on a fait monter les enchères émotionnelles ; on a instrumentalisé une situation douloureuse pour la cause. On parle beaucoup de dignité ! Nous n’avons certainement pas la même conception ni la même pratique de ce mot. Sournoisement, le travail admirable des équipes de soins palliatifs a été discrédité et dévalué aux yeux de l’opinion. Honteusement, des milliers de personnes gravement atteintes ou dans le dernier âge de leur vie ont été soupçonnées de ne pas avoir le courage de la « dignité ». Frauduleusement, la requête de reporter la décision de sa mort sur la société a été présentée comme un progrès humain. La loi, votée il y a deux ans et pas encore vraiment appliquée, a été occultée. La passion pour la mort a remplacé la compassion pour la vie. Plusieurs d’entre nous se sont exprimés justement et sobrement sans faire le jeu médiatique de cette vente aux enchères de la dignité. Aujourd’hui, nous voulons dire ensemble notre conviction que la société n’a pas vocation à organiser la mort, la mort de personne : ni celle de l’enfant à naître, ni celle du grand malade en phase terminale, ni celle des vieillards en fin de vie. Si elle le faisait, elle saperait les fondements mêmes de son existence. Elle deviendrait un lieu du doute : veut-on encore de moi ? Comme évêques mais tout simplement comme êtres humains, nous voulons rappeler que la dignité humaine n’est pas de chercher dans la mort la solution aux situations graves et angoissantes auxquelles tous les hommes sont confrontés un jour ou l’autre. (...) Surtout, nous voulons exprimer notre résolution d’agir conformément à ces convictions en soutenant tous ceux qui se mettent vraiment au service de la vie.
Pour rester objectif, j'éviterai d'en citer l'auteur :)
Ta soeurette

Commentaire n°26 posté par anonyme le 02/04/2008 à 20h14
@anonyme

C'est le cardinal XXIII si je ne m'abuse?

Sur ton premier commentaire, je t'incite à la nuance. Il ne fauit pa soublier que ses gens souffrent, et éviter, du moins je crois, de juger leur capacité à résister aux souffrances. tout le monde n'a pas les mêmes armes, ni le même courage face à l'épreuve. Cependant, il est clair que si la société baisse le sbras et leur cède, le courage de tous sera mis à l'épreuve!

@ppscouby

Le traitement des personnes âgées en général est évidemment aussi au coeur du débat. N'oublions pas qu'il y a trois ans, des milliers de "vieux" mouraient tout seuls face à la canicule! Voilà qui devrait tous nous inciter à la modestie.
Commentaire n°27 posté par le chafouin le 02/04/2008 à 22h43

@ppscouby


Si l'instrumentalisation que vous faites de mon propos pour dénoncer la dégradation de nos services de santé vous permet d'évacuer ce qui ressemble à un cri du cœur qui a tout lieu d’être légitime,  je veux bien servir d'enclume.
Mais vous vous méprenez sur mes  opinions.
Je ne fustige pas ceux qui ont la prétention d'avoir un avis, je fustige ceux qui "se mettent à la place de", ceux qui "savent ce que".

Même vous qui côtoyez la fin de vie chaque jour, ne saurez jamais quelles sont les ultimes et profondes aspirations de chacun, et serez réduit aux hypothèses, et ce, quelles que soient votre ferveur humaniste et votre compassion. Cela ne vous rend donc pas plus apte à discerner avec la certitude nécessaire la légitimité ou non d’une demande de suicide assisté.
Je ne peux qu’être d’accord avec votre constat accablant de notre hôpital et de ses aberrations.
Mais justifier du piteux état de notre système médical pour expliquer les causes et la recrudescence de ces demandes d’euthanasie accompagnées, c’est vidanger le bébé avec l’eau du bain, et vous le savez bien.

Mme Sébire n’a souffert d’aucuns des manquements auxquels vous faites référence, est passée entre les mains d‘une bonne dizaine de sommités, a eu accès au plus élaborés des traitements, a bénéficié d’une attention  familiale, psychologique et médicale de tous les instants et a conservé sa totale lucidité jusqu’au bout.  Elle a pourtant demandé à mourir avec insistance…  Son cas n’est-il pas celui qui devrait nous faire dépasser certaines de nos vérités établies et de nos certitudes idéologiques ?  
Personnellement je le pense.

 Alors quand j’entends Mme Boutin affirmer que Mme Sébire est certes défigurée mais qu'elle peut bien endurer quelques souffrances supplémentaires, je m'étrangle...
Quand je lis, comme un peu plus haut (Anonyme), que son cas relève d'une incapacité à affronter les difficultés de la vie, je m'étouffe...
Je persiste à penser que sans tomber dans les excès de l'ADMD, il existe la possibilité de mettre en place une structure juridique et médicale constituée d’un collège exceptionnel composé d’experts chargés de statuer sur les dernières volontés de mourants entrant dans un domaine de critères établis avec la plus extrême vigilance, et de leur permettre d’être accompagnés médicalement dans une mort qu’ils auront choisi de devancer plutôt que d’attendre.
Vous me soupçonnez de vouloir faire d’un cas une généralité ? Je propose exactement le contraire.

C’est justement l’immobilisme législatif et idéologique qui finira par générer les dérives  que certains prophétisent en cas d’évolution de la loi. Des dérives qui se feront à l’abri des regards, nous laissant un peu plus patauger dans notre hypocrisie. Si faire évoluer nos consciences c’est regarder nos maux avec des œillères et à travers un tamis, ce sera sans moi.
Je suis bien conscient que je ne prêche pas un converti et que ma modeste contribution ne vous fera pas changer d’avis, mais il n’est pas inutile tout de même de rappeler que les infâmes néerlandais à qui l’on a consenti « le droit de tuer », ont constaté une décrue ininterrompue de leurs demandes  de suicides assistés depuis la légalisation de l’euthanasie sur leur territoire.

Une coïncidence probablement…

Commentaire n°28 posté par eric le 04/04/2008 à 19h15
"Mme Sébire n’a souffert d’aucuns des manquements auxquels vous faites référence, est passée entre les mains d‘une bonne dizaine de sommités, a eu accès au plus élaborés des traitements, a bénéficié d’une attention  familiale, psychologique et médicale de tous les instants et a conservé sa totale lucidité jusqu’au bout"

Tu es sûr de ce que tu avances, là?
Commentaire n°29 posté par le chafouin le 04/04/2008 à 19h50
@Chafouin
J'ai écouté ses deux longues interventions au micro de RMC, celles de sa famille,  de son médecin traitant, de ceux qui ont tenté de la soulager, de son avocat et des quelques proches qui ont accepté de témoigner.
Elle s'est attachée jusqu'au bout à louer le dévouement de tous. (les podcasts sont tous disponibles sur le site de la station si on a le temps de les parcourir et de retrouver les entretiens)
Tu sais, je ne cherche ni à passer pour le vilain petit canard, ni à m'arquebouter sur des principes. J'ai vu partir mon père d'une leucémie contre laquelle il a lutté jusqu'à l'ultime souffle. Tout ce que j'ai pu déceler dans ses yeux, c'est de la terreur et du désespoir. Si dans ce regard se trouvait un autre message, une autre demande, je ne le saurai jamais. C'est pourquoi si demain ce pays se lancait dans une loi d'euthanasie "généraliste", je n'y serai pas favorable, tant le sujet est lourd et génère le doute.
Mais s'il reffléchissait sur une commission composée d'un panel très élitiste, pluridiciplinaire, pluriculturel et pluricultuel, appelé à statuer et à trancher sur quelques cas très particuliers (comme celui de Mme Sébire) en parralèle à la loi Léonetti, je pense que nous nous dirigerions vers un compromis acceptable.
C'est mon avis et il vaut ce qu'il vaut.
(désolé pour la petite "tranche de vie perso")
Commentaire n°30 posté par eric le 04/04/2008 à 22h04
@eric

Ton avis mérite d'être lu, écouté... Je n'ai jamais dit le contraire, tu sais bien. La terreur que tu as lu dans les yeux de ton père doit être un très mauvais souvenir pour toi. La mort est énigmatique, c'est pour ça qu'il vaut mieux être très circonspect. Ce n'est pas pour rien que j'avais titré "il est urgent d'attendre" au sujet de l'affaire sébire.
Tu sais, puisque nous en sommes aux confidences, le mien, de père, il est mort à l'improviste, comme ça, sans que j'aie le temps ne serait-ce que de lui dire au revoir. C'est terrible aussi... La vie et la mort sont des mystères. Pourquoi nous, humains, cherchons-nous à les dompter?

Le panel dont tu parles existe déjà dans la loi leonetti. Il s'adresse à des gens en fin de vie, ce qui n'était pas le cas de madame sébire... A des gens pour qui la médecine ne peut rien. Or je t'invite à lire à ce sujet autre chose (excuse moi) que les dires de madame sébire ou de ses proches, qui sont juges et partie. Selon le monde, son mal n'était pas incurable et elle a refusé les soins palliatifs qui auraient permis de soigner sa douleur. Son cas est donc hors du champ de la loi leonetti. On est proche plutôt des cas suisses. Je dis ça pour qu'on sache tous les deux de quoi nous sommes en train de parler.
Commentaire n°31 posté par le chafouin le 04/04/2008 à 23h44
La mort est une question de pouvoir. Certains miliieux ne peuvent pas accepter qu'un undividu ait le pouvoir de décider de sa propre mort. Les médecins ne l'acceptent pas, cela va contre leur POUVOIR Sur les patients. Moi j'ai horreur de la souffrance et veut décider moi-même le moment de ma mort. C'est pourtant simple à comprendre. Connaître la dose létale.
Commentaire n°32 posté par marie-alix le 26/05/2008 à 19h39
@marie alix

Vous croyez POUVOIR maîtriser votre vie et votre mort mais tout cela vous échappe.

non, ce n'est pas une question de pouvoir, c'est que la société à son mot à dire sur la vie et la mort... Quand chacun fait ce qu'il lui plaît, cela s'appelle l'anarchie.
Commentaire n°33 posté par le chafouin le 26/05/2008 à 19h50
Bonjour à tous

Je trouve tout à fait normal que chacun ai le droit de décider de sa vie ou de sa mort. Si l'association DIGNITAS en est réduite à utilisée une méthode peu reluisante comme le sac plastique sur la tête, c'est parce qu'elle ne peut plus utiliser une méthode plus humaine: le NAP, médicament à base de pentobarbital qui permetait de mourir dignement en dormant sans aucune souffrance. Tout ça à cause de petits bourgeois "bien pensants" qui s'offusquent. La vraie question étant de savoir si, dans un monde où la vie coûte cher, où la dignité des plus humbles n'est absolument pas respectée, où les 2/3 de l'humanité n'ont même pas de quoi manger, de quoi s'habiller, de quoi se loger, doit-on obliger tous ces gens à vivre lorsqu'ils souhaitent cesser de souffrir? Doit-on continuer à laisser les gens riches (qui gouvernent) promulguer des lois pour leur interdire toute possibilité d'une mort douce ? De quel droit des hmains doivent priver aux autres la possibilité de choisir l'heure et la méthode pour mourir? Nous savons tous, depuis ces dernières années, qu'il n'y a qu'une poignée de la population terrestre qui aura accès aux soins, au confort, aux décisions aux richesses. En France, le droit de mourir dans la dignité n'est toujours pas reconnu, mais ne nous faisons pas d'illusion, on ne verra pas un humain mourrir proprement en dormant avec du NAP (intetrdit à la vente) mais on verra des gens se jeter sous un train avec toutes les horreurs que cela représente! La personne ne s'offusque bien sur ! On est resté des barbares en france, surtout depuis l'affaire"Chantal SEBIRE" : pas de cartier, pas d'exeption.
Commentaire n°34 posté par richard le 26/04/2009 à 20h20

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