Religion

Dimanche 16 novembre 7 16 /11 /Nov 00:00
J'étais passé complètement à côté de cette vidéo, qui date pourtant de 2004... Je vous la propose donc, elle est instructive par sa réalité brutale. Elle illustre bien les dangers représentés par un certain Islamisme de France, qui a pourtant toute sa place au conseil national du culte musulman... Et qui est prêt à tabasser des journalistes qui filment une grille. Un visage que l'on voit rarement sur nos plateaux de télé!
Par Le chafouin - Publié dans : Religion
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Vendredi 17 octobre 5 17 /10 /Oct 15:52

On croit rêver : le CRIF, vous avez bien entendu, le CRIF, c'est-à-dire le conseil représentatif des institutions juives de France, ose menacer le Vatican d'un refroidissement des relations entre le monde juif et l'Eglise catholique, pour le cas où il viendrait à canoniser le pape Pie XII.

Le pape avait en effet annoncé il y a quelques jours qu'il était favorable à la béatification de son précédesseur, mort il y a tout juste 50 ans. La procédure en est toujours à ses prémices, dans l'attente de la signature par le pape d'un décret établi en mai dernier et reconnaissant les "vertus héroïques" de Pie XII.

"Alors que le Vatican refuse d'ouvrir aux historiens ses archives sur la période de la Seconde guerre mondiale, et que la majorité des historiens indépendants n'appuie pas la thèse d'une activité inlassable du pape (Pie XII) en faveur des Juifs, une telle béatification serait ressentie négativement par l'ensemble des institutions juives de par le monde", note le Crif dans un communiqué. "Le pape Pie XII, soucieux de ne pas rompre les ponts avec l'Allemagne, n'a jamais prononcé un discours clair dénonçant la monstruosité particulière de l'extermination de millions de Juifs", souligne encore le Crif.

On croit rêver, parce que ces dernières années, on a surtout vu l'Eglise catholique faire des pas en direction des juifs. Jean-Paul II comme Benoît XVI ont accompli des gestes très forts en direction de cette religion, qu'aucun autre pape avant eux n'avaient osé.

On croit rêver, parce que cette vision d'un Pie XII silencieux face à la Shoah, voire complice objectif des Nazis en raison d'une prudence excessive,  est datée et quasiment périmée. D'ailleurs, comme l'a rappelé Benoît XVI, "souvent c'est dans le secret et le silence qu'il a agi parce que justement, à la lumière des situations concrètes de la complexité de ce moment historique, il avait eu l'intuition que c'est seulement de cette manière que l'on pouvait éviter le pire et sauver le plus grand nombre possible de juifs". Pardi!

Je ne vais pas reprendre la magnifique démonstration qu'avait entreprise Koz il y a quelques jours. Allez lire son article, pour ceux qui doutent : s'il ne vous convainc pas, il vous éclairera. On y voit des preuves objectives d'une activité inlassable du pape, pendant la guerre, pour sauver le maximum de juifs qu'il pouvait. Croit-on qu'un pape dénonçant publiquement et de façon véhémente la shoah aurait eu un poids quelconque sur les Nazis, qui campaient aux portes du Vatican?

De plus, comme le rappelle Toreador, qui sait que le Grand Rabbin de Rome s'est converti au catholicisme -impressionné par l'action du pape en faveur des Juifs - à la sortie de la guerre, en prenant comme prénom de baptème Eugenio, qui est également celui de Pie XII?

Et au fait, quel autre grand chef d'Etat ou de religion peuvent se targuer d'avoir fait autant pour les Juifs?

Par Le chafouin - Publié dans : Religion
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Vendredi 29 août 5 29 /08 /Août 14:14

Comment un catholique, qui se revendique comme tel, qui agrée aux valeurs évangéliques, peut-il en arriver là? Les faits et le contexte mériteraient d'être précisés bien d'avantage. Selon Libération, rejoints par les autres médias, quatre Versaillais âgés de 20 à 24 ans auraient été surpris par la police, mercredi soir à Pau où ils étaient en vacances, alors qu'ils fracturaient leur quatrième distributeur de préservatifs de la soirée.

" La technique était bien rodée. Ils arrachaient le boîtier avec un pied-de-biche, volaient l’argent et jetaient ensuite les préservatifs dans les poubelles de la voie publique. Et, apparemment, ce n’était pas la première fois. Ils ont avoué avoir mené une action similaire le 17 juillet dernier.

Pour leur défense, les quatre jeunes assurent qu’ils remettaient systématiquement à leur paroisse les pièces de monnaies récupérées dans les distributeurs. Agés de 20 à 24 ans, les quatre jeunes, en vacances à Jurançon, se sont présentés comme de «fervents catholiques», fermement opposés «à l’avortement et la contraception». "

Sud-Ouest précise de son côté que les jeunes gens ont expliqué aux policiers que ce sont bien leurs "convictions religieuses" qui les poussent à "lutter contre la contraception", et que 6 distributeurs au total ont été dégradés et pillés.

Des questions complémentaires mériteraient d'être posées : qu'entendent ces jeunes gens exactement par "fervents catholiques"? De quel "type" de catholicisme s'agit-il? Quel est le rôle exact joué par la paroisse évoquée dans l'article de Libération? S'agit-il d'un acte isolé?

Mais avec les éléments dont on dispose, on peut d'ores-et-déjà pencher entre la bêtise pure et simple et le jusqu'au-boutisme intégriste pour expliquer ce geste absurde. Que n'aurait-on dit, en effet, si l'on avait été en présence de quatre jeunes musulmans? Je n'ose imaginer le concert d'indignations. Ici aussi, l'information fera probablement rapidement le tour des rédactions.

On peut être opposé à la contraception, heureusement, car il s'agit d'une conviction intime tout à fait respectable. Mais ce que ces braves Versaillais oublient, c'est que si l'Eglise, effectivement, est opposée au principe de la contraception (qui supporte des exceptions), elle est tout autant attachée au respect d'un autre principe : celui de la non-violence. Qui  supporte également des exceptions, comme la guerre juste, l'assassinat d'un tyran, etc.

La démolition de distributeurs de préservatifs ne fait pas partie de ces exceptions. Quel est l'intérêt de ce type d'action? Sur le fond, personne ne va ouvrir un débat avec ces jeunes gens sur le port du préservatif. Même auprès des policiers et de la justice, il y a peu de chances que leurs convictions cheminent dans les esprits. Et sur la forme, leur message (y en a-t-il vraiment un, d'ailleurs?) est décridibilisé : cette arrestation va permettre à coup sûr à Golias, et à tout ce que la terre compte d'anticléricaux et d'anticatholiques, de hurler au conservatisme incroyable du Vatican. Et quand le bénéfice d'une action est négatif, que fait-on? On s'abstient.

C'est bien là le drame des fondamentalistes : en collant trop au texte, ils en oublient l'esprit, ainsi que les nuances.

Par Le chafouin - Publié dans : Religion
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Vendredi 27 juin 5 27 /06 /Juin 15:06
Depuis quelques semaines, je m'interroge sur Nadine Morano, secrétaire d'Etat à la famille. Vues les positions qu'elle affiche dans la presse, y compris tout récemment sur l'homoparentalité et encore plus récemment sur les mères porteuses, je me demande pourquoi on n'arrête pas, à tout bout de champ, de la dépeindre comme une femme "catholique", et même "catholique convaincue".

Est-ce elle, qui insiste là dessus? Ou sont-ce les journalistes, qui nous le rappellent sans cesse comme un gimmick?

Quand il s'agit d'homoparentalité, Nadine Morano explique (Valeurs actuelles) : "Je me place du côté de l’enfant et quel que soit leur nombre, la société ne peut pas rester indifférente à leur sort". Quand elle parle des mères porteuses, cela devient (Libération) : "Oui, si ma fille était atteinte de ce genre de malformation, je le ferais. Pour moi, ce serait un geste d’amour". Des déclarations qui ne montrent pas une grande conviction : ses principes lâchent à la première émotion. Est-elle guidée par l'Evangile, sincèrement? Ou ses opinions sont-elles influencées, au gré du vent, en fonction de l'instinct du moment?

Rien n'est plus vrai, à ce sujet, que ce qu'en dit Patrice de Plunkett :

"Mme Morano serait une "catholique déclarée" alors que ses convictions (dans les domaines de la vie) sont le contraire de celles de l'Eglise catholique. Pour des multiples raisons, expliquées cent fois, l'Eglise désapprouve le business des mères porteuses et ce qu'on nomme "homoparentalité". Pour autant de raisons, elle désapprouve l'euthanasie. Mme Morano approuve tout ça, et même le recommande. Comment peut-elle se déclarer catholique? Parce que l'époque est ainsi : on a le "droit" de revendiquer n'importe quelle "identité", de façon subjective, sans avoir à en donner les raisons. Mme Morano pense le contraire du pape et des évêques  mais à ses yeux - et à ceux des médias - ça n'empêche pas de se dire catholique. Après quoi l'on s'étonne de la pauvreté des débats dans ce pays: mais si les mots n'ont plus de sens, il est difficile de débattre. L'irrationnel est au pouvoir."

Faut-il décerner des brevets de bon catholicisme? Pas sûr, cela peut être un facteur de division. Mais il est très contestable que cette dame porte sans cesse une écharpe de catholique en bandoulière si c'est pour prendre des positions exactement inverses de celles du Vatican. A la limite, ne pourrait-elle pas s'abstenir?
Par Le chafouin - Publié dans : Religion
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Vendredi 20 juin 5 20 /06 /Juin 13:37
J'oscille vraiment entre les deux points de vue, après les polémiques nées il y a quelques jours sur des créneaux réservés aux femmes dans une piscine en Isère. Mais également sur l'interdiction faite aux hommes de pénétrer dans un gymnase lors d'une compétition sportive. Ou encore, dans certaines cantines, sur l'instauration de menus à la carte (avec ou sans porc) ou carrément, de menus sans viande pour éviter toute difficulté.

Evidemment, le premier réflexe est de se dire que les populations immigrées, puis installées en France depuis plusieurs générations, sont culottées de nous demander de nous adapter à elles, d'une part parce que ça devrait être l'inverse, et d'autre part, parce que dans leurs pays d'origine, la réciproque n'est évidemment pas vraie. Bien au contraire.

D'un autre côté, j'ai tendance à penser qu'il peut s'agir - dans une certaine mesure - d'une forme d'ouverture d'esprit. Que si 90% d'un quartier est musulman, il peut être idiot de persister à proposer aux enfants du jambon tous les midis. Que si des femmes vont dans une piscine à une heure réservée, ça n'enlève rien à personne, et surtout pas à ceux qui s'en plaignent, puisqu'ils n'habitent généralement pas ce type de quartier.

Globalement, il faut aussi savoir se déstresser au sujet des religions, et arrêter de penser qu'elles représentent un danger pour la collectivité. Dans ce sens, la tolérance sarkozienne peut être un bien.

Et en même temps, on peut aussi rétorquer qu'il s'agit d'une forme de ghettoïsation, que ces revendications ne sont pas tant religieuses que communautaires. et que dans ce sens, en acceptant ces entorses aux règles d'indivisibilité (existe-t-elle toujours?) et de  laïcité (doit-elle persister?), on ne rend pas forcément service à ceux qui le demandent. On peut en effet aussi voir ça comme une façon de mettre de côté toute une population. De la renvoyer à sa caricature en cédant à ses éléments les plus virulents. Le risque, c'est d'en venir à considérer que si un type est bronzé, il mange forcément du porc, qu'il veut de la viande hallal ou qu'il ne boit pas d'alcool. Un peu comme à Londres, où quand on habite dans certains quartiers, on reçoit ses factures par défaut dans telle ou telle langue plutôt qu'en anglais.

Le problème n'est évidemment pas nouveau, mais il ressurgit régulièrement (l'affaire du mariage annulé est aussi lié à ce débat), et prend tout son sens à une époque où notre pays se cherche, doute de lui-même et de son modèle. Ce genre d'affaire fait d'autant plus scandale qu'après s'être débarrassé des catholiques, qui ont été peu à peu interdit de toute manifestation publique de leur foi, notre société voit revenir l'islam comme un boomerang. Et c'est d'autant plus compliqué que cette religion ne fait pas partie de notre culture, et que se mêlent le problème religieux et celui de l'intégration...
Par Le chafouin - Publié dans : Religion
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Lundi 26 mai 1 26 /05 /Mai 00:59

Question intéressante que celle de la pertinence de l'évolution des institutions, des normes, en fonction de celle des moeurs, des habitudes, des pratiques collectives. En somme, doit-il y avoir une dictature du présent? En ce qui concerne l'Eglise, la revendication n'est pas nouvelle mais s'accélère dans un monde où elle n'est plus majoritaire. Elle est pourtant en contradiction totale avec l'esprit du christianisme.

Doit-on changer pour changer? La semaine dernière, Authueil évoquait un ouvrage récemment paru du cardinal italien Carlo-Maria Martini, qui "remet en cause" selon lui "les positions de l'église catholique sur la sexualité, la contraception, le mariage des prêtres, la collusion de l'église officielle avec les puissants", et qu'il interprète comme "le craquement d'une vieille maison, inquiétant pour ses occupants, car signe de délabrement et donc de risque d'écroulement." Cet avis n'est pas très étonnant venant d'Authueil, protestant bon teint, qui ne manque jamais une occasion de taper sur l'Eglise, le pape et les dogmes. Celle-ci était trop belle!

Il n'empêche que cette position est caractéristique d'une opinion assez communément répandue, a fortiori chez ceux qui ne sont pas catholiques, et qui voudrait que l'Eglise s'adapte à la société, à ses rites, aux pratiques des fidèles et du monde. Ce qui donne ceci sous la plume d'Authueil : "Ce genre de charge est sans doute de nature à faire évoluer le catholicisme, et ce n'est pas un mal, car sur les points que dénonce Martini, il y a un décalage criant entre la hiérarchie et les fidèles, au point d'atteindre, chez nombre de fidèles, le point de rupture. Cela suffira-t-il, j'ai bien peur que non, la psycho rigidité du Vatican étant un de ses traits fondateurs."

Alors quoi? Depuis 2000 ans, inlassablement, l'Eglise transmet le message de Jésus-Christ, sans varier d'un iota sur le fond des choses. Ce message a un but : montrer, proposer un chemin vers le bonheur et la vie éternelle. En gros, c'est ça. Et ce message changerait au gré du temps, du vent, et des humeurs des sondages? Il faudrait, sous prétexte que ses positions sur la sexualité, la contraception, le mariage des prêtres etc, ne sont plus à la mode, les abandonner?

L'Eglise a toujours dérangé. Jésus lui-même s'est fait liquider par des grands prêtres jaloux de son influence et de leur pouvoir, et qui goûtaient peu à son message révolutionnaire. Tout au long de son histoire, malgré les schismes, les guéguerres intestines, et même avec des papes parfois très limites, Rome a persévéré et tenu le cap. C'est elle qui a par exemple inventé la séparation entre les pouvoirs temporel et spirituel, en dépit de ce qui se faisait partout dans le monde au début de notre ère.

Changer les pratiques, les rites, les façons de faire, pourquoi pas. Changer le regard qu'on porte sur la société, pourquoi pas. Mais changer la substance du message, à quoi bon? Pour gagner des fidèles en plus, pour atténuer ce "décalage criant" qu'évoque Authueil? L'Eglise a une vocation évidente à l'évangélisation, c'est son rôle et sa mission. Mais doit-elle brader son message et le rendre plus neutre pour pouvoir être mieux accepté et remplir ses édifices? Mgr Martini propose de réserver le célibat aux prêtres qui ont une "vraie vocation". Cela signifie donc que pour contrer la diminution dramatique du nombre de curés, il faut ouvrir les portes à des "fausses vocations"?

L'argument est très gênant car il signifie qu'on se préoccupe non pas de savoir si oui ou non le message est bon, mais uniquement du point de savoir s'il est payant en termes comptables. Mais que diable, l'Eglise n'est pas une enteprise soumise aux diktats du marketing et de la loi de l'offre et de la demande! Si demain, tout le monde se mettait à mentir, on ne rayerait pas le mensonge des dix commandements, quand même...

Sans vouloir nullement contrarier Mgr Martini ou ce cher Authueil, j'ai plutôt l'impression que ce sont les évolutions post-conciliaires qui ont fait fuir les gens. La perte du sens du sacré, sous prétexte d'humilité. Le manque d'affirmation, sous prétexte de tolérance : on a parfois le sentiment que les catholiques ont honte de l'être, se cachent pour prier, sont les seuls à devoir se justifier en permanence de ce en quoi ils croient. Et puis il faut l'avouer, la facilité : être catholique, ce n'est pas facile tous les jours.

Par Le chafouin - Publié dans : Religion
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Mardi 6 mai 2 06 /05 /Mai 08:00
Je vous propose aujourd'hui le témoignage de deux séminaristes chinois, recueilli par Oscar, commentateur avisé et régulier de ce blog. Ces deux jeunes étudient en Belgique, sous des prétextes différentes mais tout autant fallacieux. En Chine, il n'est en effet pas permis de pratiquer à sa guise. Voici donc deux visions différentes et complémentaires, sans être pour autant catastrophées, à propos de la façon dont les catholiques sont traités dans l'Empire du milieu.


Thomas est séminariste d’un diocèse d’une province du Nord (cette précision est  utile, car chaque province a sa propre situation). Nous savons qu’en Chine, on distingue habituellement l'Eglise clandestine et l'Eglise officielle, cette dernière seulement étant reconnue par l’Etat. Thomas préfère parler de deux communautés, plutôt que de deux églises. Maintenant, la plupart des évêques sont dans l'Église officielle, la communauté publique, et très souvent nommés par le Vatican, souvent discrètement à cause de la situation politique.

Depuis 30 ans, je constate une évolution de la liberté de l'Eglise, malgré les nombreuses difficultés. Il y a encore des évêques qui sont consacrés sans l’accord du Vatican. Mais l’orientation générale est positive. Economiquement, à cause de la mondialisation, le gouvernement doit être plus ouvert et donner plus de place à l'Eglise. Il ne veut pas mais il est obligé. Pendant le temps de Mao, c’était vraiment la persécution traditionnelle, physique. Eglises fermées ou détruites, le clergé en prison ou dans les camps. Après la mort de Mao, une nouvelle époque a commencé pour l'Eglise, dans la politique de la Chine. Parce qu'au sein du parti communiste chinois il y a deux tendances. Une conservatrice. Très peu de communistes croient vraiment au communisme. Le but est de sauvegarder le pouvoir politique. Pour sauvegarder le pouvoir aujourd’hui, il doit tolérer toutes les religions, uniquement en vue de garder l’ordre de la société, pour se protéger. L’autre tendance provient d’une nouvelle génération, qui a fait des études en Europe. Il y a une plus grande ouverture d’esprit. Ils ne croient plus au communisme. Cette tendance nouvelle préfère donner plus de respect et de liberté, mais cela engendre des conflits au sein du parti. Il n’y a donc, en tout cas pour l'Eglise « officielle », pas vraiment de persécution, plutôt une limite. Il y a encore des prêtres dans les prisons, peu, ou qui sont assignés à résidence sans pouvoir exercer leur ministère. C'est surtout des prêtres de la communauté clandestine. Dans beaucoup de provinces, nous avons un certain espace. S’il n’y a pas de conflit entre la Chine et le Vatican, nous sommes libres d’aller à la messe, de prier, de construire les églises, que ce soit pour l’officielle et pour la clandestine. Les persécutions dépendent aussi beaucoup des relations actuelles entre l’Etat et le Vatican. Concernant l'Eglise « officielle » elle a plus de liberté pastorale, mais nous sommes toujours limités. Cela dépend des provinces. Normalement, notre téléphone est toujours surveillé. Je ne peux pas dire n’importe quoi avec mon évêque au téléphone. Je ne peux pas parler de points sensibles. Si on voulait faire un pèlerinage, il faut demander la permission. On n’a pas le droit d’avoir l’école catholique. Il y a des écoles catholiques, mais dans les villages ou tout le monde est catholique. Et selon la loi c'est interdit. Normalement, le catéchisme est permis pour les enfants.

Thomas a eu la possibilité d’étudier en Europe grâce à son diocèse, mais le gouvernement ne sait pas que c'est pour faire des études de théologie. Il a préféré donner son nom de baptême plutôt que son nom chinois, afin de garder un certain anonymat.

Le frère Benoît est quant à lui un moine cistercien trappiste, qui fait aussi ses études en Europe, d’abord en France et maintenant en Belgique.

La communauté du frère Benoît n’est pas reconnue par l’Etat. Tous les moines doivent être recensés et avoir une carte d’identité, mais pas en tant que moine, car c'est interdit. Ils peuvent cependant aller librement dans une église officielle. Le supérieur de cette communauté trappiste a été interné pendant douze ans dans un camp de travail, à cause de sa foi. Il a pu étudier l’anglais, le français, le latin, avec des étrangers, ce qui lui a permis de former des jeunes moines et de reformer sa communauté dispersée. Désormais, les prêtres ont une certaine liberté, car l’Etat est plus conciliant avec les religions. La communauté a donc pu être reformée, même si elle n’a pas pu retrouver son ancien monastère. Les persécutions, aujourd’hui, sont assez minimes, et concernent surtout l'Eglise clandestine, non reconnue par l’Etat. Les prêtres de cette église sont parfois mis en prison, sont gênés dans leur ministère, mais les grandes persécutions des années 70 à 90 sont presque arrêtées. La dernière lettre du pape aux catholiques de Chine appelle au dialogue entre l'Eglise et l’état, et entre l'Eglise officielle et l'Eglise clandestine.

Témoignage personnel, datant de 2004 : Mgr Rey, actuel évêque de Toulon, a été appelé par des catholiques chinois pour leur prêcher une retraite. Pour ce faire, l’évêque a du se faire passer pour un psychologue, ne pouvant évidemment pas pénétrer sur le territoire chinois comme évêque catholique. Arrivé là-bas, il a passé une journée à faire du tourisme. Pour rentrer ensuite en contact avec ses correspondants, il a du se rendre dans une rue précise en arborant tel journal. Monté dans une voiture, puis dans une autre, puis dans une troisième, il s’est retrouvé en pleine campagne, dans un endroit très reculé. Il a alors pu donner la retraite demandée. Les séminaristes de ce diocèse doivent changer de téléphone tous les mois, et déménager également tous les mois pour ne pas être découverts. L’évêque du lieu, ainsi que son vicaire général, est en prison. L’administrateur nommé pour les remplacer est lui aussi en prison…

Ce témoignage, entendu de mes propres oreilles, est beaucoup plus inquiétant que les deux autres, et pas tout à fait concordant. Cela s’explique sans doute par les divergences entre les diverses provinces.

Par Le chafouin - Publié dans : Religion
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Mardi 29 avril 2 29 /04 /Avr 10:50

Cette information relativise beaucoup les prétentions de l'Algérie et de son président Abdelaziz Bouteflika à nous faire sans cesse la leçon. Un prêtre lillois a en effet été condamné le 30 janvier à un an de prison avec sursis et 200 000 dinars d'amende pour avoir commis le crime odieux de prier en dehors d'un édifice religieux.

"Âgé de 65 ans, l’homme vit en Algérie depuis 1971 et le 26 décembre, dans un bidonville à la frontière avec le Maroc où tentent de survivre des migrants candidats au passage en Europe, il a prié avec des Camerounais de rite catholique. En plein air. Quelques jours plus tard, il était interpellé par la police et, fin janvier, la condamnation est tombée : un an de prison avec sursis", écrit ce matin la Voix du Nord. Le clergé local s'est mobilisé, et l'archevêque d'Alger, Mgr Teissier, a publiquement jugé "exagérée" cette sanction tout en cherchant à apaiser les esprits. Il y a quelques jours, la peine a été ramenée en appel à deux mois de prison avec sursis. Cela reste un scandale.

Reste qu'au-delà de ce cas particulier, c'est la loi du 20 mars 2006 visant à lutter contre le prosélytisme religieux qui se trouve remise en lumière. Rien que ce mot de "prosélytisme" fait blémir. Comment peut-on empêcher les fidèles d'une religion de vouloir convaincre autrui que son message est positif ou intéressant? En l'occurrence, cette loi interdit aux cultes non-musulmans d'être célébrés en-dehors des édifices prévus à cet effet. Ce qui sous-entend la prohibition des processions ou des messes en plein air. Mais à la limite, ce texte pourrait très bien être interprété de manière extensive, et prohiber le port de la croix en public, par exemple... En l'espèce, ce prêtre a simplement prié en plein air avec des migrants dans un bidonville...

D'après l'agence Zénit, le texte va même beaucoup plus loin : "toute rencontre organisée en dehors des structures religieuses ne peut avoir lieu sans autorisation préalable écrite du gouvernement civil (...) L’utilisation d’un édifice comme lieu de culte doit également faire l’objet d’une demande explicite (...) Les autorités s’estiment en droit de refuser une autorisation si elles considèrent qu’il y a « danger pour la sauvegarde de l’opinion publique ». (...) Les rencontres religieuses spontanées en dehors des lieux de culte sont interdites."

Sans compter que tous ceux qui chercheraient à convertir un musulman à une autre religion risquent jusqu'à cinq ans de prison ferme et 10 000 € d'amende. De même que ceux qui "fabriqueraient, entreposeraient ou distribueraient du matériel imprimé, des publications audiovisuelles ou tout autre support ou moyen visant à affaiblir la foi musulmane".

Au départ, ce texte était prévu pour contrecarrer l'implantation en masse d'évangélistes en Algérie. "Le prosélytisme "chrétien" en Algérie n'a rien à voir avec le droit de choisir ou de pratiquer une religion, lit on sur ce blog. Il fait partie du programme de stabilisation des pays arabes conçu par les néo-conservateurs et "chrétiens-sionistes" américains."

L'archevêque d'Alger, qui se veut optimiste, considère lui-même que la liberté d'expression n'est "pas remise en cause", mais que les méthodes "agressives" utilisées par les évangélistes "ne sont pas toujours irrépréhensibles du point de vue pastoral". La preuve est pourtant aujourd'hui établie que les catholiques ne seront pas exempts de cette législation répressive. Et en soi, il n'est pas plus légitime d'interdire aux Evangélistes de convertir ceux qui le souhaitent.

On comprend la modération de Mgr Teissier. Reste qu'il est navrant de constater que ce sont nous, les Occidentaux, qui sommes sans cesse accusés d'intolérance vis-à-vis de l'Islam. Alors que chez nous la pratique de cette religion - et c'est bien naturel - est libre, que les mosquées se construisent partout et qu'on réfléchit même à faire participer l'Etat à leur financement. Sans compter les créneaux parfois réservés - là, cela pose question - aux femmes dans les piscines. Que dirait-on si en France, on interdisait aux musulmans tout prosélytisme? On hurlerait au scandale, des drapeaux bleu-blanc-rouge seraient brûlés à travers le monde et des fatwas haineuses seraient lancées.

Après, comment s'étonner que l'on ait une mauvaise image de l'islam, quand c'est toujours celle-ci qui nous saute aux yeux?

Par Le chafouin - Publié dans : Religion
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Lundi 7 avril 1 07 /04 /Avr 09:23
Quatre mots à dire : bande de crétins incultes.

"Bêtise pure", a déploré Jean-Marie Bockel, secrétaire d'Etat aux Anciens Combattants.

"Nous ne faiblirons pas" face à ces actes indignes, ajoute Rachida Dati.

La leçon de la
précédente profanation, dans le même cimetière et contre le même carré musulman, n'a décidément pas été retenue. Les trois personnes interpellées à l'époque, il y a près d'un an, étaient âgées de 16, 18 et 21 ans. Condamnés à des peines allant de deux mois à un an de prison ferme (plus du sursis), ces trois individus sont donc déjà libres.

Difficile de garder son calme devant tant d'idiotie. D'autant que les médias, étonnamment discrets quand les
cibles sont par exemple catholiques, donnent une caisse de résonnance énorme - et attendue - à cette ignominie.

Il faut leur pardonner, car il semble évident qu'ils ne savent pas ce qu'ils font.



EDIT : un commentateur zélé nous apprend que dans la nuit de samedi à dimanche, une trentaine de tombes ont été endommagées et six chapelles dégradées au cimetière de Saint-Eloi à La Rochelle. Il s'agit surtout de croix renversées ou brisée, et la motivation de ces actes semble satanique.

Moralité : il est pire d'être nazi que satanique.
Par Le chafouin - Publié dans : Religion
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Vendredi 28 mars 5 28 /03 /Mars 15:00

wilders.jpg Après maints avertissements, et au terme d'une histoire à rebondissements, histoire de faire monter la sauce, le député néerlandais Geert Wilders a fini par diffuser son film "Fitna", que vous pouvez dès à présent visionner ici en anglais.

Pour ceux qui ont raté un épisode à ce sujet petit rappel : le bouillant chef du parti néerlandais de la Liberté (PPV), âgé de 44 ans, menaçait depuis des mois de diffuser un court-métrage de 17 minutes ayant pour mission d'ouvrir les yeux de ses contemporains sur le danger représenté par l'Islam et le Coran, livre saint que le député qualifie de "fasciste" et qu'il compare à Mein Kampf. Et dont bien sûr, il demande l'interdiction. Ou comment utiliser la liberté d'expression pour lutter contre la liberté d'expression!

Ce mini-film, qui a l'allure d'un clip, n'a pas pu être diffusé, comme prévu initialement, sur un site web hébergé par un FAI américain. Des extraits ont d'abord été lâchés sur You Tube, avant que le film soit publié dans son intégralité hier soir sur le site du PPV. Puis en versions néerlandaise et anglaise sur le site d'échange liveleak.com.

A quoi ressemble ce film?
On voit d'emblée une des caricatures danoise de Mahomet, représentant le prophète avec une bombe dans le turban. On lit des extraits violents du Coran. Musique mélodramatique. Les textes évoquent les athées, les autres religions, les juifs, les femmes adultères, la vocation universelle de l'islam... Le tout illustré par des prêches d'imams radicaux à travers le monde et aux Pays-Bas. Par des images des attentats perpétrés au World Trade Center, à Madrid, à Londres. Des images de Théo Van Gogh et de son assassin, qui dit "ne rien regretter". Des textes de fatwas, des slogans antisémites, des appels à conquérir le monde. Rien de bien nouveau, rien de révolutionnaire, juste une compilation visant à alerter l'opinion publique néerlandaise, européenne et occidentale sur ce que craint l'auteur du film : une colonisation de l'Occident par les musulmans, manipulés par des fondamentalistes fascistes.

Que faut-il en penser?
- en terme de politique intérieure néerlandaise : en 2002, ce fut l'assassinat de Pim Fortuyn puis en 2004, celui du cinéaste Théo Van Gogh, qui avait sorti un film dénonçant l'oppression subies par les femmes dans l'Islam. Depuis, les Pays-Bas marchent sur des oeufs dès qu'il s'agit d'islam. Vu sous cet angle, Fitna souffle sur les braises des débats sur l'intégration, le multiculturalisme, ou encore  l'islamisation de la société et de l'Europe tout entière. Résultat : Wilders vit protégé, change toutes les nuits d'adresse. Pas sûr que son obsession soit gagnante électoralement au bout du compte. Et sur le fond, il y a beaucoup à dire...
- en terme de liberté d'expression : Il aurait été idiot de censurer ce film. Plusieurs pays avaient brandi l'hypothèse de boycott économique (l'Iran et l'Egypte), les Talibans avaient assuré qu'ils viseraient les soldats néerlandais présents en Afghanistan si le film était diffusé. Pendant ce temps, les associations musulmanes des Pays-Bas appelaient au calme... Elles ont déposée un recours aujourd'hui. Mieux vaut toujours combattre les arguments des autres plutôt que de leur interdire de les exprimer. Même chose au sujet du Coran, d'ailleurs!
Mais la question se pose de savoir ce qu'apporte ce film, car on est jamais libre de dire des inepties. Sur son blog, Ivan Rioufol indiquait ceci ce matin, sans avoir vu Fitna : "A la condition que Wilders n’accuse pas sottement l’ensemble des musulmans, sa critique doit être permise". L'intéressé lui-même affirmait au Figaro : Je n'ai rien contre les individus, mais nous avons un problème avec l'idéologie islamique. Je ne veux pas renvoyer ceux qui sont ici et veulent s'assimiler, mais je leur dis de se débarrasser de cette idéologie, que je qualifie de fasciste".
C'est l'écueil que ce film n'a pas su éviter : il vise le texte du Coran, pas les musulmans, ni les fondamentalistes. Cependant, il illustre les citations par des images d'islamistes radicaux, qu'il qualifie de musulmans. Il se tire donc une balle dans le pied. Car il est tombé dans l'excès, la caricature...

Existe-t-il un péril vert, le coran est-il fasciste?
Comme Ivan Rioufol ou Lomig, j'estime que la critique de l'islam doit être possible en tant que composant du corps social. L'excès représenté par le film de Wilders n'empêche pas de se poser les vraies questions au sujet du Coran, dont certaines parties sont effectivement plus que limites. S'il a tort de globaliser sa critique à l'ensemble des musulmans, Wilders pose le problème culturel ("Nous ne traitons pas les femmes, les homosexuels, les relations politiques au sein de la société, comme cette culture retardée. Les individus sont égaux. Mais toutes les cultures ne se valent pas") de façon judicieuse quoiqu'insultante : si l'on juge un arbre à ses fruits, alors les fruits islamiques sont amers. La question n'est même pas celle du livre saint de l'Islam car on pourrait tout aussi bien extraire des citations contestables dans la Bible. C'est celle du regard que cette religion porte sur les femmes, sur la liberté, sur la vie, sur les autres hommes, les religions. Pas seulement dans le Coran, mais aussi dans les faits. Je ne sais s'il s'agit d'un livre fasciste, car on a tendance à tout mettre derrière ce mot. En revanche, il s'agit d'un livre contenant des règles de vie douteuses. Sans aucune autorité supérieure qui n'ait légitimité à les interpréter! Il est bien là, le drame de l'Islam.

Le péril serait donc d'accepter que ces dérives aient lieu sur notre sol. Divorcer par texto, c'est possible en Indonésie, mais on espère que cela ne sera pas le cas en France ou aux Pays-Bas. La réponse tout simple à cette crainte, c'est d'occidentaliser l'islam. Plutôt que de le voir sans cesse comme une partie prenante à un choc des civilisations, tâchons de le fondre dans la nôtre. Ce qui suppose d'arrêter avec l'angélisme, avec les théories d'intégration, et de revenir à la notion d'assimilation. Pour couper la chique aux barbus de tout poils, qui souhaitent pouvoir représenter une alternative au capitalisme et au marxisme. Pour éviter que l'Islam ne soit le refuge d'idéologues L'islam ne connaît pas la laïcité classique (le "rendez à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu"), alors apprenons-la lui.

Par Le chafouin - Publié dans : Religion
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Mardi 4 mars 2 04 /03 /Mars 00:30

Voilà qui va sans doute relancer les débats scientifiques à n'en plus finir sur le Linceul de Turin, dont l'origine redevient le mystère qu'il n'aurait jamais dû cesser d'être.

Des études menées à Oxford en 1988 avaient conclu qu'il ne pouvait en aucun cas s'agir d'un linge ayant enveloppé le corps de Jésus-Christ, en le datant dans la période 1260-1390. Alors que déjà, en 2005, certains scientifiques avaient contesté les méthodes employées (utilisation d'échantillons non-représentatifs) Patrice de Plunkett nous apprend que l'auteur de ces études lui-même a avoué il y a quelques jours, sur la BBC (impossible de remettre la main sur la source originelle) qu'il s'était "peut-être trompé".

En 2005, une étude avait prouvé que l’échantillon prélevé pour les analyses n’était pas représentatif. Les parties de l’échantillon qui avaient été transmises aux 3 laboratoires pour la datation n’étaient pas semblables en termes de concentration en carbone 14. 3 experts en textiles anciens ont observé un cliché de l’échantillon prélevé avant sa subdivision. Tous 3 ont repéré un raccommodage couvrant en partie les échantillons prélevés. L’échantillon analysé était donc issu d’un racommodage qui aurait été effectué après le XIIIe siècle. Par ailleurs, la procédure n’avait pas été respectée : un seul échantillon avait été prélevé au lieu des 7 qui auraient dû être examinés et aucune analyse microscopique ou chimique n’avait été faite.


A vrai dire, quoique catholique, je ne me sens pas obligé de croire que ce Linceul est une relique véritable (d'ailleurs, le Vatican lui-même ne l'a jamais reconnu officiellement). Et je me méfie instinctivement, sans doute à tort,  de la vénération d'objets "saints". Peut-être un petit côté protestant?

Mais quoi qu'on en pense, le sujet est passionnant à étudier et j'ai tendance à furieusement pencher pour la thèse de l'authenticité du Linceul de Turin, après avoir lu pas mal d'articles ou de livres sur le sujet (et dieu sait si ce thème a inspiré...). Il y a trop d'éléments allant dans ce sens, trop de coïncidences, et l'effondrement de la datation au carbone 14 (qui était déjà bien branlante) ne fait que confirmer cette intuition. Bien sûr, et il faut bien l'admettre, si l'on ne croit pas en la divinité du Christ, il est très difficile de penser que ce linge puisse être autre chose qu'un faux! Mais il y a bien une vérité...

Si vous voulez approfondir le sujet, allez fouiner chez Polydamas qui refait le match et nous restitue les arguments plaidant en faveur de l'authenticité :

undefined - Il y a d'abord le fait que l'image représentée par le suaire soit un négatif (l'image que vous voyez ci-dessus a justement été obtenue en photographiant le linceul) : le faussaire, s'il existe, est non seulement un génie, mais en plus il était bien en avance sur son temps... Ce que l'on voit, en trois dimensions, a été obtenu au moyen d'une sorte de brûlure du tissu. Comme l'explique très bien Polydamas, "il n' y a pas de reproduction possible qui permettrait de réunir ces qualités sans des moyens modernes hautement sophistiqués. D'autant que l'impression semble avoir été réalisée à partir d'une projection perpendiculaire, puisque l'on ne décèle aucune trace d'un quelconque mouvement de pinceau, ou d'un produit biologique qui aurait pu former cette image. Une explication de ces particularité, serait que l'énergie qui aurait servi à l'impression vienne du modèle lui-même, c'est à dire du corps. Mais là, on commence à rentrer dans l'absurde idée d'une resurrection."

- la composition (lin) et le tissage du linge en question sont très proches de ceux utilisés au premier siècle en Palestine.

- les pollens retrouvés sur le suaire proviennent principalement de la région de Jérusalem, et ne se trouvent que dans cette partie du monde! Des traces d'argile ont également été retrouvées, pour le même résultat.

- les blessures infligées à l'homme représenté sur le linceul correspondent point par point à celles subies par Jésus-Christ selon les Evangiles. Couronne d'épines, chutes, flagellation, clous... Il est intéressant de noter au passage que l'homme a les poignets percés, et non les mains, contrairement à ce que l'imagerie médiévale représentait (techniquement,on ne pouvait pas clouer les mains, qui se seraient déchirées). Aujourd'hui encore, les crucifix montrent souvent Jésus cloué au niveau des mains comme une requête google images le prouve aisément.

- les pièces de monnaie qui recouvrent les yeux du supplicié ont été émises en l'an 30 après JC. Rappelons que celui-ci est mort en 33...

Quand on voit tous ces éléments, que peut-on dire d'autre, à part acquiescer à cette conclusion : "L'hypothèse d'un faux médiéval serait encore plus géniale que celle d'un dieu, vu le nombre de techniques modernes que le faussaire se devait de maitriser pour réaliser ce chef d'oeuvre. Un tel génie aurait réalisé le suaire, et personne n'aurait entendu parler des techniques révolutionnaires qu'il aurait utilisées ?"

Par Le chafouin - Publié dans : Religion
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Lundi 11 février 1 11 /02 /Fév 10:57
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Au cours du meeting de soutien à Ayaan Hirsi Ali, hollandaise de 39 ans, d'origine somalienne et menacée de mort aux Pays-Bas pour ses critiques de l'islam, Ségolène Royal a dit ceci (j'ai entendu ses mots sur France Info, je cite de mémoire) : "Les religions doivent s'adapter pour être compatibles avec la démocratie".

Un tel propos pose question. A partir de quand peut-on critiquer une religion? Celle-ci doit-elle être intangible, en-dehors de son époque, ou celle-ci doit-elle avoir prise sur elle? Le temps peut-il modifier le message des religions? Celles-ci, elles-mêmes, peuvent-elles critiquer la démocratie, critiquer leur époque?

Cette réflexion est cruciale pour l'avenir, mais n'en déplaise à Ségolène Royal, les religions ont préexisté à la démocratie et lui survivront sans doute. La question ne se pose donc pas tant vis-à-vis de la démocratie que du "monde" dans lequel nous vivons.

Je n'ai pas d'avis sur cette Somalienne, amie de Theo Van Gogh, le cinéaste déjà assassiné par les intégristes. Pierre Catalan a le sien, j'ai tendance à penser comme lui. Tout en ignorant, à vrai dire, tout de son histoire, de son parcours, hormis ce qu'on peut attendre dans quelques articles lus à la volée. Ceux qui menacent Ayaan Hirsi Ali sont des intégristes, des fous. Ils ne représentent pas une religion mais une idéologie. Mais peut-on attaquer une religion de manière aussi frontale? Est-on autorisé à dire que "la doctrine stricte de l'islam est incompatible avec une démocratie libérale"? Puisque personne n'a le droit de dire ce qu'est véritablement l'islam, en l'absence de magistère... Est-ce malin, d'aller provoquer des idiots?

Oui, l'excision est un crime. Oui la lapidation en est un. Oui, les injures qui sont faites aux femmes dans certains pays musulmans sont critiquables. J'ai du mal à saisir la justification du voile islamique. Mais ces maux proviennent-ils de l'islam, ou sont-ils culturels? Et qu'est-ce qui permet à Ségolène Royal d'étendre un propos destiné aux intégristes islamistes à toutes les religions?

Je ne suis pas musulman, je connais mal l'islam, ce qui rend les réponses difficiles. Ce qui me gêne, c'est cette référence à la "démocratie libérale", qui n'est pas un régime politique, comme nous l'avons vu la semaine dernière, mais plutôt un mode de vie, une façon de penser, un corpus de bienpensance. Une quasi-religion, de fait! Une religion qui nous dit ce qu'il est bon de penser ou pas.

Cette référence laisse à penser que les religions devraient se revêtir de "politiquement correct". Qu'elles devraient subir un nivellement par le bas. Elles ne devraient plus déranger personne. Parle-t-on de dogme, ou parle-t-on d'us et coutumes? La religion catholique, par exemple, doit-elle renoncer à certaines de ses croyances pour s'adapter à la "démocratie libérale"? Doit-elle accepter de se "moderniser"? De céder à l'air du temps, elle qui a une expérience millénaire? 

Allez, mettons les pieds dans le plat puisqu'on y est : l'Eglise doit-elle, par exemple, se taire sur la contraception? Se taire sur l'homosexualité? Se taire sur la "liberté sexuelle"? Se taire sur sa doctrine sociale? Elle a sur ces sujets une position tranchée que beaucoup contestent. Qui agace. Mais la "démocratie libérale" signifie-t-elle que tout doit être lisse? Qu'il ne doit pas y avoir de divergences?

Une religion qui s'adapte ne peut être qu'une mascarade. En muant, elle reconnaît qu'au fond, elle a eu tort! Vous imaginez Benoît XVI, nous dire ceci : "Ah, désolé les gars, notre message a changé, il a fallu l'adapter, on nous a mis la pression là..." Mais le message, s'il est divin, est immuable! Les rites, eux, peuvent changer. Mais le fond ne peut pas évoluer. Qu'on criminalise l'excision, pourquoi pas. C'est un crime contre la femme, donc contre l'humain, et donc contre Dieu, fatalement. Extrapoler sur les religions me paraît toutefois hasardeux.

Et puis, que les sociétés fassent pression sur les religions est amusant lorsque les premières prétendent interdire aux secondes de s'exprimer dans le champ public. La laïcité, ça marche pas dans les deux sens? Il faut se rendre compte de ce que Ségolène Royal demande aux religions. Non seulement, vous devez vous la fermer, mais en plus, vous allez devoir changer, s'il vous plaît! Et sans vous plaindre! J'aimerais, plus que tout, savoir ce que Ségolène Royal entendait par "s'adapter". Vraiment. Un désir d'avenir, peut-être?
Par Le chafouin - Publié dans : Religion
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Jeudi 17 janvier 4 17 /01 /Jan 14:49

Je rigole, je rigole. Pendant que certains trouvent absolument scandaleux que Nicolas Sarkozy parle de Dieu, que ce soit au Latran ou à Riyad, d'autres veulent ériger des statues de Lénine dans l'indifférence générale

Pendant que certains nous bassinent avec le caractère prétendument conservateur de Benoît XVI, qu'on ne cesse de tenter d'opposer à Jean-Paul II, d'autres ferment au nez du pape les portes de la Sorbonne romaine. Il y a de quoi, vraiment, s'interroger sur le fondamentalisme anticlérical.

Le pape a ainsi pris la décision, hier, d'annuler une visite qui n'aurait probablement pas pu se dérouler dans la sérénité. 67 professeurs (seulement) avaient ainsi écrit au recteur (qui avait invité le pape) pour lui demander de décommander la cérémonie. Et des étudiants avaient promis de venir troubler le discours.

Et le discours, justement, de quoi parlait-il? Les opposants s'en moquent. Ils parlent d'ingérences du pape dans la vie politique italienne. Ils évoquent Galilée, expliquent que Benoît XVI a estimé que son procès avait été "raisonnable et juste" lors d'une précédente visite à la Sapienza en tant que cardinal, en 1990. Zénit rapporte que cette polémique est justement fondée sur une interprétation erronée du discours de 1990, dans lequel Ratzinger avait défendu l'astronome et physicien... Il est tellement facile de déformer.

Où est la tolérance, où est l'intolérance, désormais? Comment peut-on prôner la liberté et la refuser aux autres? On peut très clairement faire le rapprochement entre cet épisode et la provocation honteuse de Frêche. Parce que Lénine comme Robespierre, influencés là-dessus par ce brave Jean-Jacques Rousseaux clamaient le tristement célèbre : "Pas de liberté pour les ennemis de la liberté".

Au fond, les anticléricaux, comme leurs amis laïcistes (je souligne le "iste"), que veulent-ils? Clouer le bec aux religions parce qu'elles les gênent. Renvoyer les questions religieuses à la sphère privée. Cloîtrer le pape au Vatican, pour qu'il ne s'adresse pas au monde.

Face à cette intolérance, face à cet autisme, les positions de Nicolas Sarkozy tranchent. Son interprétation d'une laïcité positive fait des remous, justement parce qu'on parle toujours des religions comme des menaces pour la Raison. Il serait grand temps de grandir et de sortir de cet anticléricalisme ridicule et archaïque qui tente de nous faire croire que les religions sont obscurantistes.

EDIT : la condamnation de cet incident par la presse italienne est unanime. Y compris celle de gauche. Il est intéressant d'en relever ceci, chipé sur le site de La Croix :

Avec l'annulation de la visite du pape, "c'est une caricature de la laïcité qui a gagné, une laïcité radicalisante, toujours prête à être anticléricale, qui veut uniquement écouter ses propres raisons", écrit le Corriere, quotidien au plus grand tirage en Italie, parlant de "défaite pour le pays".


Il est bon d'en tirer des leçons quant à notre propre vision de la laïcité. Cet épisode a d'ailleurs fait plus de publicité au Vatican qu'autre chose : à lire, le discours que Benoît XVI devait prononcer (il a été lu et applaudi à la Sapienza, en son absence), et qui contient des extraits savoureux sur ce plan là. Ils montrent que définitivement, un tel esprit ne peut être exclu du champ public.

"Ici, cependant, émerge immédiatement l’objection selon laquelle le pape, en fait, ne parlerait pas vraiment sur la base de la raison éthique mais tirerait ses jugements de la foi et ne pourrait donc leur donner une valeur pour ceux qui ne partagent pas cette foi. Nous devrons encore revenir sur ce débat, parce qu’il pose la question absolument fondamentale : qu’est-ce que la raison ? Comment une affirmation – surtout s’il s’agit d’une norme morale – peut-elle se démontrer rationnelle ? Pour l’instant, je voudrais seulement relever brièvement que John Rawls (...) voit un critère de cette rationalité entre autres dans le fait que de telles doctrines sont issues d’une tradition responsable et motivée, au sein de laquelle ont été développées de très longue date des argumentations suffisamment bonnes pour soutenir la doctrine en question. Dans cette affirmation, ce qui me semble important est la reconnaissance que l’expérience et la démonstration à travers les générations, le fonds historique de la sagesse humaine, sont aussi un signe de rationalité et de signification pérenne. Face à une raison anhistorique qui cherche à s’auto-construire seulement dans une rationalité anhistorique, la sagesse de l’humanité comme telle – la sagesse des grandes traditions religieuses – doit être reconnue comme une réalité que l’on ne peut pas impunément jeter dans la poubelle de l’histoire des idées.(...)

C’est toute la question de la recherche d’une justice normative qui puisse conduire à un ordre de liberté, de dignité humaine et des droits de l’homme. C’est la question dont s’occupent aujourd’hui les processus démocratiques de formation de l’opinion, et qui préoccupe en même temps comme questionnement pour l’avenir de l’humanité. Jürgen Habermas exprime un vaste consensus de la pensée actuelle lorsqu’il dit que la légitimité d’une charte constitutionnelle, qui est le présupposé de la légalité, provient de deux sources : de la participation égale de tous les citoyens, et aussi d’une “forme raisonnable” dans laquelle sont résolues les contradictions politiques.

Jurgen Habermas note que celle-ci ne peut pas seulement être le résultat d’une majorité arithmétique, mais doit se caractériser comme « un processus d’argumentation sensible à la vérité ». C’est bien dit, mais c’est très difficile à transformer en pratique politique. Les représentants de ce « processus d’argumentation » public sont, nous le savons bien, avant tout les partis, comme responsables de la formation de la volonté politique. Donc, ils auront immanquablement comme objectif de parvenir à la majorité, et s’occuperont inévitablement des intérêts qu’ils ont promis de satisfaire. Cependant, ces intérêts sont souvent des intérêts particuliers et ne sont pas vraiment pas au service de tous. (...)

 

La sensibilité pour la vérité sera toujours écrasée par la sensibilité aux intérêts particuliers. Je trouve significatif que Habermas parle de la sensibilité pour la vérité comme d’un élément nécessaire dans le processus d’argumentation politique, réinsérant ainsi le concept de vérité dans le débat philosophique et dans le débat politique.

 

Mais vient alors, inévitable, la question de Pilate : Qu’est ce que la vérité ? Et comment la reconnaître ?(...) Qu’est-ce qui est raisonnable ? Dans chaque cas, on s’aperçoit de manière évidente que, dans la recherche du droit de la liberté, de la vérité de la juste vie en commun, il faut écouter des instances autres que les partis et les groupes d’intérêts, sans du tout vouloir minimiser leur importance. (...)


Le péril dans le monde occidental – pour ne parler que de celui-ci – est aujourd’hui que l’homme, considérant la grandeur de son savoir et de son pouvoir, laisse tomber la question de la vérité. Et cela signifie, dans le même temps, que la raison se plie, pour finir, aux pressions des intérêts et à l’attraction de l’utilité, contrainte de la reconnaître comme le critère ultime. (...) La raison perd le courage pour la vérité et ne grandit plus, devenant ainsi plus petite. Appliqué à notre culture européenne, cela signifie ceci : si elle ne veut s’autoconstruire que sur la base du cercle de ses propres argumentations, et sur ce qui la convainc sur le moment, si préoccupée de sa laïcité, elle se coupe des racines qui la font vivre. Non seulement elle ne gagne pas en rationalité et en pureté, mais elle se décompose et se brise. (...)

Le pape "ne doit sûrement pas chercher à imposer aux autres la foi sur un mode autoritaire, elle qui ne peut être seulement donnée en liberté", mais "il est de sa mission de maintenir éveillée la sensibilité pour la vérité, d'inviter toujours à la raison à semettre à la recherche du vrai, du bien, de Dieu."
Par Le chafouin - Publié dans : Religion
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Lundi 14 janvier 1 14 /01 /Jan 13:45
Le problème n'est pas spécifique au Monde. De manière globale, si l'on excepte bien sûr La Croix, les médias racontent à peu près n'importe quoi sur les religions. Pourquoi? Parce qu'ils ne les connaissent pas et qu'il n'existe (presque) plus de journalistes spécialisés en la matière.

Au Monde, il y a Henri Tincq. Il est même spécialiste de la religion catholique. Ou même, encore, spécialiste dans le dézinguage systématique de tout ce qui, au sein de l'Eglise, est un peu trop proche du Vatican. Patrice de Plunkett parle régulièrement de ses approximations.

Aujourd'hui, on sera (ou pas) surpris de lire dans le célèbre quotidien du soir, sous la plume de Stéphanie le Bars (remplaçante temporaire à la rubrique?), un très bel article intitulé "Benoît XVI célèbre une messe empruntant au rite ancien".

Le résultat est très joli. On avait déjà démontré qu'en matière de rite et surtout quand il s'agit de latin, comme on l'avait vu en ce qui concerne le Motu Proprio, les médias s'embrouillent, s'emmêlent, pataugent complètementIci, cette journaliste nous explique ceci : "Célébrant la messe dominicale dans la chapelle Sixtine, à Rome, dimanche 13 janvier, le pape Benoît XVI a utilisé un autel ancien placé contre le mur, tournant à plusieurs reprises le dos aux fidèles, selon un rite qui n'avait plus été observé en public par un pape depuis le concile Vatican II (1962-1965)."

Tournant à plusieurs reprises? Dans la messe St Pie V, si c'est celle dont parle notre béotienne, on tourne le dos aux fidèles, mais pas seulement à plusieurs reprises.

Il y a mieux : plus loin, Le Monde indique que cette messe a été célébrée "en italien". Les messes St Pie V se déroulent en latin, si je ne m'abuse. Voilà pour les imprécisions. L'auteur parle d'un événement auquel elle n'a pas assisté, à partir de dépêches d'agence vaguement compilées. Erreur!

D'ailleurs, il suffit d'aller jeter un coup d'oeil chez Zénith pour lire la réponse du Vatican à ce sujet :

 

"Le pape a célébré l'Eucharistie à l'ancien autel situé au-dessous du Jugement universel, au lieu de faire installer au centre, sur une estrade, un autel supplémentaire, « pour ne pas altérer la beauté et l'harmonie de ce joyau architectural », explique une note vaticane.

Le pape s'est ainsi parfois retrouvé « le dos aux fidèles et le regard tourné vers la Croix, orientant ainsi l'attitude et la disposition de toute l'assemblée », tout en utilisant le Missel ordinaire, et non celui qui précède le Concile Vatican II."


Mais ça, les lecteurs du Monde n'auront pas le droit de le savoir!

Finalement, il n'est pas compliqué d'aboutir à la conclusion que cet article a un seul but : décribiliser le pape, et tenter de faire croire (comme Le Monde le fait depuis des mois et des mois) que le Vatican a basculé du côté de l'intégrisme, qu'il s'est allié aux Lefévristes. C'est un article à charge, sans aucun recul. Car côté commentaires fielleux, la journaliste n'est pas en reste. C'est drôle, parce qu'on croyait se rappeler qu'en école de journalisme, on apprenait à scrupuleusement séparer les faits des commentaires. Stéphanie le Bars, elle, adore confier son opinion dans ses articles. Celui-ci débute ainsi : "Faut-il y voir un nouveau signe adressé à la frange la plus conservatrice de l'Eglise catholique ? " Le ton est donné, ça y est, Benoît XVI est avant tout procès jugé coupable de conservatisme, l'horreur! Vous rendez-vous compte?

Plus loin : "Quelques mois plus tôt, en mars, le pape avait affiché des positions particulièrement conservatrices sur la vie et les rites de l'Eglise. Il y rappelait le caractère obligatoire du célibat des prêtres et l'interdiction de sacrements faite aux divorcés remariés". Des thèmes absolument pas conservateurs : tous les papes ont toujours, à toutes les époques, parlé du mariage comme un sacrement indissoluble. Quant au célibat des prêtres, on pourrait en parler des heures, mais on aimerait que ceux qui ne sont pas concernés par cette question (c'est-à-dire tous ceux qui ne sont pas catholiques) arrêtent d'exiger de l'Eglise qu'elle modifie une règle qui ne les concerne pas, ni de près, ni de loin.

On aimerait bien que Stéphanie le Bars publie un rectificatif après cet article partial, et surtout mensonger. On va demander. Mais on ne se fait pas trop d'illusions!

EDIT. - Ah, une petite précision sur les différences entre rites prétendument "ancien" et "nouveau". Je trouve cet extrait du site Eucharistie Miséricordieuse tout à fait éclairant sur ce point :

Le terme « ancien », évoque ici, bien sûr, la messe dite “de saint Pie V”. C'est-à-dire le rite “d’avant”, d’autrefois, celui qui est censé ne plus exister. Il aura échappé à Dame Chroniqueuse que le motu proprio de juillet 2007 – qu’elle évoque pourtant dans son papier – indique explicitement que s’il existe deux formes d’expression rituelle, l’une ordinaire, selon l’ordre de 1969, que l’on appelait jusque-là la “messe de Paul VI” ; l’autre extraordinaire, selon l’ordo de 1962, que l’on appelle désormais la “messe du bienheureux Jean XXIII”, il n’existe qu’un seul rite romain. Comme elle semble l’ignorer, cette dernière forme liturgique est celle qui a été suivie pratiquement pendant tout le concile Vatican II.

Or les deux formes liturgiques évoquées ont droit de cité dans l’Eglise, même si nombre de clercs ne s’en sont toujours pas rendu compte, ou ne s’y sont pas encore résignés. En sorte que ces deux formes liturgiques d’un seul et unique rite romain sont toutes deux actuelles. La dialectique entre un rite ancien et un rite nouveau n’est donc plus de mise, à la fois pour qui suit un peu l’actualité et pour qui sait lire un texte comme le motu proprio évoqué plus haut.

En tant que catholique, je me moque de ces histoires de rite... C'est du détail selon moi. Je pense que Dieu se moque d'être honoré en français, en italien ou en grec. Dans le même temps, je respecte ceux qui sont attachés à d'autres formes de prière. Que les médias et les incroyants, que ne cessent de se croire les plus tolérants du monde, viennent se mêler de cette soupe interne me laisse sans voix, surtout si c'est pour raconter des blablas!
Par Le chafouin - Publié dans : Religion
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Lundi 7 janvier 1 07 /01 /Jan 11:43
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Lu sur le site du Grand Orient de France, ce
communiqué (lire ci-dessous) du 12 décembre qui ressemble à un vaste canular : les francs-maçons s'inquiètent du poids du religieux en France et dans tout l'occident. Sans blague!

Ces gens-là ont le sens des priorités. Plusieurs remarques : 

- Je ne crois pas que le religieux revienne vraiment. J'ai toujours été frappé par le fantasme du poids du religieux. Franchement! qui écoute les religions aujourd'hui en occident, et plus particulièrement en Europe?Allez dans les églises le dimanche, vous verrez. Je parle des églises en non pas des mosquées, car le Grand Orient prétend parler de toutes les religions et vise en fait essentiellement le pape et les catholiques. Par exemple, il cite le "retour des indulgences plénières". Stupide! Celles-ci n'ont jamais cessé d'être accordées... Le Grand Orient parle de "l'écho favorable" accordé par le retour des religions dans les médias. Première nouvelle? Les religions sont sans cesse caricaturées dans les médias... qui ignorent globalement le fait religieux, faute de savoir l'analyser.

- S'il revient, peut-être que nos amis les maçons peuvent se demander pourquoi. Peut-être est-ce parce que leur modèle d'une société sans Dieu nous montre un visage franchement décevant?

- "L'homme libre" dont nous parle le Grand orient est sans doute celui qui a été le moins libre de toute l'humanité. Esclave de l'argent, esclave des machines, esclave de la télévision... On rejoint le sujet précédent sur la mondialisation. Le Grand orient croit que la liberté, c'est d'être vierge de toute influence idéologique. Sauf que la franc-maçonnerie elle-même est une idéologie! Et que personne ne peut vraiment s'estimer libre de toute influence. Les francs-maçons concluent en parlant de "déséquilibre persistant entre les pensées religieuses et les pensées agnostiques ou athées au détriment des dernières". C'est quoi au fait, une pensée athée? Est-ce pertinent d'opposer ainsi les pensées religieuses et athées? N'est-il pas possible de raisonner de façon indépendante au fait de croire en Dieu ou pas? De croire en un Dieu défini ou pas?

On peut s'étonner de tels clichés et de telles banalités sous la plume de gens qui se considèrent comme une soi-disant élite se prétendant héritière des Lumières... Et qui constituent en réalité une secte antidémocratique.


Texte du communiqué :
 
"Nous vivons actuellement — en France comme en Occident — une véritable révolution silencieuse caractérisée par un retour inquiétant du religieux. Sous l'assaut de courants et de doctrines les plus réactionnaires, voilà que l'Homme — moderne, postmoderne — nous est présenté pleinement épanoui grâce à la redécouverte du fait religieux.

Ainsi, lentement, assistons-nous au triomphe du sujet religieux, effaçant petit à petit le sujet politique, rationnel universel.

Ce tournant historique revêt les plus graves dangers. Les anti-Lumières sont entrain de prendre leur revanche.

Comment ne pas constater que les différentes églises et les différents clergés — toutes religions confondues — s'arrogent chaque jour de nouveaux droits. Devant la faible résistance des institutions démocratiques et républicaines en Europe, ils en réclament toujours plus.

Ici, il s'agit de moderniser une loi de 1905 soudain devenue archaïque ; Là encore, voir béatifier par le Vatican des victimes religieuses de la guerre Civile espagnole au moment même où cette grande démocratie tente avec courage d'examiner son passé douloureux ; ou encore récemment, assister au retour incroyable « des indulgences plénières » promises par le Pape Benoit XVI, aux pèlerins de Lourdes en 2008.

Tous ces signes nombreux ne sauraient tromper. Ils sont doublement inquiétants devant la faible résistance des institutions républicaines comme devant l'écho favorable que l'ensemble des médias leurs réserve.

Nous voilà en présence d'une véritable offensive intellectuelle et culturelle.

Le Grand Orient de France veut dire sa plus vive inquiétude devant ce déséquilibre persistant entre les pensées religieuses et les pensées agnostiques ou athées au détriment des dernières.

Qui ne voit que leurs vertus émancipatrices sonnent faux quand il s'agit de soumettre les Hommes à un ordre éculé et non de les libérer ?

Le Grand Orient de France appelle à la plus extrême vigilance face à cette offensive générale qui travaille contre l'émancipation des Hommes, contre leur Liberté. "
Par Le chafouin - Publié dans : Religion
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