Science

Vendredi 7 septembre 2007 5 07 09 2007 00:33
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Bientôt, on nous collera des gênes de mouche pour voir à 180°C. Vous verrez. Après dix mois de réflexion, et un refus initial du gouvernement Blair, la très sérieuse agence de biomédecine britannique (HFEA comme Human fertilisation and embryology authority) vient d'autoriser deux laboratoires à produire des embryons hybrides, des « cybrides », créés à partir d'une cellule humaine et d'un ovocyte de vache". La Grande-Bretagne emboîte donc le pas à la Chine, qui a autorisé la création d'embryons hybrides en 2003. On n'arrête pas le progrès, n'est-ce pas?

Les sorciers sont donc aux manettes. Comment ça marche, au fait? Rassurons-nous d'emblée, il n'est pas question de croiser un humain et un animal. On a évité le pire. Le principe reste cependant monstrueux. Il consiste à passer outre le faible rendement du clonage d'embryons (autorisé en GB) chez l'homme, en appelant à l'aide le monde animal. Selon le Figaro, "le principe de ces cybrides est d'obtenir un embryon « humain » selon le principe du clonage, mais en injectant le noyau d'une cellule humaine non pas dans un ovocyte féminin (difficile à obtenir) mais dans un ovocyte prélevé chez l'animal (de recueil plus aisé). À partir de ces embryons cybrides, des lignées de cellules souches peuvent être cultivées."

On parle de vache, mais aussi de brebis, de lapine... Avec en ligne de mire le sempiternel objectif : faire avancer la recherche sur des traitements contre des maladies telles qu'Alzheimer. Un prétexte pour faire passer la pilule?

Une condition est tout de même posée par l'agence de biomédecine : détruire l'embryon quatorze jours au plus tard après sa création. C'est à n'y rien comprendre, cette contradiction. Car soit l'embryon est une chose, un objet, et dans ce cas on se demande bien pourquoi on n'ouvre pas toutes les vannes. Pourquoi on n'autorise pas toutes les recherches, toutes les manipulations possibles et imaginables. Soit ce n'est pas un objet mais un être humain, ou du moins un être humain en puissance, comme le bourgeon vis à vis de la fleur. Et dans ce cas, pas touche!

Ces recherches sont d'autant plus étonnantes que, comme on le lit dans le Figaro sous la plume de Jean-Michel Bader, "la création de cellules souches à partir de cellules normales semble à portée de main : ce qui rendrait obsolète l'utilisation d'embryons". Libération, de son côté ignore ce genre d'argument. Le journal de Laurent Joffrin préfère aborder l'intérêt commercial de telles recherches : "Pour l’opinion publique britannique, le pas franchi n’est finalement pas si grand. Le pays où est né le premier bébé FIV a autorisé de longue date la recherche sur des embryons fécondés in vitro et non utilisés (interdite en France, sauf dérogation), puis la création d’embryons humains pour la recherche, puis, plus récemment, la création d’embryon humains par clonage – toutes choses proscrites dans l’Hexagone… Londres entend ainsi rester en tête des pays les plus avancés dans la recherche sur les cellules souches embryonnaires, dites si prometteuses."

Sous-entendu : qu'ont-ils à nous casser les pieds avec leur bioéthique, ces ringards de Français, alors que les intelligents anglais, eux, ne s'embarassent pas de scrupule et choisissent résolument le parti de la modernité. Qui est aussi celui de l'argent, d'ailleurs. Le Monde nous rappelle tout de même que de telles recherches ont été interdites aux Etats-Unis et en Australie.

Parfois, on se demande pourquoi personne ne réagit, personne ne dit stop. Pourquoi cette indifférence sur des questions aussi importantes. Qui touchent l'homme, qui touchent son statut, son identité génétique. Encore une fois, le Vatican, en la personne de Mgr Elio Sgreccia, président de l'Académie pontificale pour la vie, se retrouve seul à dénoncer un "acte monstrueux dirigé contre la dignité humaine". Mais n'est-ce pas ce qu'on devrait tous clamer? Réfléchissez. On va cultiver une cellule humaine dans un ovule de vache. Et vous trouvez ça normal?

"Si Dieu n'existe pas, tout est permis", écrivait Dostoïevski. On y est.

Par Le chafouin
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Mardi 14 août 2007 2 14 08 2007 13:09

Pour ceux qui sont en vacances et qui ont cinq minutes à perdre (ou à gagner, c'est selon), allez jeter un coup d'oeil, voire deux, sur cet article à la fois inquiétant et fascinant de la journaliste de Libération Marie-Dominique Arrighi sur son blog Consottisier. Relatant une expérience issue d'une étude menée par des chercheurs américains et publiée par la revue Archives of Pediatrics and Adolescent Medicine, l'article met en exergue l'influence de la publicité sur le goût des enfants. Ainsi, ceux ci seraient majoritaires à préférer un aliment empaqueté Mac Donald's, par rapport au même aliment placé dans un emballage neutre...

"S'ils ont choisi d'étudier les produits de cette marque, le plus gros annonceur aux Etats (la firme dépenserait un milliard d'euros par an en publicité), c'est aussi parce que 20 % des petits Américains sont obèses (une proportion qui a triplé en quarante ans), parce que l'OMS et la FAO ont estimé dans un rapport commun datant de 2003 que la publicité pour les aliments très énergétiques et le fast-food constitue une «cause probable» de l'augmentation du surpoids et de l'obésité parmi les enfants du monde entier.(..) Les chercheursestiment qu'une telle pub est «par essence déloyale» (inherently unfair), parce que «les moins de 7/8 ans sont incapables de comprendre les visées persuasives de la publicité». A noter qu'en France, McDo ne diffuse plus de spots télé dans les dessins animés du matin, quand les enfants sont seuls à regarder."

Et si on interdisait la communication politique à outrance, est-ce que... Non, là c'est du mauvais esprit.

Par Le chafouin
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Mardi 6 mars 2007 2 06 03 2007 15:05

Une dépêche étonnante de l'agence Associated Press. Selon elle, des chercheurs allemands ont réussi à prévoir les intentions de plusieurs individus pour des opérations simples. On ignore si l'expérience pourrait réussir pour des opérations plus compliquées, mais cette première est à la fois inquiétante et fascinante.

BERLIN (AP) - Lire dans les pensées ne sera peut-être bientôt plus de la science-fiction: un appareil d'imagerie cérébrale a permis à une équipe de chercheurs allemands de déterminer les intentions d'un individu, tout du moins lorsqu'il s'apprête à réaliser une tâche simple.

Les volontaires qui ne se doutaient pas une seconde que dans la pièce à côté, des scientifiques tentaient de lire dans leurs pensées, s'apprêtaient soit à compter (addition ou soustraction), soit à presser un des deux boutons à proximité.

Ces travaux, conduits par le Dr John-Dylan Haynes, du centre Bernstein de Berlin, ont débuté en juillet 2005. Bien que d'étendue limitée (seules 21 personnes ont été testées jusque-là), la recherche menée à l'Institut de la cognition et des neurosciences Max Planck à Leipzig (150 km environ au sud-ouest de Berlin), a suscité l'intérêt de la communauté scientifique.

Les chercheurs ont demandé aux participants de choisir entre additionner ou soustraire deux nombres quelques secondes avant que ces nombres ne soient visibles sur un écran. Dans cet intervalle, un ordinateur a retranscrit en images les mouvements cérébraux, de manière à prédire la décision, un modèle suggérant une addition, l'autre une soustraction.

L'équipe de Haynes a d'abord essayé d'identifier la partie du cerveau commandant les intentions. En scannant le cerveau, à la recherche d'une zone d'hyperactivité cérébrale observée lorsqu'un patient a à choisir, ils ont découvert que le centre de commande des intentions se situe dans le cortex pré-frontal. Ensuite, ils ont étudié quel modèle était associé aux différentes intentions.

"Si vous saviez quelles signatures de pensée chercher, vous pourriez en théorie prédire avec plus de précision ce que les gens vont faire", a estimé Haynes.

Pour l'heure, lire les pensées est un processus laborieux et les scientifiques n'ont aucune chance de pouvoir espionner subrepticement un processus de décision: l'étude de Haynes ne concerne que des gens face à deux alternatives, et non confrontés aux innombrables choix de chaque jour.

Mais les scientifiques font suffisamment de progrès pour inquiéter les défenseurs de l'éthique, la recherche étant déjà passée de l'identification des régions du cerveau dans lesquelles apparaissent certaines pensées à l'identification de leur contenu.

"Pour la première fois, ces technologies nous donnent la possibilité réelle d'aller chercher à la source ce que quelqu'un pense ou ressent, sans qu'il puisse nous en empêcher", a déclaré le Dr Hank Greely, directeur du centre Loi et Sciences biologiques de l'Université de Stanford. "Le concept même de garder ses pensées privées pourrait être profondément modifié dans le futur", a-t-il jugé.

Certains s'inquiètent déjà de la portée de ces découvertes qui, à l'image du film de science-fiction "Minority report", pourraient inciter les autorités à agir contre des individus avant même qu'un crime ait été commis. Les Britanniques ont déjà mis en place un fichier ADN qui pourrait aider les autorités à suivre les personnes jugées violentes. De plus, le gouvernement a lancé l'idée de détenir les gens présentant un trouble de la personnalité susceptible pourrait conduire à un comportement criminel.

Malgré toutes ces craintes, Haynes voit pour l'instant des applications pratiques bien plus innocentes. Comme de participer au perfectionnement de machines déjà existantes, capables de répondre aux signaux cérébraux et qui permettent ainsi aux paralysés de changer de chaîne de télévision ou de surfer sur Internet. AP

Par Le chafouin
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