Société

Mardi 16 décembre 2008

Je ne comprends pas pourquoi la fronde s'arrêterait à l'UMP sur le travail dominical. Hier, les députés rebelles ont été reçus à l'Elysée, où ils ont visiblement été achetés rassurés par le président de la République : il n'y aura pas de généralisation du travail dominical. Décidément, on recule plus facilement face aux lycéens que face à ses députés!

Et là, on sursaute : parce qu'il y avait une généralisation prévue? Pourtant, on entend les ministres Xavier Bertrand et Luc Chatel clamer, depuis le départ, qu'il n'en était pas question? Passons.

Pour ceux qui ne suivent pas, au fond de la classe, rappelons le résultat de l'entretien. D'abord, chaque maire pourra décider d'autoriser jusqu'à dix dimanche travaillés dans sa commune, contre cinq actuellement. Sans que les commerces alimentaires soient concernés. Ce qui nous promet de toutes façons quelque chose de comique : soit il y aura une belle inégalité entre les commerçants ou les clients, selon la couleur politique de la ville en question, soit on se prépare à de beaux retournements de veste schyzophrènes au PS. J'attends avec impatience, par exemple, de voir ce que ferait Martine Aubry à Lille, si la loi passe en l'état : hier, au conseil municipal, elle a fait voter une motion de principe refusant l'extension du travail dominical.

Pour moi, il ne s'agit pas là d'un recul, mais d'une extension. Le texte initial ne prévoyait pas de passer de 5 à 52 dimanche ouvrés, si je ne m'abuse? Conclusion : on prend cette disposition pour que les centre-villes ne soient pas trop défavorisés par rapport aux zones commerciales. Une course à l'échalote qui ne me dit rien qui vaille.

Deuxième modification : justement, à propos de Lille, les magasins seront autorisés à ouvrir chaque dimanche sans restriction "dans les agglomérations des "zones frontalières" d'un pays ouvrant lui-même le dimanche". Tiens tiens, coucou Martine Aubry!  La Belgique laisse ses commerces ouvrir tous les dimanche, donc le Nord me paraît être le seul concerné par cette disposition. Disposition qui semble aussi un brin inégalitaire, puisque le salarié lyonnais aura droit au repos dominical mais pas le Lillois. Le conseil constitutionnel sera-t-il d'accord?

Là encore, à part faire plaisir aux élus de la droite lyonnaise, je ne vois pas où est le recul. Car en même temps, on veut "étendre le champ de l'ouverture dominicale" dans les zones dites touristiques, dont le périmètre sera élargi. Il y en a, à Lyon! Que recouvre exactement la notion de zone touristique? Qui décidera de leur définition? Peut-elle subrepticement se substituer à la notion initialement défendue de "zone d'attraction commerciale exceptionnelle"Pour ce qui est du Nord, en tout cas, c'est pire qu'avant cet entretien à l'Elysée. Là, il y aura bel et bien généralisation.

Là encore, où est le recul?

Concernant Marseille, on marche sur la tête : on propose d'entériner législativement un "usage constaté" pour autoriser l'ouverture aujourd'hui illégale des centres commerciaux tels que Plan-de-Campagne (Bouches-du-Rhône). Et ça, c'est pour contenter l'auteur du texte, Richard Mallié (lui-même député dans le 13), et pour ne pas compromettre sa réélection. Et le petit dealer du coin, qui vend du cannabis, il a droit à un "usage constaté", lui, ou pas?

"La feuille de route est tracée. Le dialogue va se faire. On s'est complètement éloigné de la généralisation du travail du dimanche. Il existe des avancées notoires, nous avons été entendus, je m'y retrouve", a expliqué un député frondeur. Un autre l'avoue franchement : "Si ces avancées sont maintenues, on est en mesure de voter le texte sans difficulté".

Mais quelles avancées notoires? Le fond du sujet n'était-il pas le risque pour la cohésion sociale et la vie de famille, messieurs les députés UMP? Le fond du débat, était-ce Lyon, ou était-ce le principe d'extension du travail dominical? Ne disiez-vous pas qu'il fallait arrêter de tout voir par "le bout de la lorgnette" de l'économie?

Au final, si l'on en reste là, seule la gauche se battrait donc contre ce texte, dont l'examen doit commencer aujourd'hui ou demain à l'assemblée nationale. 4 000 amendements ont été déposés pour le moment : de quoi promettre une vraie bataille parlementaire!

Par Le chafouin
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Mercredi 3 décembre 2008

J'avoue avoir changé d'avis sur cette intrusion de gendarmes dans un collège du Gers, le 19 novembre dernier, en vue d'un contrôle anti-drogues, qui a entraîné une mobilisation importante des parents d'élèves.

Car à première vue, sans avoir pris connaissance des faits exacts (France Info, c'est bien mais c'est court), j'y voyais au départ une vague polémique anti-flics, agitée par les professeurs qui ne veulent pas voir d'uniformes dans les écoles. Il faut avouer que c'est bien ce que laisse penser le communiqué de la FSU : plus que la manière dont s'est passée le contrôle, c'est bien son principe qu'on condamne, avec un fond d'antisarkozysme. Mathieu L. use de pédagogie pour arriver à la même conclusion : "Les grandes démonstrations de force n'ont que peu d'impact finalement, et font plus de mal qu'autre chose". Bref, hormis des interventions d'urgence, les policiers et gendarmes doivent se contenter de la prévention selon lui.

Or au contraire, les forces de l'ordre peuvent très bien pénétrer dans un établissement scolaire pour y réaliser des contrôles, y compris avec des chiens : on sait très bien que ces lieux sont parfois le théâtre de trafics en tous genre. La force publique doit pouvoir aller partout, et Michèle Alliot-Marie comme le parquet local font bien de le rappeler. L'intervention est légale en soi : elle peut aussi "marquer" les esprits et montrer que l'école n'est pas un endroit où on peut être au-dessus des lois.


Mais il y a contrôle et contrôle. On voit bien, à travers les différents témoignages exprimés au sujet de ce qu'on peut appeler un dérapage, qu'en l'espèce, la manière fait plus que poser question.

Zoé, 14 ans, dont le témoignage, diffusé par son père, a permis de révéler l'affaire, a fait partie des élèves qui ont été emmenés en-dehors de leur classe après que le chien a "marqué" sur son sac. Que dit-elle? "Un gendarme à terre disséquait mes stylos, un autre le surveillait, un autre qui regardait la fouilleuse qui me fouillait et le reste de la troupe dehors. Ne trouvant rien dans ma veste, elle me fit enlever mes chaussures et déplier mes ourlets de pantalon. Elle cherche dans mes chaussettes et mes chaussures. Le gars qui nous regardait, dit à l’intention de l’autre gendarme: «  On dirait qu’elle n’a pas de hash mais avec sa tête mieux vaut très bien vérifier! On ne sait jamais… » Ils ont souri et la fouilleuse chercha de plus belle! Elle cherche dans les replis de mon pantalon, dans les doublures de mon tee shirt sans bien sûr rien trouver. Elle fouilla alors dans mon soutif et chercha en passant ses mains sur ma culotte! Les gendarmes n’exprimèrent aucune surprise face à ce geste mais ce ne fut pas mon cas!!!!!! Je dis à l’intention de tous « C’est bon arrêtez, je n’ai rien!!!! » La fouilleuse s’est arrêtée, j’ai remis mon sweat et mon fouilleur de sac m’a dit: « tu peux ranger! »."

Cette affaire illustre un problème de fond de la police et de la gendarmerie, cette dernière étant pourtant réputée plus proche de la population : de plus en plus, et de façon inversement proportionnelle aux insultes qu'ils subissent et aux difficultés grandissantes inhérentes à leur métier, les forces de l'ordre se croient tout permis. Le tutoiement est généralisé. On "provoque" les individus pour les titiller. On ne s'embarrasse pas de courtoisie, et c'est un euphémisme. On humilie volontiers, à la tête du client. Et si au final, le contrevenant ou le passant s'énerve, il sera poursuivi pour outrage... Facile!

Il serait temps, non pas de modifier la procédure pénale, comme le pouvoir central est tenté de le faire, mais plutôt de calmer un peu les agents de la force publique. Cela passe aussi, et surtout, par une modification de la politique sécuritaire actuelle, orientée vers le tout-répressif, la politique du chiffre et la réduction des effectifs de police et de gendarmerie.

Ci-dessous, le témoignage édifiant d'un prof de ce collège, trouvée chez Rubin Sfadj :

 



RECTIFICATIF : il semble en réalité que le témoignage de ce professeur ne s'applique pas à l'intervention de Marciac mais à celle d'Auch, dans le même département du Gers, où les gendarmes sont intervenus quelques jours plus tôt dans un CFA. C'est ce témoignage qui a amené un colonel de gendarmerie à effectuer un démenti sur le blog Secret Défense. Pfiooooou!
Par Le chafouin
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Mardi 2 décembre 2008

Le rapport de la mission conduite par Jean Lenoetti préconise donc (merci Oscar) de ne pas modifier la loi Leonetti d'avril 2005 sur la fin de vie. Il est urgent d'attendre. Il n'y aura pas d'exception d'euthanasie, comme il n'y aura pas de légalisation de l'assistance au suicide. Il y a donc aussi des bonnes nouvelles, parfois!

 

Cette étude avait été commandée par François Fillon afin de réfléchir sereinement sur cette question suite aux revendications nées des polémiques autour de la mort de Chantal Sébire, au mois de mars dernier, orchestrées comme on s'en souvient, en coulisses, par l'ADMD.

 

La mission menée par le député UMP s'est heurtée à l'impossibilité d'introduire une exception à la législation actuelle, car selon Jean Leonetti, le comité qui serait chargé de trancher les litiges n'aurait "pas de légitimité à se placer au-dessus des lois". Dans un entretien au Figaro, qu'il faut lire pour prendre en compte la compexité du problème, il précise très justement qu'il a adopté cette position "parce que [la dépénalisaiton et l'assistance au suicide] posent plus de problèmes hu­mains et juridiques qu'elles n'en résolvent". Certes.

 

Selon lui, les situations peuvent se règler d'elles-mêmes : pour les personnes en fin de vie, la loi d'avril 2005 "résout l'immense majorité des problèmes rencontrés". Il propose néanmoins la nomination d'un médécin référent en soins palliatifs pour jouer un rôle de médiateur des cas difficiles. Et d'un observatoire de la fin de vie, afin de déterminer quels sont les manques et démontrer que "nous avons besoin de moyens, de changer nos modes de pensées et de fonctionnement vis-à-vis des plus fragiles et des plus vulnérables". Pour ceux qui ne sont pas en fin de vie, en revanche, "nous avons constaté que la loi française n'interdit pas formellement cette démarche mais évite, en interdisant la manipulation des personnes vulnérables et la provocation au suicide, les dérives que la Suisse constate et tente en vain de juguler".

 

Une position qui semble équilibrée : on rejette une nouvelle fois l'acharnement thérapeutique, en arguant qu'en médecine, "la technique performante doit s'accompagner d'une dimension humaine équivalente", mais on refuse aussi d'introduire une brèche reconnaissant aux yeux de tous que certaines vies valent moins que d'autres. Et on s'engage à mettre le paquet sur les soins palliatifs, pour marcher sur les pas de la Grande-Bretagne, plutôt que d'empreinter la voie choisie par la Suisse, la Belgique ou les Pays-Bas, où les dérives constatées nous montrent l'écueil à éviter. Au passage, on propose également d'introduire des congés-fin de vie pour les proches des personnes en fin de vie.

 

D'aucuns crieront à l'hypocrisie, mais la politique, c'est cela. C'est prendre des décicisions, et en assumer les conséquences, plutôt que de céder à la panique et à la dictature du sentiment. C'est défendre l'intérêt général, plutôt que celui de quelques-uns. C'est raisonner en toute indépendance, plutôt que d'écouter les groupes de pression de la "culture de mort".

 

 

La mission refuse également  contrairement à ce qu'il avait dit au mois de mars, la dépénalisation des homicides par compassion, jugeant que les juges ou le parquet ont la possibilité de tenir compte de cette circonstance particulière. Seul bémol : on propose aussi d'en finir avec les agonies douloureuses, en autorisant la "sédation terminale" pour les patients dont on a arrêté le traitement et qui sont inconscients. N'est-ce pas la limite entre aide active et passive? Tout dépend, au final, si le but recherché est de soigner, quitte à ce que la conséquence indirecte de l'injection soit la mort, ou si le but recherché est la mort. La nuance semble ténue, mais elle est de taille!

Par Le chafouin
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Vendredi 21 novembre 2008

Eh bien en voilà, des députés UMP courageux, qui ne cèdent pas à l'instinct du moment, à une mode passagère, et au lobby des grandes surfaces! Qui résistent à la furia consumériste, à cette envie de toujours produire plus pour vendre plus, à travailler plus pour gagner plus... Alors ils clament : "Touche pas à mon dimanche!"

Ils sont 48. De l'UMP et du Nouveau Centre. Ils signent un appel dont le député breton Marc Le Fur s'est fait le porte-parole : "Nous sommes un certain nombre de députés à considérer que le dimanche n'est pas un jour comme les autres, à considérer qu'une société, elle vit aussi de respiration, de rythme, de rendez-vous et c'est un rendez-vous social, le dimanche (...) Il y a déjà des dérogations qui existent et c'est très bien, on peut imaginer éventuellement des choses, mais sur l'essentiel nous sommes attachés à cette respiration sociale et nous considérons que les arguments posés ne sont pas pertinents (...) Une jeune femme qui vit seule avec ses enfants, comment fera-t-elle pour faire garder ses enfants, il faudra que la crèche ouvre à nouveau le dimanche, par capillarité, on change de société !".

 

Et autour de ces valeurs, ils n'y a pas plus de 48 députés UMP? Mais quelles sont-elles, les valeurs de la droite, alors?

Par Le chafouin
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Jeudi 6 novembre 2008
Billet d'humeur, billet d'agacement, ce matin. La commission européenne vient de proposer aux Etats membres de l'Union de limiter les recherches scientifiques sur les grands singes aux cas de forces majeure, et de fixer un seuil maximal de recherches sur les animaux.

"Il est essentiel de mettre un terme à l'expérimentation animale", a affirmé le commissaire à l'Environnement Stavros Dimas dans un communiqué. La proposition de loi présentée par la Commission européenne a été saluée par les élus du Parlement européen, tous groupes confondus, spécialisés dans la protection des animaux. Ils se sont engagés à faire approuver le texte par l'ensemble des eurodéputés le plus rapidement possible, écrit l'AFP.

La commission ne peut cependant aller aussi loin que ce que demandait les associations de défense des animaux : "Il est impossible d'interdire totalement l'utilisation d'animaux pour les essais d'inocuité ou la recherche biomédicale", souligne-t-elle. "Il est impossible". Elle le regrette! Elle aurait bien satisfait à la demande, mais c'est "impossible". Comprenez, ma bonne dame, s'il vous plaît, ne nous jugez pas, on aimerait bien mais on ne peut pas!

On assiste donc à un renversement total des valeurs. On pourrait se féliciter de cette proposition, y voir là le signe d'une société civilisée, qui renonce à faire souffrir inutilement des animaux, comme on peut le déplorer dans le cas des études sur les cosmétiques. Mais on ne le fera pas et pour deux raisons.

La première, c'est que l'animal reste un animal, et c'est cela que la commission aurait dû répondre. Il est dénué de conscience de soi, et de la même façon qu'on mange un cochon, on ne voit pas trop pourquoi on ne ferait pas d'expériences sur un rat, sans tomber bien sûr dans le sadisme. Car transporter un cochon dans un camion vers l'abattoir, c'est déjà une souffrance inutile, non?

La seconde, c'est qu'en tant qu'être intelligent, et contrairement au singe ou au lapin, l'Homme est capable de faire la synthèse entre différentes informations dont il a connaissance. Et là, très rapidement, il se dit que personne ne s'émeut, ou presque, des recherches sur les embryons. Là, c'est "possible"! banco! Pas de problème!

On stocke des millions d'embryons, issus des fécondations in vitro. En France, en 2006, la France en avait 120 000 en stocks, dont 40% "ne faisant plus l'objet d'un projet parental". On a fixé des conditions restrictives, mais en gros, si les "parents" sont d'accord, on peut les disséquer. Hé oui. On peut jouer avec les embryons, en concevoir en veux-tu en-voilà, mais les grands signes, non, faut pas pousser. Faut rester humain, quand même.

Car un grand singe, c'est grand, ça se voit, c'est mignon, ça a des poils, et ça a Brigitte Bardot sur le dos. Un embryon, c'est petit, c'est fragile, c'est dans un tube expérimental et personne ne le voit. Tout le monde s'en moque.

Si au final, on était aussi respectueux de l'humain, et du matériau humain, qu'on se prétend l'être au sujet des animaux, on pourrait applaudir à cette mesure. Ce n'est pas le cas, donc on préférera s'en gausser.
Par Le chafouin
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Vendredi 31 octobre 2008

La dernière lubie de l'ADMD, l'association pour le droit à mourir dans la dignité - qu'on pourrait rebaptiser l'association pour le droit au laisser mourir ou au suicide assisté? Faire du 2 novembre, jour où traditionnellement, on célèbre nos morts,  une journée mondiale pour la légalisation de l'euthanasie. Stupéfiant!

Comme l'alliance pour les droits de la vie (ADV) le fait remarquer, on peut parler de cette démarche non seulement comme une provocation - l'association en est habituée, elle qui ne fonctionne que par la stratégie du coup médiatique - mais de façon plus forte, comme d'une quasi-profanation. Quand on en est arrivé à ce niveau, c'est peut-être qu'on n'a plus d'arguments : s'il faut être dans le trash pour faire parler de soi et véhiculer son message, c'est très triste.

Le 2 novembre, dans la tradition catholique, et donc fatalement, nationale, c'est une date où on se recueille, où on essaie tant bien que mal d'honorer ses morts, et Dieu sait si pour beaucoup de gens, il s'agit d'une journée difficile à vivre. Comme dit l'ADV, ce n'est sûrement pas le bon moment pour introduire la "revendication" et le "ressentiment". Voire la polémique. Surtout sur un sujet aussi délicat, sur lequel on a du mal à discuter sereinement, et qui nécessite une réflexion qui sorte un peu du manichéisme auquel nous a habitués l'association présidée par Jean-Luc Romero.

A l'instar de Jean Leonetti, dont la mission approche de son terme (ce qui peut expliquer la colère de l'ADMD), je pense que "le "prendre soin" est la véritable attitude de modernité". Et que l'urgence, aujourd'hui, est de développer les soins palliatifs. Il s'agit d'une solution d'espoir, contrairement à l'euthanasie, qui est un aveu d'échec consistant à dire ou penser que la mort est la seule solution face à la souffrance. A-t-on, franchement, tout tenté à ce niveau? J'en doute.

Jean Leonetti effectue d'ailleurs une séparation nette (contrairement à l'ADMD qui introduit volontairement la confusion entre les deux notions) entre les malades en fin de vie, qui n'ont plus d'espoir et dont les jours sont comptés, et les malades incurables dont la mort n'est pas d'actualité. Dans la première hypothèse, dit-il, la fameuse loi du 22 avril 2005 "répond à quasiment toutes les situations". Dans la seconde, "la personne peut se suicider, c’est un « droit liberté », mais pas un « droit créance » vis-à-vis de la société. En d’autres termes, la société n’a pas à assumer ce geste pour elle".

Dominique Quinio, éditorialiste à La Croix, résume très bien au final l'alternative qui s'offre à nous, et qu'il ne faut pas perdre de vue dans ce débat : "Veut-on une société individualiste où chacun disposerait d’un droit à tout maîtriser de la vie, de la naissance à la mort et où le devoir de la collectivité serait de leur permettre d’exercer cette succession de droits ? Ou bien veut-on une société solidaire où la communauté humaine se donne pour mission d’accompagner, de soutenir, de soigner les plus faibles, avec le souci de leur dignité et de leur bien-être, sans croire, ou surtout sans leur laisser croire, que la seule solution serait la mort ?"

Par Le chafouin
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Mardi 14 octobre 2008
J'insiste, j'enfonce la plaie dans le couteau, je rentre dans le lard. Le gouvernement va plus vite, plus loin, plus fort, peut-on lire dans le JDD sous la plume de du servile Claude Askolovitch, dont on peut s'interroger sur l'indépendance dans cette affaire (*). Alors qu'hier, la CGPME a exprimé ses inquiétudes au sujet de la libéralisation du travail dominical, et qu'aujourd'hui, Nicolas Sarkozy doit s'exprimer à son tour sur cette question, Xavier Bertrand propose d'ouvrir des crèches sept jours sur sept.

Et pourquoi pas, en effet?

"Les nouvelles crèches notamment, il faudra aussi qu'elles puissent être ouvertes sept jours sur sept quand il le faut. Parce que quand vous êtes commerçants, pourquoi vous n'auriez pas le droit d'avoir vos enfants à la crèche ?", a expliqué le bonhomme.

Et le livreur de lait de la nounou, lui aussi, pourra ouvrir le dimanche, au cas où. Le cordonnier du livreur, on ne sait jamais. Et puis l'assureur du cordonnier. Et le banquier de l'assureur. Et le magasin de vêtements du banquier?

"Il faut qu'on puisse se caler au rythme de vie et aussi au rythme de consommation des Français", nous explique Xavier Bertrand, l'homme dont les dents raient le parquet au point d'être ralenti dans sa course en avant et doublé par Jean-François Copé et Xavier Darcos, c'est dire... Voilà bien la preuve qu'il ne s'agit pas seulement, comme l'a prétendu Luc Chatel, de simplement toiletter la législation pour rationnaliser un système très compliqué (ce qui était est effectivement le cas). Je n'aime pas l'idée selon laquelle on envoie les gens au turbin pendant que l'Etat garde leurs enfants.

En réalité, on ne cherche pas tant à contenter les Français qu'à adapter de force leur mode de vie aux desiderata de quelques-uns, et notamment de lobbies de la grande distribution et des grandes enseignes du textile. Pour le secteur de l'ameublement, c'est déjà fait... Et tant pis pour les conséquences sociales/sociétales de la mesure! On se doute qu'une fois la brèche entamée, et une fois passé le moment de l'émotion du travailler plus pour gagner plus, le doublement du salaire n'existerait plus que dans les rêves les plus fous des employés. 

Et quand on regarde de plus près sur le sondage malhonnête publié par le JDD (merci à un commentateur de Koz de l'avoir signalé, j'étais passé à côté...) on se rend compte que ce ne sont pas "67% des Français qui sont prêts à travailler le dimanche", comme on l'a entendu partout... Mais 17% des Français qui répondent "oui, toujours" à la question "Travailler le dimanche est payé davantage qu'en semaine. Si votre employeur vous proposait de travailler le dimanche, accepteriez-vous?", contre 33% qui répondent "non jamais" et "50% "oui, de temps en temps", ce à quoi ils auraient aussi pu répondre "non, pas toujours"!

P.S : la photo illustre bien sûr ma promenade en forêt de dimanche dernier.  C'est un appel à la méditation, plus qu'à la consommation!

P.P.S : après avoir désigné Askolovitch de l'adjectif "servile", et en confrontant mon opinion avec celle de plusieurs commentateurs, je retire ce mot excessif issu d'un premier jet un brin énervé. Mea culpa. On peut néanmoins s'interroger et s'inquiéter au sujet de l'indépendance du JDD dans cette affaire. Un sondage manipulé et déformé, qui sort le jour même d'une interview accordée à un ministre qui le même jour, est en déplacement de promotion sur ce thème dans un centre commercial, ça fait beaucoup. Et ça fait surtout beaucoup les affaires du gouvernement, il me semble.

P.P.P.S. : lire aussi le point de vue gauchiste de Koz.
Par Le chafouin
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Lundi 13 octobre 2008

"Le dimanche n'est pas un jour comme les autres, c'est vrai. Mais il faut aussi voir comment les choses évoluent. Nous ne pouvons pas refuser à des personnes qui souhaitent travailler le dimanche de le faire", a expliqué hier le ministre du Travail,  Xavier Bertrand, en déplacement avec le secrétaire d'Etat à la consommation, Luc Chatel, pour rappeler la mobilisation du gouvernement sur ce sujet.

On y est : le vote de la proposition de loi Maillé, repoussé plusieurs fois, et qui multiplie les dérogations, pourrait intervenir avant la fin de l'année.

Toujours le même raisonnement : le principe reste que le dimanche est un jour de repos, et qu'on ne va pas revenir dessus! Mais on va assouplir, avec le chantage à la création d'emplois et au retour de la croissance, pour protéger la liberté de ces gentils travailleurs qui veulent bosser plus pour gagner plus, et d'ailleurs, un sondage très opportun nous apprend que 67% des Français (je me demande qui?je n'en connais pas) sont prêts non pas à aller faire des courses le dernier jour de la semaine, mais bien à travailler ce jour-là! Il va falloir m'expliquer...

C'est la grande technique : assurer qu'on va respecter un principe, et dans le même temps, lui tordre le cou en appelant à briser les tabous et à sortir des carcans.

On a déjà examiné en détail la proposition de loi Richard Maillé, qui ne va pas très loin, il est vrai, mais écorne déjà sérieusement le principe du repos dominical. Ne soyons pas dupes : une fois que la brèche sera ouverte, les nouvelles exceptions passeront comme une lettre à la Poste. On a ici même beaucoup débattu des conséquences que pourraient avoir une libéralisation du travail du dimanche. Et beaucoup dénoncé l'hypocrisie de ceux qui ouvrent déjà chaque dimanche au mépris de la législation. Pas de radar pour eux.

Je ne vais pas aborder à nouveau les contours économiques de cette loi, même si je reste persuadé, d'une, que le portefeuille des Français n'étant pas extensible, l'ouverture des commerces le dimanche n'augmentera pas leur pouvoir d'achat, et de deux, que les grands perdants seront une nouvelle fois les commerces de ville, si l'on en reste là. Je reste aussi convaincu qu'une "pause commerciale" ne fait pas de mal pour l'Homme. Marre de voir des gens se promener en famille dans les centres commerciaux! Ils seraient aussi bien en forêt à cueillir des champignons.

Pour le reste, les syndicats me paraissent totalement hors-sujet en se focalisant uniquement sur la question du libre choix et du salaire. C'est bien sûr une revendication importante, mais il faut dépasser cet aspect : même payé double et choisi librement (mais ne rêvons pas), le travail dominical ne serait pas satisfaisant.

C'est en effet une véritable révolution de société qu'on risque de subir avec la généralisation du travail dominical. Je suis bien placé pour le dire : dans mon entreprise, on va bientôt devoir tous travailler par roulement le dimanche. Le journalisme ne s'arrête certes pas un jour par semaine. Mais je note que nous n'avons pas eu le choix, et qu'il n'y aura pas d'augmentation de salaire ce jour-là.

Politique de civilisation? Mon oeil! Si on voulait tuer la famille, si on voulait isoler encore plus l'individu, on n'agirait pas autrement. Car que va-t-il se passer? Pour ceux qui travailleront le dimanche, un décalage total par rapport à la société. Des périodes de travail de dix jours sans interruption, avec le jeu des repos hebdomadaires. Et si tout le monde prend ses repos de façon librement choisie, et donc différente, n'est-ce pas la mort de la convivialité?

L'avantage d'un repos identique pour tous saute aux yeux : cela permet à tous de se retrouver, amis, familles... Mariages, communions, bar mitzvah, repas familiaux, pendaisons de crémaillère...

Au lieu de cela, et si l'on s'oriente dans cette voie, certains prendront leurs repos le lundi, d'autres le mardi, etc. Avec parfois, au sein d'une même famille, un mari qui ne prend pas ses jours le même jour que son épouse! Et les enfants, dans tout ça?

On parle beaucoup en ce moment, évidemment, des origines de la crise financière actuelle, de la cupidité, de l'égoïsme des marchés, de leur absence de moralisation. Mais à quoi sert-il de se répandre en banalités et en grands mots, si ce n'est pour en retenir aucune leçon?

Car que fait-on, là, à part raisonner uniquement en termes économiques, et en oubliant tout le reste? En oubliant, tout simplement, l'homme?

Par Le chafouin
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Jeudi 9 octobre 2008
Martine Aubry, comme avant elle Olivier Besancenot, est prise au piège d'une réflexion hâtive et irréfléchie au sujet du pistolet à impulsion électronique (Taser). Pour avoir affirmé, sans l'avoir bien sûr vérifié, que cette arme était létale et avait tué 290 personnes en Amérique du Nord, elle risque le procès en diffamation.

Et n'est-ce pas le minimum? Ne serait-ce pas la sanction légitime de l'exagération, du remplacement d'une réflexion sereine et intelligente par des "slogans" faciles à retenir pour le pékin moyen? Martine Aubry est coincée, car elle a voulu répondre de façon ferme et directe sur Canal +, à une question sur la dotation des Pistolets Taser aux polices municipales. Mais elle s'est plantée. Et maintenant que la polémique enfle, il est trop facile de se retrancher, comme elle l'a fait hier en conférence de presse, à Lille, derrière un "c'est Amnesty International qui l'a dit...". et un "et puis de toutes façons d'autres l'ont dit avant moi, alors camembert!".

Quoi, parce que d'autres racontent des sornettes, on peut les reprendre sans sourciller, un peu comme ces médias qui se copient les uns sur les autres sans recouper leurs informations?

Car la vérité, quelle est-elle? Si on se plonge un tantinet dans ces fameux rapports d'Amnesty International, on constate que la réalité est un peu plus complexe que ce qu'en dit Madame Aubry. Le premier rapport, livré en 2004, indique ceci (commentaires du chafouin) : "Au cours des trois dernières années, plus de 70 personnes seraient mortes aux États-Unis et au Canada après avoir été atteintes par des pistolets incapacitants M26 ou X26 (et beaucoup de personnes sont mortes en France, ces trois derniers années, après avoir bu un verre d'eau dans l'heure précédent le décès) ; le nombre de victimes augmente chaque année (ah bon? des précisions?). Les médecins légistes attribuent généralement le décès à d'autres causes, comme la prise de drogue (nous y voilà), mais des experts médicaux (qui sont-ils? Mystère!) estiment que l'utilisation de ces armes peut accroître le risque de crise cardiaque pour les personnes agitées, droguées ou présentant des problèmes de santé (sans doute! et une balle les tue encore plus sûrement). Dans au moins cinq cas récents, les coroners ont conclu que l'utilisation d'un pistolet incapacitant avait directement entraîné la mort de la victime, conjointement avec d'autres facteurs comme la toxicomanie ou les maladies cardiaques (ah, nous y voilà! cinq cas, avec d'autres facteurs...)".

Bref, on est loin des affirmations péremptoires de MM. Besancenot et Aubry!

Le rapport cité par le maire de Lille, lui, affirme de façon tout aussi imprécise que depuis 2001,  "290 personnes sont mortes après avoir été touchées par le Taser" et ajoute que "dans au moins 20 rapports d'autopsie, les coroners ont cité les pistolets électriques comme la cause directe ou aggravante des décès, parfois combinée à d'autres facteurs". Est-ce suffisant pour dire que le Taser a tué 290 personnes? Certainement pas.

Et après tout, a-t-on besoin de tels arguments pour refuser de doter de pistolets à impulsion électroniques les policiers municipaux? Je ne suis pas un grand fan de cette arme, car je trouve qu'il est barbare et un peu dégradant d'électrocuter quelqu'un pour le maîtriser. Et que la répression, comme l'a dit intelligemment Martine Aubry, ne fait pas partie juqu'à présent (ça changera sans doute) des mission de la police municipale. D'un autre côté, des exemples ont montré à plusieurs reprises, notamment dans la région de Lille, que cette arme pouvait sauver des vies (notamment pour des forcenés qui menacent de se tuer) et quoi qu'on en dise, ce sera toujours mieux que d'être truffé de balles. Pragmatisme contre idéologie? On en revient toujours là.

Par ailleurs, il est bon de préciser que l'utilisation qui est faite du Taser X-26, depuis que les policiers nationaux et les gendarmes en sont dotés, n'est pas du tout la même qu'aux Etats-Unis. Mais nos idéologues le savent-ils?

Tout d'abord, cette arme ne peut être utilisée qu'en état de légitime défense du tireur ou de celui qui reçoit la décharge. Précision importante. Ensuite, une caméra fixée au pistolet enregistre les images à chaque fois qu'il entre en action. Enfin, très peu d'unités, et seules des unités spécialement formées, ont reçu des Taser. On ne parle que des unités d'intervention du type GIPN, BAC, ou les unités judiciaires qui participent à des interpellations. Les police-secours ou les policiers qui patrouillent à pied, par exemple, n'en seront jamais dotés!

Je discutais récemment de toute cette polémique avec un policier qui lui, a un Taser dans son armement. Il m'a répondu à peu près ceci : "Le Taser, c'est la plaie. Il y a tellement de contrôles et d'obligations qu'on ne s'en servira quasiment jamais. Il faut remplir plusieurs procès-verbaux à chaque utilisation pour justifier le tir..."

Bref, il est très facile de faire peur sur ce genre de sujets, et on sera toujours plus écouté en exagérant et en simplifiant le problème, qu'en adoptant la seule attitude raisonnable qui existe : se baser sur les faits, et pas extrapoler, les confronter à une réflexion intelligente, et ensuite, décider. Et d'ailleurs, éventuellement, décider de se passer de cette arme...

P.S : sait-on que des armes électriques bien plus puissantes (jusqu'à 1,5 millions de volts) que le Taser (50 000 volts) sont en vente libre dans n'importe quelle armurerie ou sur internet? Il suffit d'être majeur et de pouvoir payer une centaine d'euros... N'est-il pas là, le vrai scandale?
Par Le chafouin
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Mardi 23 septembre 2008

Je ne comprends pas grand-chose en économie, science complexe qui nous gouverne tous alors même qu'il n'est pas facile de l'appréhender. Et pourtant, quand on réfléchit à l'instinct, et qu'on essaie d'analyser la situation actuelle d'un point de vue social, on ne peut être qu'atterré par les conséquences sur l'économie américaine, et partant, mondiale, du désastre de la crise des subprimes, dont la chute de Lehman Brothers n'est que le dernier avatar.

Verel a l'extrême amabilité de nous résumer en termes choisis et vulgarisateurs ce qui semble être la résultante directe d'une forme de gourmandise et d'âpreté au gain. On a aussi tendance à penser que si les traders se comportaient un peu moins comme des geeks ou des fanas de jeux vidéo, on n'en serait pas là.

On pourrait aussi gloser sur les 700 milliards que le Trésor américain (donc les contribuables, et au final, vous et moi en paierons également le prix) va débourser pour calmer le jeu et éviter l'effet boule-de-neige causé par la chute d'une banque d'affaires aussi importante. On pourrait pleurer de rage en regardant l'Etat, tant vilipendé par les requins de la finance, servir constamment de pompier pour circonscrire les incendies allumés par ceux qui contribuent si peu au bien commun. Et qui se font un beurre dingue en refusant d'assumer les conséquences de leur inconséquence. On aurait parfois envie de balancer des briques avec les crypto-gauchistes.

Mais on préfère se calmer, boire un grand verre d'eau, respirer un bon coup et essayer de réfléchir sereinement. On se souvient d'ailleurs qu'Ivan Rioufol terminait ainsi sa note sur la visite de Benoît XVI en France : "La crise financière internationale, qui secoue les États-Unis et qui n'épargnera pas l'Europe, oblige à s'interroger sur un système économique dévoyé. Là aussi, la doctrine sociale de l'Église a une place à prendre dans les réflexions à venir."

Mais c'est quoi au fait, la doctrine sociale de l'Eglise? On en parle beaucoup mais que dit elle sur tous ces sujets? Grâce au ciel, nous ne sommes pas manchots, et une courte recherche internet nous mène au septième chapitre de la fameuse doctrine, qui semble résumer le discours évangélique en matière économique.

Bien sûr, il est inutile de chercher à y trouver un quelconque programme politique, l'Eglise ne se mêlant pas concrètement du temporel. Il s'agirait plutôt d'une énumération de grands principes, de grandes lignes que l'Eglise propose comme des pistes de réflexion pour tenter d'atteindre le double idéal de charité (que d'aucuns appellent solidarité) et de justice.

La base de tout, c'est que l'économie « n'est qu'un aspect et une dimension dans la complexité de l'activité humaine" (§365), et que  "l'activité économique et le progrès matériel doivent être mis au service de l'homme et de la société" (§326). D'où le principe de la destination universelle des biens, les richesses ne remplissant "leur fonction de service à l'homme" que "quand elles sont destinées à produire des bénéfices pour les autres et pour la société" (§328). Cela peut paraître évident, mais à y regarder de plus près, nos lois économiques sont-elles toujours destinées à satisfaire l'intérêt général, et le bien-être de l'homme, ou plutôt à s'assurer le soutien électoral de telle ou telle catégorie de la population? On pourrait y trouver matière à contester la primauté de principe accordée de nos jours à la démocratie moderne, mais on dépasserait un tantinet le cadre du sujet.

La DSE est bien sûr favorable à la propriété privée, à la liberté d'entreprendre, et même à l'économie de marché (§334) sous réserve que son développement ne soit pas uniquement quantitatif : "L'objet de l'économie est la formation de la richesse et son accroissement progressif, en termes non seulement quantitatifs, mais qualitatifs : tout ceci est moralement correct si l'objectif est le développement global et solidaire de l'homme et de la société au sein de laquelle il vit et travaille".

Et sur le sujet qui nous préoccupe, à savoir le marché et la finance, les choses sont dites clairement : rien ne peut fonctionner si, encore une fois, le but n'est pas le bien de l'Homme mais l'intérêt de quelques-uns ou la passion immodérée pour l'argent ou la richesse. Qui n'est pas condamnée en soi, bien entendu...

Le principe de base est qu' "il existe de bonnes raisons d'estimer qu'en de nombreuses circonstances le marché libre soit l'instrument le plus approprié pour répartir les ressources et répondre efficacement aux besoins", et qu'un "vrai marché concurrentiel est un instrument efficace pour atteindre d'importants objectifs de justice : modérer les excès de profit des entreprises; répondre aux exigences des consommateurs; réaliser une meilleure utilisation et une économie des ressources; récompenser les efforts des entreprises et l'habileté d'innovation et faire circuler l'information de façon qu'il soit vraiment possible de confronter et d'acquérir les produits dans un contexte de saine concurrence. " (§ 347) Le §349 ose même parler du marché comme d'un "instrument irremplaçable de régulation du système économique".

Voilà qui, du coup, nous éloigne un tout petit peu des crypto-gauchistes dont nous parlions précédemment, et qui de toutes façons ne rêvent que de casser du catholique, les fourbes. Ils ont de la chance qu'en face, le discours soit teinté d'amour!

Ceci étant posé, les limites établies sont strictes et n'accordent aucun blancs seing à quelque main invisible que ce soit : "Le marché ne peut pas trouver en lui-même le principe de sa propre légitimation (...) Le profit individuel de l'agent économique, bien que légitime, ne doit jamais devenir l'unique objectif. À côté de celui-ci, il en existe un autre, tout aussi fondamental et supérieur, celui de l'utilité sociale, qui doit être réalisé non pas en opposition, mais en cohérence avec la logique du marché. Quand il remplit les importantes fonctions rappelées ci-dessus, le marché libre sert le bien commun et le développement intégral de l'homme, tandis que l'inversion du rapport entre les moyens et les fins peut le faire dégénérer en une institution inhumaine et aliénante, avec des répercussions incontrôlables." (§ 348)

Les répercussion incontrôlables, ça ne vous rappelle rien? Non, vraiment rien?

La finance n'est pourtant elle non plus pas condamnée en soi puisque le §368 reconnaît que "l'expérience historique atteste qu'en l'absence de systèmes financiers adéquats, aucune croissance économique n'aurait eu lieu" et reconnaît les "fonctions positives de l'épargne pour le développement complexe du système économique et social".

Mais on en revient toujours à l'abus et à l'excès : "Le développement de la finance, dont les transactions ont largement surpassé en volume les transactions réelles, risque de suivre une logique toujours plus autopréférentielle, sans lien avec la base réelle de l'économie."

Et au bout du bout, dans un système globalisé comme le nôtre, il y a risque de double injustice puisque "les pays exclus de ces processus, bien que ne jouissant pas des bénéfices produits par ceux-ci, ne sont pas à l'abri d'éventuelles conséquences négatives de l'instabilité financière sur leurs systèmes économiques réels, surtout s'ils sont fragiles ou si leur développement est en retard" (§369).

Et les solutions quelles sont-elles? Tout l'inverse de la dérégulation! Car selon la DSE, il est "on ne peut plus urgent de trouver des solutions institutionnelles capables de favoriser réellement la stabilité du système, sans en réduire les potentialités ni l'efficacité. Il est indispensable d'introduire un cadre normatif permettant de protéger cette stabilité dans la complexité de tous ses éléments, d'encourager la concurrence entre les intermédiaires et d'assurer la plus grande transparence au profit des investisseurs."

Mieux, il est du devoir de la communauté internationale de trouver ces solutions (§371).

Mais alors, qu'attend cette dernière pour acheter le compendium de la doctrine sociale de l'Eglise?

Par Le chafouin
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Lundi 8 septembre 2008
Je ne sais pas si la mondialisation est en soi une bonne chose, mais en matière de moeurs, cela donne tout et n'importe quoi. Tout fonctionne comme si, finalement, la libre circulation des personnes entraînait une permissivité sans nom et un relativisme moral absolu, chaque législation représentant en théorie la volonté générale de la majorité.

Tu veux quelque chose, ton pays te le refuse? Qu'à cela ne tienne, tu peux te précipiter chez le voisin, qui lui, l'autorise. Ainsi, il est possible d'aller se faire assister au suicide en Suisse. De se marier en Belgique, pour les personnes homosexuelles. Ou même d'y concevoir un enfant. On peut avorter jusqu'au huitième mois de grossesse en Espagne. Toutes ces choses étant légales dans ces pays, comment empêcher des étrangers d'en bénéficier?

On peut aussi, si on a 59 ans et qu'on veut à tout prix un bébé, aller au Vietnam pour y bénéficier d'un don d'ovocytes. En France, la loi de bioéthique de 2004 prévoit pourtant des conditions strictes : "La receveuse doit souffrir d'une infertilité pathologique, ou il doit exister un risque de transmission d'une maladie grave à l'enfant. Le couple doit être en âge de procréer, et la majorité des centres français autorisés fixent la limite d'âge de la receveuse à 42 ans, voire 40 ans, du fait du trop faible nombre de donneuses. La donneuse doit avoir déjà eu au moins un enfant et être âgée en principe de moins de 37 ans."

Pourquoi empêcher une femme d'avoir un enfant à 59 ans? Voire trois? Quand ces triplés auront 20 ans, elle en aura près de 80. Peut-être la nature, finalement, fait-elle bien les choses?

Malheureusement, on laisse les individus adopter ce type de comportement absolument contre-nature. On laisse passer leur volonté, et donc leur  éventuel égoïsme, avant l'intérêt de la société et de l'Homme, avec un grand h.

Tout cela, pourquoi? Parce que les normes morales n'existent pas, tout simplement. Le bien et le mal, de nos jours, sont des valeurs relatives, puisque les lois, au lieu de dépendre du bien commun, sont dictées par les intérêts particuliers. S'il on conjugue cela à l'échelle mondiale, on se retrouve tout naturellement avec des visions très différentes de ce qui doit être ou non permis.

Ce qui, intellectuellement, n'est pas du tout séduisant. Ni rassurant. Car cela nous rappelle que la norme n'est pas infaillible. Et cela relativise beaucoup la prétendue supériorité morale et civilisationnelle du modèle occidental démocrate.
Par Le chafouin
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Vendredi 22 août 2008
Petit à petit, on se rend compte que ceux qui criaient au loup, aux prémices du débat sur l'euthanasie et le suicide assisté, en alertant l'opinion sur le fait que des considérations autres que la compassion pouvaient entrer en ligne de compte (et notamment économiques), avaient bien raison de s'inquiéter. Les faits le démontrent fréquemment.

Exemple récent (après la maison de retraite néerlandaise) dans l'Etat américain de l'Oregon, où le suicide assisté est permis par la loi. Là-bas, la caisse d'assurance-maladie refuse le remboursement de la chimiothérapie aux patients atteints de cancer, dont les chances de survie pour les cinq prochaines années n'excèdent pas 5%. A la place, elle leur propose le recours au suicide assisté, et bonne âme, finance l'opération. Deux patients au moins ont reçu un courrier leur indiquant que la chimo ne serait plus remboursée, mais que le suicide, si. 

“I think it’s messed up,” 64-year-old Barbara Wagner told the Register-Guard newspaper. “To say to someone, we’ll pay for you to die, but not pay for you to live, it’s cruel.” And 53-year-old Randy Stroup received the same response when he was denied medication for his prostate cancer. "It dropped my chin to the floor," Mr Stroup said. "[How could they] not pay for medication that would help my life, and yet offer to pay to end my life?"

On aimerait savoir ce qu'auraient pensé les partisans français du suicide assisté si le gouvernement avait persisté dans sa volonté de ne pas rembourser les affections de longue durée, et avait proposé à la place la mort pure et simple pour les malheureux patients. Jean-Luc Romero et consorts, merci d'y réfléchir.

Comme dit Le Conservateur, "les conséquences de la création d'un droit de se faire tuer par autrui, sous le prétexte d'une expertise médicale, d'une décision de justice, d'une décision gouvernementale, ou d'une "preuve de consentement" sont trop nombreuses, imprévisibles et dangereuses pour réduire ce débat difficile à un déballage d'émotions consécutives à la découverte d'un cas personnel forcément touchant pour qui est un peu humain."

Derrière la compassion et le désir de respecter la volonté des malades, le débat sur le suicide assisté cache aussi une pression qui va aller en s'acroissant sur les malades et les personnes âgées, face à l'augmentation de l'espérance de vie, de la qualité des soins et de la pression démographique. Que répond la caisse à Barbara Wagner? "We do need to point out the options available to her under the Oregon Health Plan" (nous devons lui fournir les difftentes options possibles conformément au plan santé de l'Oregon).

Le plan santé de l'Oregon, plus important que la vie d'une personne. Il y a un certain collectivisme derrière le libéralisme, en fait. Le Serment d'Hippocrate est pourtant clair, malgré ses variantes : "Je ferai tout pour soulager les souffrances. Je ne prolongerai pas abusivement les agonies. Je ne provoquerai jamais la mort délibérément."

Le problème, c'est que derrière les médecins, il y a des bureaucrates.
Par Le chafouin
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Vendredi 15 août 2008

Il est des affaires qui reviennent à intervalles de temps régulier, comme pour entretenir un débat jusqu'à temps qu'il mène à la conclusion souhaitée. C'est le cas de celle du suicide de Rémy Salvat, ce jeune homme de 24 ans, atteint d'une maladie orpheline dégénérative, qui a vainement demandé au président de la République le droit de mourir assisté.

Pendant que certains, toujours les mêmes, manient l'émotion et revendiquent des droits, Koz met le doigt sur un élément qui paraît essentiel : le fait qu'une fois encore, on réclame à corps et à cri un "débat public". Comme si on l'empêchait de se tenir.

"Nous avons tous entendu sa mère réclamer un débat public, pour qu’”enfin un débat se tienne en France“. Il ne me semblait pas, à en juger par mon propre blog, que le débat soit occulté. Mais, à chaque occasion, on réclame un nouveau débat, façon de considérer que la réponse apportée aujourd’hui n’est toujours pas légitime. A ce débat, l’euthanasie est ainsi vue comme la seule réponse légitime. Toute autre réponse est rejetée."

Qu'écrit Rémy Salvat dans sa lettre au président? "Moi, Rémy Salvat, je vous demande de laisser de côté votre avis personnel et d'arrêter d'être sourd." Etre contre le fait de commettre un acte positif conduisant à la mort d'une personne, c'est être sourd. C'est n'avoir rien compris au film. C'est être du mauvais côté de l'humanité.

Ce n'est pas un hasard si les médias s'emparent de l'affaire. Une avocate a été désignée, et a reçu pour mission d'alerter la presse, la télé, les radios. Et en cette période de vache maigre estivale, celles-ci se jettent dessus sans nuance. Avec comme d'habitude, ces mêmes journalistes en empathie totale avec leur sujet. Ces mêmes journalistes unanimes pour prendre parti, pour se ranger résolument dans le camp du soi-disant "progrès". Une belle bande de moutons de Panurge, en vérité!

Que titre le Figaro, par exemple? "Un nouveau drame relance le débat sur l'euthanasie". Mais en quoi, on se le demande, le débat est-il relancé? En quoi a-t-on apporté des éléments nouveaux nous permettant de nous déterminer, dans un sens ou dans un autre? Je vois plutôt une manière d'enfoncer le clou de l'émotion. Allez, un nouvel exemple, vous voyez bien, ma petite dame, que ce pays est réactionnaire et maltraite ses malades. L'accroche de cet article est déjà élogieuse : "Son suicide a été mûrement réfléchi". Le journaliste en est-il sûr, a-t-il constaté les faits, les a-t-il recoupés, a-t-il assisté à cette réflexion mûre et de longue date?

Et on parle de débat? La légitime émotion causée par ce genre de situation inextricable rend inaudible toute tentative d'essayer de prendre de la distance et de réfléchir sereinement. La ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, peut bien dire que la loi sur la fin de vie est équilibrée mais trop méconnue, que l'Etat va investir 230 millions d'euros supplémentaires pour doubler le nombre d'unités de soins palliatifs d'ici à 2012, cette information n'est pas celle choisie pour l'accroche des papiers.

Une opinion publique, ça se construit pas à pas, ça se travaille au corps, ça se relance, ça se bichonne, ça se bouscule. Et en la matière, les partisans du suicide assisté, qui se cachent derrière le droit à l'euthanasie, marquent des points à tous les coups. A nous de ne pas tomber dans le panneau!

Par Le chafouin
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Lundi 16 juin 2008
Lue sur le monde.fr, cette brève qui m'a fait bondir de ma chaise : le Conseil de l'Europe veut en finir avec la fessée. Et l'organisation lance donc une grande campagne pour sensibiliser les parents sur cette question.

Incroyable!  Le Conseil de l'Europe, cette organisation non gouvernementale qu'il ne faut pas confondre avec l'Union européenne, n'a donc rien de mieux à faire, le dimanche après-midi, que de réunir une conférence internationale avant de s'entendre sur cette déclaration : "Aucune religion, situation économique ou méthode d'éducation ne saurait justifier de frapper un enfant, de le gifler, de lui donner la fessée, de le maltraiter, de l'humilier ou de recourir à toute pratique qui porte atteinte à sa dignité".

Il ne s'agit pas pour moi, ici, de défendre la fessée. On pourrait en parler pendant des heures. Philosophiquement, abstraitement, il semble évident que la violence est toujours un aveu d'échec, et que la bonne éducation est celle qui n'a pas besoin d'élever la voix pour se faire comprendre. Comme le bon chef est celui qui se fait d'emblée obéir et respecter.

Non, ce qui suscite mon courroux, c'est le caractère non seulement donneur de leçons, mais surtout le côté absolu de la déclaration. Rien ne justifie la fessée! Absolument rien! Ni une religion, ni une situation économique, encore moins une méthode éducative! On parle, carrément, "d'atteinte à la dignité des enfants". Messieurs-dames, nous avons là une quasi-religion, qui distribue les bons et mauvais points, qui décide de ce qui est bon, ou non, pour l'homme. Et en quel honneur?

Mais on nous rassure dans Libé : l'initiative du Conseil est exclusivement préventive, il n'y aura pas de poursuites. Encore heureux! et pourquoi pas une excommunication?

Bien sûr, le journal de Laurent Joffrin ressort l'éternel expert selon lequel les fessées que subissent les enfants sont la cause des violences que l'on observe entre adultes. Sans blague? Ne serait-ce pas plutôt l'inverse? L'absence d'éducation digne de ce nom qui provoque un bazar sans nom? Personnellement, je commence à en avoir un tout petit peu assez des psychologues, des psychiâtres, des leçons perpétuelles qu'ils donnent au monde, de leurs préconisations abstraites, de leur avis qui diffère selon l'école à laquelle ils appartiennent.

Car dans les faits, dans la vraie vie, que voit-on? Des enfants brimés, battus, traumatisés? Des atteintes à la dignité? Oui, cela existe, même en France. Mais quand on n'a pas d'enfant, il suffit de se balader dans un supermarché ou dans n'importe quel lieu public (je ne parlerai même pas de super nanny)  pour constater le désastre éducatif actuel, le caractère pathétique des adultes que les marmots mènent par le bout du nez. Depuis qu'on les vouvoie, qu'on leur demande leur avis (y compris pour des questions qui leur échappent totalement), qu'on en fait l'égal des grands, les enfants déraillent, car ils sont perdus.

N'est-ce pas cela, qui est une atteinte à leur dignité? Qui est la vraie atteinte à leur dignité? N'est-ce pas là qu'il faut agir, au lieu de continuer à culpabiliser des parents souvent bien impuissants à trouver des solutions?

Et puis, si l'on veut un peu élargir le sujet, il est assez amusant de voir que les Etats et les organisations internationales, lorsqu'ils sont impuissants à règler la mission pour laquelle il ont été choisis (la gestion de la cité), s'emparent très vite de la question du bien et du mal pour se mettre à édicter des lois morales. Mais depuis quand, en définitive, le Conseil de l'Europe est-il mandaté pour dire aux parents comment ils doivent éduquer leurs enfants?
Par Le chafouin
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Mercredi 4 juin 2008

J'ai beau être ouvert d'esprit et avoir un tout petit peu le sens de l'humour, je ne comprends pas comment des collectivités publiques peuvent subventionner des festivals comme celui-ci, dont le titre est sans équivoque possible : Hellfest.

En l'occurrence, cette série de concerts de hard-métal a lieu du 20 au 22 juin à Clisson, au sud de Nantes, et reçoit des subsides du Conseil général de Loire-Atlantique et du Conseil régional des Pays-de-Loire.

J'ai lu des articles récents montrant que certains habitants de Clisson s'émeuvent de la présence de ce festival dans leur commune et les réponses des dirigeants, qui feignent l'étonnement. Il n'en reste pas moins qu'il suffit de jeter un oeil sur le site internet de Hellfest pour voir que les références à Satan sont légion. Soit il y a des liens avec des groupes satanistes, et c'est un scandale, soit c'est juste pour la provocation et pour la pub, et c'est encore pire car des esprits faibles vont en être victimes. Il faudrait au moins conditionner les subventions au retrait de toute référence à l'Enfer ou à Satan.

Au fond, à l'heure où la montée du satanisme (et des profanations...) est un phénomène qui inquiète de plus en plus, il y a de quoi s'interroger sur l'irresponsabilité de certains élus. La tolérance, souvent, a bon dos...

En France, non seulement on tolère, mais on plus, on donne des sous!

Par Le chafouin
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