Euthanasie : les soignants n'auraient pas tous le même poids?

Publié le par Le chafouin

Ici, point de grands arguments comme la fois dernière. Il ne s'agit pas de considérations sur l'euthanasie en elle-même, ni sur les questions qu'elle pose.

Juste un constat, amer. Selon qu'ils sont pour ou contre, les soignants (médecins, infirmiers) n'ont pas tous le même poids. Ainsi, l'association Convergence, dont l'objet est justement de regrouper les soignants favorables aux soins palliatifs et donc à l'application de la loi Leonetti, est étrangement boycottée par les médias alors que son appel à destination des professionnels de la santé a reçu plus de 3 000 signatures!

Ainsi, quand le Nouvel Obs titre sur 2134 soignants favorables à l'euthanasie, ça fait la une de la presse, des dizaines de dépêches d'agences, l'ouverture des JT. ça arrange tout le monde : "oh, les médecins sont pour, dis donc, coco, il va falloir dépénaliser vite fait pour leur éviter d'aller en prison, hein!"

En revanche, quand la réalité dérange (eh oui, coco, en fait les médecins sont quand même des gens qui soignent, et qu'ils soient pour ou contre, des personnes dont une partie importante estime que ce métier consiste plutôt à guérir qu'à tuer), on l'occulte.

Je ne crois pas à la théorie du complot. Il n'y a pas de grands méchants qui refusent de parler de cette pétition et de cet appel dans les médias. Il y a juste des personnes bien politisées, qui sont aux bons postes, et qui refusent de parler de ce qui ne va pas avec leur vision de la chose. C'est de l'aveuglement involontaire, à mon avis. Pour eux, 84% des Français sont pour l'euthanasie, point à la ligne. Il faut aller de l'avant. Ces 3 000 soignants, là, ils vont contre le sens de l'histoire, ignorons-les. En réalité, le monde médiatique (qui quoi qu'on dise, dicte quand même le contenu de l'opinion publique, même si n'importe quel spécialiste de sciences politiques pourra prétendre le contraire, des thèses très bien faites existent pour contredire ce que je viens d'affrimer béatement) a décidé depuis des années de soutenir la dépénalisation de l'euthanasie. Je lisais récement un dossier sur sa pratique en Belgique. C'était très bien fait, cela permettait de comprendre. Mais j'ai regretté que l'auteur soit dépourvu de tout sens critique. Pour lui, il semblait clair que la question ne se posait même pas. Comme s'il paraissait évident d'être pour... C'est dommage. Il aurait été pertinent de se poser la question des risques, d'interroger les médecins là-dessus, pas juste le patient idéal qui attend la mort avec sérénité, et l'association pro-euthanasie qui explique pourquoi c'est très bien de l'avoir autorisée.

Bref. Tout cela pour dire que les dés sont toujours pipés sur les débats publics en France, et que moi, ça m'énerve. Les soi-disant démocrates ne font pas mieux que Poutine. Vivement une bonne petite révolution dans ce pays.

Texte de la pétition :

Nous, soignants – médecins, infirmiers(ères) ou autres professionnels de la santé - déclarons solennellement refuser l’euthanasie ou le suicide médicalement assisté.

L’euthanasie n’est pas la réponse appropriée à la souffrance.

Nous excluons toute perspective de pratiquer ce geste que nous savons contraire à l’exercice de la médecine et des soins. Notre métier consiste  à guérir, si c’est possible, et toujours à soulager, accompagner, écouter et soutenir les patients et leurs proches, sans céder au désespoir.

Nous récusons bien sûr les traitements inutiles ou disproportionnés. Dans les situations de lourde dépendance et de fin de vie, nous faisons le choix d’une pratique de soins palliatifs, qui n’abandonne jamais les patients à leurs souffrances, et s’interdit de les éliminer. Toute personne malade mérite qu’on prenne soin d’elle jusqu’à la fin de sa vie.

C’est le dispositif législatif actuel qui doit permettre de prendre en compte les situations difficiles :
- en respectant la dignité de toute personne quel que soit son état de santé ;
- en apportant une juste réponse à la douleur et à la souffrance morale ;
- en maintenant l’interdit de l’homicide, condition d’une médecine à visage humain.

Le porte parole de la Pétition des soignants est le professeur Olivier Jonquet

Publié dans Chafouinage

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