Musique

Mercredi 17 septembre 2008
Un de plus. Il faudra s'y habituer. Lundi, Richard Wright, le claviériste des Pink Floyd, est mort à l'âge de 65 ans. Un décès qui met un terme aux rumeurs de reformation du groupe, de nouveau monté sur scène en 2005 pour le Live 8, puis en 2007 à l'occasion de la mort de Syd Barret, le leader originel devenu fou.

Viré par Roger Waters après l'album The Wall, réintégré par David Gilmour en 1985, Rick Wright est le symbole du musicien effacé et modeste, quoique génial, à la manière d'un George Harrison, lui aussi disparu pour notre plus grand regret en 2001.

Depuis, les médias en disent beaucoup de choses, mais ils oublient ceci : Rick Wright est le compositeur de Sysyphus, hymne inoubliable de l'album Ummagumma.

Ils oublient autre chose : Rick Wright est la seconde voix du tubissime Echoes. Et cette seconde voix est tout bonnement magnifique. Un instrument à part entière. On peut en avoir un aperçu dans le mythique Live at Pompéi, enregistré en 1972, et dont You Tube nous donne ici un bel extrait.

C'est étrange, quand les héros - déjà has been à l'époque - de votre adolescence meurent les uns après les autres. C'est une partie de soi qui disparaît, une partie de ses souvenirs, une partie de cet attachement déraisonnable qu'on ressent, quand on a 15 ans, pour un musicien qu'on adore. C'est une forme d'identité : ma bande, c'était celle des Pink Floyd et des Beatles, et puis c'est tout. C'est autre chose que la tecktonik, hein.

Allez. Au moins, je sais ce que j'écouterai aujourd'hui dans ma petite voiture :


Découvrez Pink Floyd!
Par Le chafouin
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires - Recommander
Lundi 7 juillet 2008



Dans six jours, les vacances. Onze jours à New York, et l'incontournable pause blog de l'année, qui va faire du bien tellement le débat politique est ardu avec la gauche, ces derniers temps. J'avoue avoir plus de plaisir à dialoguer avec des contradicteurs de droite, ces temps-ci.  Un peu de recul fera du bien.

Alors cette semaine, ça va être un peu plus détendu. Comme lorsqu'on est en classe de seconde, et que l'année se termine sans examen. Que les cours ne sont plus vraiment des cours. Que ça commence à sentir le barbecue...

Dimanche soir, en amuse-gueule de l'été, Radiohead s'est offert à 27 000 spectateurs sur la Grand-Place d'Arras (Main Square Festival), un cadre magnifique pour ce genre d'événements. Je faisais partie des heureux élus. Radiohead, c'est un groupe à part, au-dessus du lot, hors de portée de critiques. C'est aussi une de mes préférences. Surtout en concert. Il y a cette folle énergie, ce plaisir de retrouver ces cinq Anglais déjà croisés à de nombreuses reprises, à Bercy, San Sebastian, Nîmes... Peu de groupes arrivent à leurs chevilles.

En festival tout est un peu différent. On se pousse, la place est rare, et on suit le concert sur écran géant. On ne voit qu'à peine même à une vingtaine de mètres. On va chercher de temps à autre une pinte de Heineken. On fait la queue pendant trois heures quinze pour aller aux toilettes. Mais avec Radiohead on irait n'importe où. Weird Fishes, Nude, Jigsaw Falling Into Place, mes petites préférés du dernier opus du groupe d'Oxford. Des petits clins d'oeil au passé ancien, Street Spirit, Paranoïd Androïd, No Surprises, l'incontournable Climbing Up The Wall, qu'on ne se lasse pas d'entendre. Des pépites renouvelées, Idiothèque, Dollars and Cents. Pas de Just, malheureusement. Mais There There, A Wolf at the Door. Et National Anthem, bien sûr!

Les autres groupes qui se produisaient dimanche étaient de bonne facture, bien sûr... Je suis arrivé trop tard pour déguster Vampire Weekend, une perle New-Yorkaise, mais assez pour déguster les dernières hymnes des Wombats, qui semblent avoir de bonnes perspectives devant eux. Sigur Ros, en revanche, m'a déçu : j'avais entendu beaucoup de bien de ce groupe islandais tenté par la surenchère dans les orchestrations. Ils m'ont paru bien peu originaux. Les titres se suivent et diffèrent peu. La voix du leader est agaçante, lassante.

Tout le contraire de mon petit coup de coeur de l'année, The Do. Le duo franco-finlandais s'est tiré avec beaucoup de talent de l'épreuve, en proposant des versions retravaillées de ses succès. On My Shoulders, bien sûr, mais également The Bridge is Broken, At Last, et une nouvelle composition Bohemian Dancing... Un seul regret : l'absence de la set list de Queen Dot Kong... Allez, une preuve en vidéo!


© Photo Ludovic Maillard



Par Le chafouin
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Samedi 20 octobre 2007
lastfmradiohead.gif

En trois jours, 1,3 millions d'exemplaires de l'album In Rainbows ont été téléchargés sur le site internet de téléchargement légal. Le dernier opus de Radiohead y avait été mis à disposition le 10 octobre. L'album est très bon quoiqu'un peu mou du genou. Un petit air de déjà entendu. Mais la fanitude ne se décrète pas : elle s'assume. Petit faible pour Jigsaw falling into place, Reckoner et Nude.

Contrairement à ce qu'on aurait pu penser, le public a joué le jeu : alors que le prix était laissé à l'appréciation de l'internaute, la moyenne de paiement serait de 6€ pour les premiers jours, puis de 3,75€ depuis. La majorité n'a rien donné. J'en suis : je l'achèterai plus tard, avec un vrai CD, une pochette, les paroles pour chanter dans son fauteuil. On ne va pas payer deux fois. La fanitude a des limites.

Bon indicateur du succès de In Rainbows : Sur last fm, ce merveilleux endroit dédié aux accros de musique, les dix titres de l'album sont en tête des charts de la semaine du 7 au 14 octobre! 67 000 auditeurs ont passé 15 step 263169 fois... Et Radiohead est également en tête des artistes les plus écoutés :  plus de 3,3 millions de titres de la bande d'Oxford ont été enregistrés durant ces sept jours... Derrière, les Beatles (2e) sont à 844600!

Le pari de Radiohead est donc réussi. Mais l'expérience montre aussi que la gratuité ne semble pas pouvoir vaincre le téléchargement illégal : le jour de la sortie de l'album, celui-ci a été téléchargé parallèlement 240 000 fois, avec ensuite 100 000 téléchargements supplémentaires par jour, selon l'institut Big Champagne (lien récupéré via Versac). Toujours selon Big Champagne, les téléchargements illégaux devraient dépasser dans les prochaines semaines les acquisitions légales de In Rainbows... Normal, beaucoup trouvent plus simple d'obtenir l'album sur un site qu'ils connaissent plutôt qu'en cherchant vainement le lien menant vers le précieux sésame.

C'est égal, En agissant ainsi, Radiohead va gagner autant qu'en passant par EMI. Le seul hic, c'est que si tous les groupes confirmés agissent ainsi, les "petits" ne seront plus managés, faute de sous pour investir et prendre des risques. A terme, ce sera donc la jungle. Mais je crois que notre monde commence à avoir l'habitude.

P.S : le lien vers In Rainbows, le voici.

P.P.S : je suis pas mal en imprésario de Thom Yorke, non?

Par Le chafouin
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Recommander
Mardi 9 octobre 2007
radiohead.jpg

Oyez, oyez, le nouvel album de Radiohead, In Rainbowssort demain. Bonne nouvelle pour tous les aficionados du leader du rock indépendant. Mais fait de société en soi également, puisque le produit sera disponible sur internet uniquement, s'il vous plaît! Pour le prix qu'il vous plaira (c'est-à-dire supérieur ou égal à zéro : "it's up to you", répond le site lorsqu'il s'agit de payer...), et moyennant de longues minutes d'attente, vous pourrez télécharger l'intégralité des titres du premier CD de In Rainbows.

En rupture avec la maison de disques EMI (ou plutôt avec sa filiale Parlophone), Thom Yorke et ses petits copains ont donc décidé d'autoproduire cet opus (merci à l'éternel Nigel Godrich), chamboulant encore un peu plus un secteur économique déjà sous pression depuis plusieurs années et la chute des ventes de disques. Et squouizant ainsi les fameuses majors, qui n'ont pas volé ce beau pied de nez.

Pas vraiment étonnant : la bande d'Oxford s'est toujours distinguée par ses positions iconoclastes, à rebours des artistes de son niveau et de son temps. Le groupe n'est jamais tombé dans le tout marketing, refusant les tournées gigantesques à la U2, se moquant du téléchargement illégal, et ne faisant guère parler de lui autrement que pour sa musique. On n'a d'ailleurs pas trop à se plaindre de ce côté là, tant Radiohead a brillé, depuis Pablo Honey en 1993, par le renouvellement de son style, ses prises de risques et ses prestations live toujours autant explosives. Ah, ce concert aux Arènes de Nîmes, le 14 juillet 2003...

Se pose pourtant la question de la portée de ce nouveau coup d'éclat. Certes, chacun pourra payer ce qu'il veut pour In Rainbows. Peanuts y compris. Certes, on pourra enfin passer outre les prix hallucinants pratiqués par EMI et compagnie (merci les Beatles à 25€), et décider d'un "juste prix".

Mais on peut aussi considérer que Radiohead, de par sa notoriété et son succès, ne prend pas grand risque à agir ainsi. De plus, vous pouvez réserver dès à présent un joli coffret (avec un CD supplémentaire, des photos, laversion vinyle de l'album...) sur le site officiel, pour la modique somme de 40€. Il sera disponibleà partir du 3 décembre. Et un porte-parole du groupe a confirmé récemment que le disque sortira bien de façon traditionnelle début 2008...

Radiohead serait d'ailleurs en pourparlers à ce sujet avec plusieurs maisons de disques : on ne publie pas un album à plusieurs millions d'exemplaires en se rendant dans la petite boîte de prod' du quartier. Alors, qui pour cette poule aux oeufs d'or? De nouveau EMI, Warner, ATO Records? «Les membres du groupe sont extrêmement fiers de cet album et croient qu’il mérite une grande diffusion, soutient un impresario du groupe. Voilà pourquoi nous avons besoin d’une maison de disques qui possède l’infrastructure nécessaire à la distribution du CD.»

Quoi qu'il arrive, Radiohead pourra de toute façon se permettre de rester indépendant et de disposer de son propre label. Mais il est également assuré que son pied de nez à EMI est aussi un beau coup commercial. Qu'à cela ne tienne, tout bon chafouin est fan de Radiohead et se réjouit envers et contre tout de la beauté du geste. Et de ce coup de semonce adressé aux majors, qui décidément, auront tout fait pour contribuer à la mort du disque.

Allez, pour vous allécher d'ici demain... Cet extrait live de 15 Step.
Par Le chafouin
Ecrire un commentaire - Voir les 15 commentaires - Recommander

Espace de liberté


Membre de...

Catégories

Rechercher

Recommandez-moi

Syndication

  • Flux RSS des articles
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus