Juste un rappel : Maximilien Robespierre, né le 6 mai 1758, et guillotiné le 28
juillet 1794, a été celui qui avec la Terreur, a voulu appliquer à la lettre les théories de la souveraineté populaire chères à Rousseau. En fait de quoi, il a envoyé un maximum de monde à
l'échafaud et a été un des premiers à tenter de montrer ce que pouvait donner le totalitarisme.
Et voilà qu'à Arras, sa ville natale, l'association des
Amis de Robespierre (rien que le nom de l'association fait frémir) organise une
exposition pour honorer le 250e anniversaire de sa naissance.
"Nous avons préféré nous arrêter à 1789 . Nous rendons hommage à Robespierre l'Arrageois, celui qui ne fait pas encore débat, dans
un esprit de commémoration au sens historique du terme", explique ce matin dans
Nord Eclair le directeur de l'Office de tourisme.
D'une part, il n'y a pas plusieurs Robespierre : il n'y en a qu'un seul. D'autre part, Robespierre ne fait pas débat, c'est un tyran, point. Par ailleurs, s'arrêter à 1789 est une manière
particulièrement malhonnête d'essayer de rendre sympathique un odieux personnage. Imagine-t-on une exposition consacrée à l'enfance d'Hitler, où l'on essaierait d'expliquer la complexité du
bonhomme?
Il y a deux explications, à mon sens, à ce genre de phénomène. D'une part, la France est un pays qui a du mal avec son histoire et tout particulièrement avec la Révolution française. Tout se passe
comme si, en application du propos de Clémenceau, selon lequel la Révolution était un "bloc", on avait peur de toucher au mythe, à la légende, à l'humanisme qui avait soi-disant guidé les pas des
sans-culottes. Comme si on craignait, en critiquant un passage de la Révolution, de devoir tout remettre en cause.
Il y a ensuite une bien coupable tolérance à l'égard de cette association des amis de Robespierre, dont l'objectif affiché est, rappelons le, de
"...faire mieux connaître ROBESPIERRE, le rôle
déterminant qu'il a joué dans le grand mouvement émancipateur qu'a été la Révolution française et la part prépondérante qu'il a prise pour sauver la patrie en danger. Elle considère que le combat
qu'il a mené pour une véritable démocratie, pour une réelle égalité entre les hommes, ainsi que les exemples qu'il a donnés de tolérance et d'intégrité dans l'action politique sont toujours
d'actualité".
Il y a des gens qui pensent cela, en dépit de tout bon-sens historique, qui se battent pour le faire reconnaître, et qui sont financés par des collectivités territoriales. Un conseil
général, plusieurs municipalités selon l'association.
Remarquez, Georges Frêche avait bien déclaré vouloir
acheter une statue de Lénine pour Montpellier, et cela n'avait fait
réagir personne...
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