La récession, et alors?

Publié le par Le chafouin

L'économie, alpha et oméga de nos vies? On pourrait le croire à lire ces esprits apeurés se flageller devant l'affreuse nouvelle qui nous est tombée sur la tête la semaine passée : au deuxième trimestre de 2008, l'économie française a légèrement rapetissé, de -0.3%. L'horreur totale !

Rendez-vous compte! La catastrophe n'est pas loin. Pire, on a rempli la première partie des conditions définissant la récession, qui rappelons-le aux incultes, est  constituée lorsque deux trimestres consécutifs, le PIB d'un pays recule. C'est bien ça, j'ai bon?

Ré-ces-sion. Ils n'ont que ce mot là à la bouche, nos chers économistes. Vous savez, ceux qu'on voit partout dans les journaux, à la télé, prêchant la bonne parole, se plantant tout le temps sans conséquence, multipliant les pronostics sans aucune responsabilité ni risque, jouant le rôle d'oracles anonymes de notre chère économie moderne, érigée en divinité redoutable et capricieuse. Et dont les encycliques sont la croissance, les taux d'intérêts, les chiffres du chômage... L'économie est une science inexacte, à qui l'on peut tout faire dire, mais eux sont perpétuellement appelés par les journalistes à donner leur avis d'experts. Un avis jamais démenti, jamais confronté à la réalité, quand bien même il s'avère faux par la suite.

Ré-ces-sion. Le spectre du malheur, en somme! Peut-être allons-nous être moins riches. Et on s'en relèvera! Ils doivent bien rire, ceux qui prêchent la décroissance. Sans aller jusque là, il semble que l'Occident ait perdu la tête, ou au moins le sens des priorités. La rigueur, oui, et alors? Est-on devenu à ce point pauvres d'esprits, pour que la courbe du moral devienne dépendante de l'état du porte-monnaie et de la richesse collective? Va-t-on se laisser abattre par une mauvaise nouvelle économique? Souvenons-nous du passé et retroussons-nous les manches.

Pendant ce temps, l'Occident décadent réfléchit à liquider des vieux. Remarquez, les deux sujets sont liés : avec le poids démographique et les contraintes budgétaires qui pèsent sur nos pauvres économies, ceux qui coûtent le plus cher et qui ne rapportent rien de palpable, ce sont les vieux. Et j'insiste : ce sujet est autrement plus important. Car c'est d'humain qu'il s'agit. Et comme chacun sait depuis Jean Bodin, "il n'est de richesses que d'hommes".

Non mais!

Lire aussi Seb de CaReagit, qui n'est pas du tout d'accord avec moi, le fourbe.

Publié dans Chafouinage

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le chafouin 31/08/2008 16:29

Thaïs effectue un lien entre conditions des personnes et développement économique : ce lien paraît évident, mais comme vous, pelmer, je crois que les "conditions de vie" sont nécessaires mais pas sufifsantes à l'homme, et que l'humanité d'une société n'est pas fonction de son opulence. Bien au contraire. Il suffit de constater le nopmbre de personnes qui sont à la marge de nos sociétés occidentales.

pelmer 31/08/2008 15:45

Passionément d'accord avec le billet d'humeur du Chafouin. N'avoir que la croissance à la bouche n'est pas un signe de santé intérieure.En revanche, moyennement d'accord avec Thaïs. A mon avis, la corrélation qu'elle établit entre développement matériel et développement humain est plus que douteuse. Nos sociétés occidentales sont les plus riches de toutes (même si ce n'est pas une richesse bien distribuée). Il est plus que douteux qu'elles soient les plus humaines.

Thaïs 21/08/2008 11:48

Je comprends ton souci de mettre l'humain en premier mais permet moi de te dire que je ne suis pas tout d'accord avec toi mais avec bien avec seb (comme souvent)je me rapproche de l'avis de cilia qui dit que ce sont les médias qui mettent les mots de recession, croissance, chomage etc au firmament des valeurs universelles . Il faut dire aussi qu'une certaine personne qui se permet de dire qu'elle va aller chercher la croissance à bout de bras ne fait que participer à cette idée.Pour ma part, je m'en tiens surtout à ce que peuvent dire des acteurs de l'économie comme des chefs d'entreprise et des banquiers. Et même si certaines réformes vont dans le bon sens, la dette phénoménale fait craindre le pire pour nous et nos enfants et ce ne sont pas simplement les réformes structurelles, et la conjoncture actuelle qui va favoriser une confiance durable.Quand tu regardes dans le monde les peuples qui ont bien su évoluer dans le sens manger à sa faim, étudier et se soigner, ce sont ceux dont l'économie a été la plus florissante (certains grâce à de sressources naturelles certes). Je pense, même si je n'y connais pas grand chose, qu'il y a un corrollaire tres fort entre développement économique et développement des conditions des personnes.Quant à l'article d'IR tres bien fait (comme d'hab mais je n'ai pas eu le temps de le lui dire), sur les personnes agées, je ne peux qu'être complètement d'accord.

le chafouin 20/08/2008 19:45

Je vois quelle nuance tu apportes, mais ma colère est bien destinée à l'importance qu'on accorde à l'économie dans nos sociétés, et pas seulement au traitement de cette information dans les médias, qui à la limite, est même plutôt décevante car souvent très peu professionnelle.Je n'ai rien contre l'économie, mais je pense qu'elle devrait être à une place plus juste : un moyen et non une fin!

cilia 20/08/2008 15:11

Je comprends ta colère Chafouin, et tes arguments.Cependant, il me semble qu’il ne faut pas confondre l’appétence des médias pour le drame, la dépression, la violence, et les grandes certitudes d’une part, et le fond du sujet d’autre part.
Que les médias nous assènent à qui mieux mieux du " c’est très grave ", " les français sont très malheureux " est une chose navrante (et je ne suis pas loin de penser qu’elle influe sur notre consommation, donc sur l’économie justement).
L’importance de la santé et de la vivacité de notre économie est autre chose.
Une part très majoritaire des valeurs qui sont les tiennes (et les miennes aussi) ne peuvent pas être mises en application sans argent, ni sans toujours plus d’argent.
Donc, ma colère se porterait plus sur les médias que sur les économistes en l’occurrence…