On croit rêver : le CRIF, vous avez bien entendu, le CRIF, c'est-à-dire le conseil représentatif des institutions juives de France, ose menacer le Vatican d'un refroidissement des relations entre le monde juif et
l'Eglise catholique, pour le cas où il viendrait à canoniser le pape Pie XII.
Le pape avait en effet annoncé il y a quelques jours qu'il était favorable à la béatification de son précédesseur, mort il y
a tout juste 50 ans. La procédure en est toujours à ses prémices, dans l'attente de la signature par le pape d'un décret établi en mai dernier et reconnaissant les "vertus héroïques" de
Pie XII.
"Alors que le Vatican refuse d'ouvrir aux historiens ses archives sur la période de la Seconde guerre mondiale, et que la majorité des historiens indépendants n'appuie pas la thèse d'une
activité inlassable du pape (Pie XII) en faveur des Juifs, une telle béatification serait ressentie négativement par l'ensemble des institutions juives de par le monde", note le Crif dans un
communiqué. "Le pape Pie XII, soucieux de ne pas rompre les ponts avec l'Allemagne, n'a jamais prononcé un discours clair dénonçant la monstruosité particulière de l'extermination de millions
de Juifs", souligne encore le Crif.
On croit rêver, parce que ces dernières années, on a surtout vu l'Eglise catholique faire des pas en direction des juifs. Jean-Paul II comme Benoît XVI ont accompli des gestes très forts en
direction de cette religion, qu'aucun autre pape avant eux n'avaient osé.
On croit rêver, parce que cette vision d'un Pie XII silencieux face à la Shoah, voire complice objectif des Nazis en raison d'une prudence excessive, est datée
et quasiment périmée. D'ailleurs, comme l'a rappelé Benoît XVI, "souvent c'est dans le secret et le silence qu'il a agi parce que justement, à la lumière des situations concrètes de
la complexité de ce moment historique, il avait eu l'intuition que c'est seulement de cette manière que l'on pouvait éviter le pire et sauver le plus grand nombre possible de juifs".
Pardi!
Je ne vais pas reprendre la magnifique démonstration qu'avait entreprise Koz il y a quelques jours. Allez lire son article, pour ceux qui doutent : s'il ne vous convainc pas, il vous éclairera. On y voit des preuves objectives d'une activité inlassable du pape, pendant la guerre, pour sauver le maximum de juifs qu'il pouvait. Croit-on qu'un pape
dénonçant publiquement et de façon véhémente la shoah aurait eu un poids quelconque sur les Nazis, qui campaient aux portes du Vatican?
De plus, comme le rappelle Toreador, qui sait que le Grand Rabbin de Rome s'est converti au
catholicisme -impressionné par l'action du pape en faveur des Juifs - à la sortie de la guerre, en prenant comme prénom de baptème Eugenio, qui est également celui de Pie XII?
Et au fait, quel autre grand chef d'Etat ou de religion peuvent se targuer d'avoir fait autant pour les Juifs?
Comment un catholique, qui se revendique comme tel, qui agrée aux valeurs évangéliques, peut-il en arriver là? Les faits et le contexte mériteraient d'être précisés bien
d'avantage. Selon Libération, rejoints par les autres médias, quatre Versaillais âgés de 20 à 24 ans
auraient été surpris par la police, mercredi soir à Pau où ils étaient en vacances, alors qu'ils fracturaient leur quatrième distributeur de préservatifs de la soirée.
" La technique était bien rodée. Ils arrachaient le boîtier avec un pied-de-biche, volaient l’argent et jetaient ensuite les préservatifs dans les poubelles de la voie
publique. Et, apparemment, ce n’était pas la première fois. Ils ont avoué avoir mené une action similaire le 17 juillet dernier.
Pour leur défense, les quatre jeunes assurent qu’ils remettaient systématiquement à leur paroisse les pièces de monnaies récupérées dans les distributeurs. Agés de 20 à 24 ans, les quatre jeunes,
en vacances à Jurançon, se sont présentés comme de «fervents catholiques», fermement opposés «à l’avortement et la contraception». "
Sud-Ouest précise de son côté que les jeunes gens ont expliqué aux policiers que ce sont bien
leurs "convictions religieuses" qui les poussent à "lutter contre la contraception", et que 6 distributeurs au total ont été dégradés et pillés.
Des questions complémentaires mériteraient d'être posées : qu'entendent ces jeunes gens exactement par "fervents catholiques"? De quel "type" de catholicisme s'agit-il? Quel est
le rôle exact joué par la paroisse évoquée dans l'article de Libération? S'agit-il d'un acte isolé?
Mais avec les éléments dont on dispose, on peut d'ores-et-déjà pencher entre la bêtise pure et simple et le jusqu'au-boutisme intégriste pour expliquer ce geste absurde. Que
n'aurait-on dit, en effet, si l'on avait été en présence de quatre jeunes musulmans? Je n'ose imaginer le concert d'indignations. Ici aussi, l'information fera probablement
rapidement le tour des rédactions.
On peut être opposé à la contraception, heureusement, car il s'agit d'une conviction intime tout
à fait respectable. Mais ce que ces braves Versaillais oublient, c'est que si l'Eglise, effectivement, est opposée au principe de la contraception (qui supporte des exceptions), elle est
tout autant attachée au respect d'un autre principe : celui de la non-violence. Qui supporte également des exceptions, comme la guerre juste, l'assassinat d'un tyran, etc.
La démolition de distributeurs de préservatifs ne fait pas partie de ces exceptions. Quel est l'intérêt de ce type d'action? Sur le fond, personne ne va ouvrir un débat avec ces jeunes gens sur
le port du préservatif. Même auprès des policiers et de la justice, il y a peu de chances que leurs convictions cheminent dans les esprits. Et sur la forme, leur message (y en a-t-il
vraiment un, d'ailleurs?) est décridibilisé : cette arrestation va permettre à coup sûr à Golias, et à tout ce que la terre compte d'anticléricaux et d'anticatholiques, de
hurler au conservatisme incroyable du Vatican. Et quand le bénéfice d'une action est négatif, que fait-on? On s'abstient.
C'est bien là le drame des fondamentalistes : en collant trop au texte, ils en oublient l'esprit, ainsi que les nuances.
Depuis quelques semaines,
je m'interroge sur Nadine Morano, secrétaire d'Etat à la famille. Vues les positions qu'elle affiche
dans la presse, y compris tout récemment sur l'homoparentalité et encore plus récemment
sur les mères porteuses, je me demande pourquoi on n'arrête
pas, à tout bout de champ, de la dépeindre comme une femme "catholique", et même "catholique convaincue".
Question intéressante que
celle de la pertinence de l'évolution des institutions, des normes, en fonction de celle des moeurs, des habitudes, des pratiques collectives. En somme, doit-il y avoir une dictature
du présent? En ce qui concerne l'Eglise, la revendication n'est pas nouvelle mais s'accélère dans un monde où elle n'est plus majoritaire. Elle est pourtant en contradiction totale avec
l'esprit du christianisme.
Doit-on changer pour changer? La semaine dernière, Authueil évoquait un ouvrage récemment paru du cardinal
italien Carlo-Maria Martini, qui "remet en cause" selon lui "les positions de l'église catholique sur la sexualité, la contraception, le mariage des prêtres, la collusion de l'église
officielle avec les puissants", et qu'il interprète comme "le craquement d'une vieille maison, inquiétant pour ses occupants, car signe de délabrement et donc de risque
d'écroulement." Cet avis n'est pas très étonnant venant d'Authueil, protestant bon teint, qui ne manque jamais une occasion de taper sur l'Eglise, le pape et les dogmes. Celle-ci était trop
belle!
Il n'empêche que cette position est caractéristique d'une opinion assez communément répandue, a fortiori chez ceux qui ne sont pas catholiques, et qui voudrait que l'Eglise s'adapte à la
société, à ses rites, aux pratiques des fidèles et du monde. Ce qui donne ceci sous la plume d'Authueil : "Ce genre de charge est sans doute de nature à faire évoluer le
catholicisme, et ce n'est pas un mal, car sur les points que dénonce Martini, il y a un décalage criant entre la hiérarchie et les fidèles, au point d'atteindre, chez nombre de fidèles, le point
de rupture. Cela suffira-t-il, j'ai bien peur que non, la psycho rigidité du Vatican étant un de ses traits fondateurs."
Alors quoi? Depuis 2000 ans, inlassablement, l'Eglise transmet le message de Jésus-Christ, sans varier d'un iota sur le fond des choses. Ce message a un but : montrer, proposer un chemin vers le
bonheur et la vie éternelle. En gros, c'est ça. Et ce message changerait au gré du temps, du vent, et des humeurs des sondages? Il faudrait, sous prétexte que ses positions sur
la sexualité, la contraception, le mariage des prêtres etc, ne sont plus à la mode, les abandonner?
L'Eglise a toujours dérangé. Jésus lui-même s'est fait liquider par des grands prêtres jaloux de son influence et de leur pouvoir, et qui goûtaient peu à son message
révolutionnaire. Tout au long de son histoire, malgré les schismes, les guéguerres intestines, et même avec des papes parfois très limites, Rome a
persévéré et tenu le cap. C'est elle qui a par exemple inventé la séparation entre les pouvoirs temporel et spirituel, en dépit de ce qui se faisait partout dans le monde au début de notre
ère.
Changer les pratiques, les rites, les façons de faire, pourquoi pas. Changer le regard qu'on porte sur la société, pourquoi pas. Mais changer la substance du message, à quoi bon? Pour
gagner des fidèles en plus, pour atténuer ce "décalage criant" qu'évoque Authueil? L'Eglise a une vocation évidente à l'évangélisation, c'est son rôle et sa mission. Mais doit-elle
brader son message et le rendre plus neutre pour pouvoir être mieux accepté et remplir ses édifices? Mgr Martini propose de réserver le célibat aux prêtres qui ont une "vraie vocation".
Cela signifie donc que pour contrer la diminution dramatique du nombre de curés, il faut ouvrir les portes à des "fausses vocations"?
L'argument est très gênant car il signifie qu'on se préoccupe non pas de savoir si oui ou non le message est bon, mais uniquement du point de savoir s'il est payant en termes comptables.
Mais que diable, l'Eglise n'est pas une enteprise soumise aux diktats du marketing et de la loi de l'offre et de la demande! Si demain, tout le monde se mettait à mentir, on ne
rayerait pas le mensonge des dix commandements, quand même...
Sans vouloir nullement contrarier Mgr Martini ou ce cher Authueil, j'ai plutôt l'impression que ce sont les évolutions post-conciliaires qui ont fait fuir les gens. La perte du
sens du sacré, sous prétexte d'humilité. Le manque d'affirmation, sous prétexte de tolérance : on a parfois le sentiment que les catholiques ont honte de l'être, se cachent pour prier, sont les
seuls à devoir se justifier en permanence de ce en quoi ils croient. Et puis il faut l'avouer, la facilité : être catholique, ce n'est pas facile tous les jours.
Thomas a eu la possibilité d’étudier en Europe grâce à son diocèse, mais le gouvernement ne sait pas que c'est pour faire des études de théologie. Il a préféré donner son nom de baptême plutôt que son nom chinois, afin de garder un certain anonymat.
Le frère Benoît est quant à lui un moine cistercien trappiste, qui fait aussi ses études en Europe, d’abord en France et maintenant en Belgique.
La communauté du frère Benoît n’est pas reconnue par l’Etat. Tous les moines doivent être recensés et avoir une carte d’identité, mais pas en tant que moine, car c'est interdit. Ils peuvent cependant aller librement dans une église officielle. Le supérieur de cette communauté trappiste a été interné pendant douze ans dans un camp de travail, à cause de sa foi. Il a pu étudier l’anglais, le français, le latin, avec des étrangers, ce qui lui a permis de former des jeunes moines et de reformer sa communauté dispersée. Désormais, les prêtres ont une certaine liberté, car l’Etat est plus conciliant avec les religions. La communauté a donc pu être reformée, même si elle n’a pas pu retrouver son ancien monastère. Les persécutions, aujourd’hui, sont assez minimes, et concernent surtout l'Eglise clandestine, non reconnue par l’Etat. Les prêtres de cette église sont parfois mis en prison, sont gênés dans leur ministère, mais les grandes persécutions des années 70 à 90 sont presque arrêtées. La dernière lettre du pape aux catholiques de Chine appelle au dialogue entre l'Eglise et l’état, et entre l'Eglise officielle et l'Eglise clandestine.
Témoignage personnel, datant de 2004 : Mgr Rey, actuel évêque de Toulon, a été appelé par des catholiques chinois pour leur prêcher une retraite. Pour ce faire, l’évêque a du se faire passer pour un psychologue, ne pouvant évidemment pas pénétrer sur le territoire chinois comme évêque catholique. Arrivé là-bas, il a passé une journée à faire du tourisme. Pour rentrer ensuite en contact avec ses correspondants, il a du se rendre dans une rue précise en arborant tel journal. Monté dans une voiture, puis dans une autre, puis dans une troisième, il s’est retrouvé en pleine campagne, dans un endroit très reculé. Il a alors pu donner la retraite demandée. Les séminaristes de ce diocèse doivent changer de téléphone tous les mois, et déménager également tous les mois pour ne pas être découverts. L’évêque du lieu, ainsi que son vicaire général, est en prison. L’administrateur nommé pour les remplacer est lui aussi en prison…
Ce témoignage, entendu de mes propres oreilles, est beaucoup plus inquiétant que les deux autres, et pas tout à fait concordant. Cela s’explique sans doute par les divergences entre les diverses provinces.
Cette information relativise beaucoup les prétentions de l'Algérie et de son président Abdelaziz Bouteflika à nous faire sans cesse la leçon. Un prêtre lillois a en effet été condamné le 30 janvier à un an de prison avec sursis et
200 000 dinars d'amende pour avoir commis le crime odieux de prier en dehors d'un édifice religieux.
"Âgé de 65 ans, l’homme vit en Algérie depuis 1971 et le 26 décembre, dans un bidonville à la frontière avec le Maroc où tentent de survivre des migrants candidats au passage en Europe,
il a prié avec des Camerounais de rite catholique. En plein air. Quelques jours plus tard, il était interpellé par la police et, fin janvier, la condamnation est tombée : un an de prison
avec sursis", écrit ce matin la Voix du Nord. Le clergé local s'est mobilisé, et l'archevêque d'Alger, Mgr Teissier, a publiquement jugé "exagérée" cette sanction tout en cherchant à apaiser les esprits. Il y a quelques jours, la peine a été ramenée en appel à deux mois de prison
avec sursis. Cela reste un scandale.
Reste qu'au-delà de ce cas particulier, c'est la loi du 20 mars 2006 visant à lutter contre le prosélytisme religieux qui se trouve
remise en lumière. Rien que ce mot de "prosélytisme" fait blémir. Comment peut-on empêcher les fidèles d'une religion de vouloir convaincre autrui que son message est positif ou
intéressant? En l'occurrence, cette loi interdit aux cultes non-musulmans d'être célébrés en-dehors des édifices prévus à cet effet. Ce qui sous-entend la prohibition des processions ou
des messes en plein air. Mais à la limite, ce texte pourrait très bien être interprété de manière extensive, et prohiber le port de la croix en public, par exemple... En l'espèce, ce prêtre a
simplement prié en plein air avec des migrants dans un bidonville...
D'après l'agence Zénit, le texte va même beaucoup plus loin : "toute rencontre organisée en dehors des structures
religieuses ne peut avoir lieu sans autorisation préalable écrite du gouvernement civil (...) L’utilisation d’un édifice comme lieu de culte doit également faire l’objet d’une demande explicite
(...) Les autorités s’estiment en droit de refuser une autorisation si elles considèrent qu’il y a « danger pour la sauvegarde de l’opinion publique ». (...) Les rencontres religieuses spontanées
en dehors des lieux de culte sont interdites."
Sans compter que tous ceux qui chercheraient à convertir un musulman à une autre religion risquent jusqu'à cinq ans de prison ferme et 10 000 € d'amende. De même que ceux
qui "fabriqueraient, entreposeraient ou distribueraient du matériel imprimé, des publications audiovisuelles ou tout autre support ou moyen visant à affaiblir la foi musulmane".
Au départ, ce texte était prévu pour contrecarrer l'implantation en masse d'évangélistes en Algérie. "Le prosélytisme "chrétien" en Algérie n'a rien à voir avec le droit de choisir ou de
pratiquer une religion, lit on sur ce blog. Il fait partie du programme de
stabilisation des pays arabes conçu par les néo-conservateurs et "chrétiens-sionistes" américains."
L'archevêque d'Alger, qui se veut optimiste, considère lui-même que la liberté d'expression n'est "pas remise en cause", mais que les méthodes "agressives" utilisées
par les évangélistes "ne sont pas toujours irrépréhensibles du point de vue pastoral". La preuve est pourtant aujourd'hui établie que les catholiques ne seront pas exempts de cette
législation répressive. Et en soi, il n'est pas plus légitime d'interdire aux Evangélistes de convertir ceux qui le souhaitent.
On comprend la modération de Mgr Teissier. Reste qu'il est navrant de constater que ce sont nous, les Occidentaux, qui sommes sans cesse accusés d'intolérance vis-à-vis de l'Islam.
Alors que chez nous la pratique de cette religion - et c'est bien naturel - est libre, que les mosquées se construisent partout et qu'on réfléchit même à faire participer l'Etat à leur
financement. Sans compter les créneaux parfois réservés - là, cela pose question - aux femmes dans les piscines. Que dirait-on si en France, on interdisait aux musulmans tout
prosélytisme? On hurlerait au scandale, des drapeaux bleu-blanc-rouge seraient brûlés à travers le monde et des fatwas haineuses seraient lancées.
Après, comment s'étonner que l'on ait une mauvaise image de l'islam, quand c'est toujours celle-ci qui nous saute aux yeux?
Après maints avertissements, et au terme d'une histoire à rebondissements, histoire de faire monter la sauce, le député néerlandais Geert Wilders
a fini par diffuser son film "Fitna", que vous pouvez dès à présent visionner ici en
anglais.
Pour ceux qui ont raté un épisode à ce sujet petit rappel : le bouillant chef du parti néerlandais de la Liberté (PPV), âgé de 44 ans,
menaçait depuis des mois de diffuser un court-métrage de 17 minutes ayant pour mission d'ouvrir les yeux de ses contemporains sur le danger représenté par l'Islam et le Coran, livre saint que le
député qualifie de "fasciste" et qu'il compare à Mein Kampf. Et dont bien sûr, il demande l'interdiction. Ou comment utiliser la liberté d'expression pour lutter contre la liberté
d'expression!
Ce mini-film, qui a l'allure d'un clip, n'a pas pu être diffusé, comme prévu initialement, sur un site web hébergé par un FAI américain. Des extraits ont d'abord été lâchés sur You Tube, avant
que le film soit publié dans son intégralité hier soir sur le site du PPV. Puis en versions néerlandaise et anglaise sur le site d'échange liveleak.com.
A quoi ressemble ce film?
On voit d'emblée une des caricatures danoise de Mahomet, représentant le prophète avec une bombe dans le turban. On lit des extraits violents du
Coran. Musique mélodramatique. Les textes évoquent les athées, les autres religions, les juifs, les femmes adultères, la vocation universelle de l'islam... Le tout illustré par des prêches
d'imams radicaux à travers le monde et aux Pays-Bas. Par des images des attentats perpétrés au World Trade Center, à Madrid, à Londres. Des images de Théo Van Gogh et de son assassin, qui
dit "ne rien regretter". Des textes de fatwas, des slogans antisémites, des appels à conquérir le monde. Rien de bien nouveau, rien de révolutionnaire, juste une compilation visant à
alerter l'opinion publique néerlandaise, européenne et occidentale sur ce que craint l'auteur du film : une colonisation de l'Occident par les musulmans, manipulés par des fondamentalistes
fascistes.
Que faut-il en penser?
- en terme de politique intérieure néerlandaise : en 2002, ce fut l'assassinat de Pim
Fortuyn puis en 2004, celui du cinéaste Théo Van Gogh, qui avait sorti un film dénonçant l'oppression subies par les femmes
dans l'Islam. Depuis, les Pays-Bas marchent
sur des oeufs dès qu'il s'agit d'islam. Vu sous cet angle, Fitna souffle sur les braises des débats sur l'intégration, le multiculturalisme, ou encore l'islamisation de la
société et de l'Europe tout entière. Résultat : Wilders vit protégé, change toutes les nuits d'adresse. Pas sûr que son obsession soit gagnante électoralement au bout du compte. Et sur le fond,
il y a beaucoup à dire...
- en terme de liberté d'expression : Il aurait été idiot de censurer ce film. Plusieurs pays avaient brandi l'hypothèse de boycott économique (l'Iran et l'Egypte), les Talibans
avaient assuré qu'ils viseraient les soldats néerlandais présents en Afghanistan si le film était diffusé. Pendant ce temps, les associations musulmanes des Pays-Bas appelaient au calme... Elles
ont déposée un recours aujourd'hui. Mieux vaut toujours combattre les arguments des autres plutôt que de leur interdire de les exprimer. Même chose au sujet du Coran, d'ailleurs!
Mais la question se pose de savoir ce qu'apporte ce film, car on est jamais libre de dire des inepties. Sur son blog, Ivan Rioufol indiquait ceci ce matin, sans avoir vu Fitna : "A
la condition que Wilders n’accuse pas sottement l’ensemble des musulmans, sa critique doit être permise". L'intéressé lui-même affirmait au Figaro : Je n'ai rien contre les individus, mais nous
avons un problème avec l'idéologie islamique. Je ne veux pas renvoyer ceux qui sont ici et veulent s'assimiler, mais je leur dis de se débarrasser de cette idéologie, que je qualifie de
fasciste".
C'est l'écueil que ce film n'a pas su éviter : il vise le texte du Coran, pas les musulmans, ni les fondamentalistes. Cependant, il illustre les citations par des images
d'islamistes radicaux, qu'il qualifie de musulmans. Il se tire donc une balle dans le pied. Car il est tombé dans l'excès, la caricature...
Existe-t-il un péril vert, le coran est-il fasciste?
Comme Ivan Rioufol ou Lomig, j'estime que la critique de
l'islam doit être possible en tant que composant du corps social. L'excès représenté par le film de Wilders n'empêche pas de se poser les vraies questions au sujet du Coran, dont certaines
parties sont effectivement plus que limites. S'il a tort de globaliser sa critique à l'ensemble des musulmans, Wilders pose le problème culturel ("Nous ne traitons pas les femmes, les
homosexuels, les relations politiques au sein de la société, comme cette culture retardée. Les individus sont égaux. Mais toutes les cultures ne se valent pas") de façon judicieuse
quoiqu'insultante : si l'on juge un arbre à ses fruits, alors les fruits islamiques sont amers. La question n'est même pas celle du livre saint de l'Islam car on pourrait
tout aussi bien extraire des citations contestables dans la Bible. C'est celle du regard que cette religion porte sur les femmes, sur la liberté, sur la vie, sur les autres hommes,
les religions. Pas seulement dans le Coran, mais aussi dans les faits. Je ne sais s'il s'agit d'un livre fasciste, car on a tendance à tout mettre derrière ce mot. En revanche, il s'agit d'un
livre contenant des règles de vie douteuses. Sans aucune autorité supérieure qui n'ait légitimité à les interpréter! Il est bien là, le drame de l'Islam.
Le péril serait donc d'accepter que ces dérives aient lieu sur notre sol. Divorcer par texto, c'est possible en Indonésie, mais on espère que cela ne sera pas le cas en France ou
aux Pays-Bas. La réponse tout simple à cette crainte, c'est d'occidentaliser l'islam. Plutôt que de le voir sans cesse comme une partie prenante à un choc des civilisations, tâchons de le fondre
dans la nôtre. Ce qui suppose d'arrêter avec l'angélisme, avec les théories d'intégration, et de revenir à la notion d'assimilation. Pour couper la chique aux barbus de tout poils, qui
souhaitent pouvoir représenter une alternative au capitalisme et au marxisme. Pour éviter que
l'Islam ne soit le refuge d'idéologues L'islam ne connaît pas la laïcité classique (le "rendez à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu"), alors apprenons-la lui.
Voilà qui va sans doute relancer les débats scientifiques à n'en plus finir sur le Linceul de Turin, dont l'origine redevient le mystère qu'il n'aurait jamais dû cesser d'être.
Des études menées à Oxford en 1988 avaient conclu qu'il ne pouvait en aucun cas s'agir d'un linge ayant enveloppé le corps de Jésus-Christ, en le datant dans la période 1260-1390. Alors
que déjà, en 2005, certains scientifiques avaient contesté les méthodes employées (utilisation d'échantillons
non-représentatifs) Patrice de Plunkett nous apprend que l'auteur
de ces études lui-même a avoué il y a quelques jours, sur la BBC (impossible de remettre la main sur la source originelle) qu'il s'était "peut-être trompé".
En 2005, une étude avait prouvé que l’échantillon prélevé pour les analyses n’était pas représentatif. Les parties de l’échantillon qui avaient été transmises aux 3 laboratoires pour la datation n’étaient pas semblables en termes de concentration en carbone 14. 3 experts en textiles anciens ont observé un cliché de l’échantillon prélevé avant sa subdivision. Tous 3 ont repéré un raccommodage couvrant en partie les échantillons prélevés. L’échantillon analysé était donc issu d’un racommodage qui aurait été effectué après le XIIIe siècle. Par ailleurs, la procédure n’avait pas été respectée : un seul échantillon avait été prélevé au lieu des 7 qui auraient dû être examinés et aucune analyse microscopique ou chimique n’avait été faite.
A vrai dire, quoique catholique, je ne me sens pas obligé de croire que ce Linceul est une relique véritable (d'ailleurs, le Vatican lui-même ne l'a jamais reconnu
officiellement). Et je me méfie instinctivement, sans doute à tort, de la vénération d'objets "saints". Peut-être un petit côté protestant?
Mais quoi qu'on en pense, le sujet est passionnant à étudier et j'ai tendance à furieusement pencher pour la thèse de l'authenticité du Linceul de Turin, après avoir lu
pas mal d'articles ou de livres sur le sujet (et dieu sait si ce thème a inspiré...). Il y a trop d'éléments allant dans ce sens, trop de coïncidences, et l'effondrement de la datation au
carbone 14 (qui était déjà bien branlante) ne fait que confirmer cette intuition. Bien sûr, et il faut bien l'admettre, si l'on ne croit pas en la divinité du Christ, il est très difficile de
penser que ce linge puisse être autre chose qu'un faux! Mais il y a bien une vérité...
Si vous voulez approfondir le sujet, allez fouiner chez Polydamas qui refait le match et nous restitue les arguments
plaidant en faveur de l'authenticité :
- Il y
a d'abord le fait que l'image représentée par le suaire soit un négatif (l'image que vous voyez ci-dessus a justement été obtenue en photographiant le linceul) : le faussaire, s'il
existe, est non seulement un génie, mais en plus il était bien en avance sur son temps... Ce que l'on voit, en trois dimensions, a été obtenu au moyen d'une sorte de brûlure du tissu. Comme
l'explique très bien Polydamas, "il n' y a pas de reproduction possible qui permettrait de réunir ces qualités sans des moyens modernes hautement sophistiqués. D'autant
que l'impression semble avoir été réalisée à partir d'une projection perpendiculaire, puisque l'on ne décèle aucune trace d'un quelconque mouvement de pinceau, ou d'un produit biologique qui
aurait pu former cette image. Une explication de ces particularité, serait que l'énergie qui aurait servi à l'impression vienne du modèle lui-même, c'est à dire du corps. Mais là, on commence à
rentrer dans l'absurde idée d'une resurrection."
- la composition (lin) et le tissage du linge en question sont très proches de ceux utilisés au premier siècle en Palestine.
- les pollens retrouvés sur le suaire proviennent principalement de la région de Jérusalem, et ne se trouvent que dans cette partie du monde! Des traces d'argile ont
également été retrouvées, pour le même résultat.
- les blessures infligées à l'homme représenté sur le linceul correspondent point par point à celles subies par Jésus-Christ selon les Evangiles. Couronne d'épines, chutes,
flagellation, clous... Il est intéressant de noter au passage que l'homme a les poignets percés, et non les mains, contrairement à ce que l'imagerie médiévale représentait (techniquement,on ne
pouvait pas clouer les mains, qui se seraient déchirées). Aujourd'hui encore, les crucifix montrent souvent Jésus cloué au niveau des mains comme une requête google images le prouve aisément.
- les pièces de monnaie qui recouvrent les yeux du supplicié ont été émises en l'an 30 après JC. Rappelons que celui-ci est mort en 33...
Quand on voit tous ces éléments, que peut-on dire d'autre, à part acquiescer à cette conclusion : "L'hypothèse d'un faux médiéval serait encore plus géniale que celle d'un
dieu, vu le nombre de techniques modernes que le faussaire se devait de maitriser pour réaliser ce chef d'oeuvre. Un tel génie aurait réalisé le suaire, et personne n'aurait entendu
parler des techniques révolutionnaires qu'il aurait utilisées ?"
Je rigole, je rigole. Pendant que certains trouvent absolument scandaleux que Nicolas Sarkozy parle de Dieu, que
ce soit au Latran ou à Riyad, d'autres veulent ériger des statues de Lénine dans l'indifférence
générale.
Pendant que certains nous bassinent avec le caractère prétendument conservateur de Benoît XVI, qu'on ne cesse de tenter
d'opposer à Jean-Paul II, d'autres ferment au nez du
pape les portes de la Sorbonne romaine. Il y a de quoi, vraiment, s'interroger sur le fondamentalisme anticlérical.
Le pape a ainsi pris la décision, hier, d'annuler une visite qui n'aurait probablement pas pu se dérouler dans la sérénité. 67 professeurs (seulement) avaient ainsi écrit au recteur (qui avait
invité le pape) pour lui demander de décommander la cérémonie. Et des étudiants avaient promis de venir troubler le discours.
Et le discours, justement, de quoi parlait-il? Les opposants s'en moquent. Ils parlent d'ingérences du pape dans
la vie politique italienne. Ils évoquent Galilée, expliquent que Benoît XVI a estimé que son procès avait
été "raisonnable et juste" lors d'une précédente visite à la Sapienza en tant que cardinal, en 1990. Zénit rapporte que cette polémique est justement fondée sur une interprétation erronée du discours de 1990, dans lequel Ratzinger avait défendu l'astronome et physicien... Il est tellement facile de
déformer.
Où est la tolérance, où est l'intolérance, désormais? Comment peut-on prôner la liberté et la refuser
aux autres? On peut très clairement faire le rapprochement entre cet épisode et la provocation honteuse de Frêche. Parce que Lénine comme Robespierre, influencés là-dessus par ce brave
Jean-Jacques Rousseaux clamaient le tristement célèbre : "Pas de liberté pour les ennemis de la liberté".
Au fond, les anticléricaux, comme leurs amis laïcistes (je souligne le "iste"), que veulent-ils? Clouer le bec aux religions parce qu'elles les gênent. Renvoyer les questions religieuses à
la sphère privée. Cloîtrer le pape au Vatican, pour qu'il ne s'adresse pas au monde.
Face à cette intolérance, face à cet autisme, les positions de Nicolas Sarkozy tranchent. Son interprétation d'une laïcité positive fait des remous, justement parce qu'on parle toujours des
religions comme des menaces pour la Raison. Il serait grand temps de grandir et de sortir de cet anticléricalisme ridicule et archaïque qui tente de nous faire croire que les religions sont
obscurantistes.
EDIT : la condamnation de cet incident par la presse italienne est unanime. Y compris celle de gauche. Il est intéressant d'en relever ceci, chipé sur le site de La Croix :
Avec l'annulation de la visite du pape, "c'est une caricature de la laïcité qui a gagné, une laïcité radicalisante, toujours prête à être anticléricale, qui veut uniquement écouter ses propres raisons", écrit le Corriere, quotidien au plus grand tirage en Italie, parlant de "défaite pour le pays".
Il est bon d'en tirer des leçons quant à notre propre vision de la laïcité. Cet épisode a d'ailleurs fait plus de publicité au Vatican qu'autre chose : à lire, le discours que Benoît XVI devait prononcer (il a été lu et applaudi à la Sapienza, en son absence), et qui contient des extraits
savoureux sur ce plan là. Ils montrent que définitivement, un tel esprit ne peut être exclu du champ public.
"Ici, cependant, émerge immédiatement l’objection selon laquelle le pape, en fait, ne parlerait pas vraiment sur la base de la raison éthique mais tirerait ses jugements de la foi et ne pourrait donc leur donner une valeur pour ceux qui ne partagent pas cette foi. Nous devrons encore revenir sur ce débat, parce qu’il pose la question absolument fondamentale : qu’est-ce que la raison ? Comment une affirmation – surtout s’il s’agit d’une norme morale – peut-elle se démontrer rationnelle ? Pour l’instant, je voudrais seulement relever brièvement que John Rawls (...) voit un critère de cette rationalité entre autres dans le fait que de telles doctrines sont issues d’une tradition responsable et motivée, au sein de laquelle ont été développées de très longue date des argumentations suffisamment bonnes pour soutenir la doctrine en question. Dans cette affirmation, ce qui me semble important est la reconnaissance que l’expérience et la démonstration à travers les générations, le fonds historique de la sagesse humaine, sont aussi un signe de rationalité et de signification pérenne. Face à une raison anhistorique qui cherche à s’auto-construire seulement dans une rationalité anhistorique, la sagesse de l’humanité comme telle – la sagesse des grandes traditions religieuses – doit être reconnue comme une réalité que l’on ne peut pas impunément jeter dans la poubelle de l’histoire des idées.(...)
C’est toute la question de la recherche d’une justice normative qui puisse conduire à un ordre de liberté, de dignité humaine et des droits de l’homme. C’est la question dont s’occupent aujourd’hui les processus démocratiques de formation de l’opinion, et qui préoccupe en même temps comme questionnement pour l’avenir de l’humanité. Jürgen Habermas exprime un vaste consensus de la pensée actuelle lorsqu’il dit que la légitimité d’une charte constitutionnelle, qui est le présupposé de la légalité, provient de deux sources : de la participation égale de tous les citoyens, et aussi d’une “forme raisonnable” dans laquelle sont résolues les contradictions politiques.Jurgen Habermas note que celle-ci ne peut pas seulement être le résultat d’une majorité arithmétique, mais doit se caractériser comme « un processus d’argumentation sensible à la vérité ». C’est bien dit, mais c’est très difficile à transformer en pratique politique. Les représentants de ce « processus d’argumentation » public sont, nous le savons bien, avant tout les partis, comme responsables de la formation de la volonté politique. Donc, ils auront immanquablement comme objectif de parvenir à la majorité, et s’occuperont inévitablement des intérêts qu’ils ont promis de satisfaire. Cependant, ces intérêts sont souvent des intérêts particuliers et ne sont pas vraiment pas au service de tous. (...)
La sensibilité pour la vérité sera toujours écrasée par la sensibilité aux intérêts particuliers. Je trouve significatif que Habermas parle de la sensibilité pour la vérité comme d’un élément nécessaire dans le processus d’argumentation politique, réinsérant ainsi le concept de vérité dans le débat philosophique et dans le débat politique.
Mais vient alors, inévitable, la question de Pilate : Qu’est ce que la vérité ? Et comment la reconnaître ?(...) Qu’est-ce qui est raisonnable ? Dans chaque cas, on s’aperçoit de manière évidente que, dans la recherche du droit de la liberté, de la vérité de la juste vie en commun, il faut écouter des instances autres que les partis et les groupes d’intérêts, sans du tout vouloir minimiser leur importance. (...)
Le pape "ne doit sûrement pas chercher à imposer aux autres la foi sur un mode autoritaire, elle qui ne peut être seulement donnée en liberté", mais "il est de sa mission de maintenir éveillée la sensibilité pour la vérité, d'inviter toujours à la raison à semettre à la recherche du vrai, du bien, de Dieu."
Le péril dans le monde occidental – pour ne parler que de celui-ci – est aujourd’hui que l’homme, considérant la grandeur de son savoir et de son pouvoir, laisse tomber la question de la vérité. Et cela signifie, dans le même temps, que la raison se plie, pour finir, aux pressions des intérêts et à l’attraction de l’utilité, contrainte de la reconnaître comme le critère ultime. (...) La raison perd le courage pour la vérité et ne grandit plus, devenant ainsi plus petite. Appliqué à notre culture européenne, cela signifie ceci : si elle ne veut s’autoconstruire que sur la base du cercle de ses propres argumentations, et sur ce qui la convainc sur le moment, si préoccupée de sa laïcité, elle se coupe des racines qui la font vivre. Non seulement elle ne gagne pas en rationalité et en pureté, mais elle se décompose et se brise. (...)
"Le pape a célébré l'Eucharistie à l'ancien autel situé au-dessous du Jugement universel, au lieu de faire installer au centre, sur une estrade, un autel supplémentaire, « pour ne pas altérer la beauté et l'harmonie de ce joyau architectural », explique une note vaticane.
Le pape s'est ainsi parfois retrouvé « le dos aux fidèles et le regard tourné vers la Croix, orientant ainsi l'attitude et la disposition de toute l'assemblée », tout en utilisant le Missel ordinaire, et non celui qui précède le Concile Vatican II."
Mais ça, les lecteurs du Monde n'auront pas le droit de le savoir!
Le terme « ancien », évoque ici, bien sûr, la messe dite “de saint Pie V”. C'est-à-dire le rite “d’avant”, d’autrefois, celui qui est censé ne plus exister. Il aura échappé à Dame Chroniqueuse que le motu proprio de juillet 2007 – qu’elle évoque pourtant dans son papier – indique explicitement que s’il existe deux formes d’expression rituelle, l’une ordinaire, selon l’ordre de 1969, que l’on appelait jusque-là la “messe de Paul VI” ; l’autre extraordinaire, selon l’ordo de 1962, que l’on appelle désormais la “messe du bienheureux Jean XXIII”, il n’existe qu’un seul rite romain. Comme elle semble l’ignorer, cette dernière forme liturgique est celle qui a été suivie pratiquement pendant tout le concile Vatican II.
Or les deux formes liturgiques évoquées ont droit de cité dans l’Eglise, même si nombre de clercs ne s’en sont toujours pas rendu compte, ou ne s’y sont pas encore résignés. En sorte que ces deux formes liturgiques d’un seul et unique rite romain sont toutes deux actuelles. La dialectique entre un rite ancien et un rite nouveau n’est donc plus de mise, à la fois pour qui suit un peu l’actualité et pour qui sait lire un texte comme le motu proprio évoqué plus haut.
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