International

Lundi 8 décembre 2008

Nicolas Sarkozy a donc finalement eu le courage de rencontrer le dalaï-lama en dépit des menaces insensées de la Chine, qui ose parler d'arrogance et menace ouvertement la France de représailles commerciales.

Selon Challenges, "Le Quotidien du peuple, organe du Parti communiste chinois, estime ainsi qu'"inévitablement il y aura un prix important à payer pour une provocation aussi fourbe sur une question qui tient à l'unité nationale de la Chine et ses intérêts vitaux". Le China Daily estime lui que "l'arrogant président français" ne pourra que s'en prendre à lui-même si les ventes de produits français baissent en Chine, et qu'il "l'aura bien cherché"."

Sarkozy a eu également eu le courage d'affirmer haut et fort qu'il était "maître de son agenda", pour répondre à ceux l'ire des autorités chinoises, qui contestent cette "intrusion dans les affaires intérieures chinoises". Le Dalaï-Lama, de son côté, a félicité le président français pour sa "fidélité à ses principes".


Encore une fois, la France semble être la seule à payer le prix de ce type d'engagement et de "fidélité", comme au temps de l'impossible débat autour du boycott des JO de Pékin. En France, on aime bien ces élans de romantisme, qui nous rappellent que nous sommes un pays chargé d'histoire, le pays des droits de l'homme, si ce mot a un sens. Ces élans d'universalisme aussi, puisque la France n'a toujours pas rompu avec ce vieux rêve de convertir le monde entier à notre façon de voir les choses. Quand bien même en l'occurrence, il ne s 'agisse pas d'un discours musclé sur les droits des opposants chinois, mais juste d'une rencontre, somme toute très symbolique!

Disons-le tout net : je ne suis pas expert en diplomatie, ni en stratégie internationale. Je ne suis pas sûr qu'il s'agisse de la bonne option. Mais j'aime ces élans. J'aime être fier des faits et gestes internationaux de mon président, et je l'ai été hier, une fois n'est pas coutume.

J'aime que tout ne soit pas calculé en fonction d'enjeux économiques. J'aime qu'on torde parfois le cou à la realpolitik, que d'autres valeurs soient mises en avant, que tout ne soit pas que profit et prospérité. Je me demande cependant où est le lézard ici, car il est très rare que Nicolas Sarkozy agisse au nom de "principes". En a-t-il seulement?

En revanche, il se confirme que je n'aime pas l'arrogance de la Chine, sa prétention à vouloir faire taire tout opposition y compris en-dehors de ses frontières. Sa propension, même, à vouloir faire taire y compris les ressortissants des pays étrangers. Sachant que de toutes manières, ses propres citoyens n'en auront pas connaissance. Bientôt, la Chine voudra que même dans notre esprit, on ne conteste pas sa politique?

Quand le monde aura compris que les produits chinois sont de mauvaise qualité, comme on le voit de façon de plus en plus évidente, quand on se tournera vers d'autres marchés plus "sûrs", les Chinois cesseront peut-être de faire les malins.

(Ce billet est bien évidemment dédicacé à Cilia, qui l'a ardemment demandé : j'ai fini par céder, faible que je suis)

Par Le chafouin
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Mercredi 5 novembre 2008
Aujourd'hui, c'est Obama dans tous les médias, Obama sur tous les blogs. Chacun s'improvise expert politique américain! Yeah, vive Obama! Champagne! Yes, we can! Mais we can quoi, au fait?

Après la fameuse blague du syndrôme Bradley, que tout le monde a répétée en choeur (impossible qu'un noir soit élu dans ce pays secrètement raciste!), on nous fait maintenant le coup de l'espérance pour un nouveau monde, un monde qui va changer, et un monde enfin multipolaire, un monde où l'Amérique consultera ses alliés et cessera de ne penser qu'à elle. Sans blague! Comme si en 2007, Sarkozy n'avait pas lui aussi dit qu'il serait le président du changement.

Vous en connaissez un, vous, un candidat qui ne promet pas de changer un peu les choses?

Alors moi, ça m'amuse. Je le dis sans fard : les Etats-Unis, je n'y connais rien. Ou du moins, pas assez pour prétendre analyser les causes et conséquences de ce vote prétendument "historique" (pour parler d'histoire, il vaut mieux attendre quelques années, ça évite de dire des bêtises), comme le font de nombreux blogs dans mon agrégateur, qui répètent chacun à leur tour les poncifs et clichés déjà publiés dans les médias. L'obamania, je m'en méfie car c'est un mouvement de foule.

Ah si. Il y a quand même des articles intéressants et qui tranchent sur le discours ambiant : allez lire par exemple l'ami Xerbias, qui chafouine lui aussi et voit en Barack Obama un nouveau président blanc.
Par Le chafouin
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Lundi 27 octobre 2008

"Pour ma part, je serais américain, je voterais McCain ! Rien que pour faire chier !"

Le propos est d'Autheuil. Je trouve la phrase excellente, provocatrice à souhait, et je pense que j'agirais de même si j'avais ma carte d'électeur américain. Il y en a un peu assez de cet unanimisme béat et de cette béatification permanente de Barack Obama, qui a entendre certains, est quasiment déjà thaumaturge.

Il y a un certain manichéisme à voir en Mc Cain le mal absolu, alors qu'il n'est pas la copie conforme de Bush, qui laisse un bilan catastrophique. Et surtout, il est très désagréable de voir de quelle façon les médias couvrent cette campagne, comme je l'avais déjà dit en janvier : on confond désir et réalité. Et on érige un des candidats en "gentil", et l'autre en "méchant". C'est très Français! Et excessivement pratique : le méchant, c'est Bush. Bush est républicain, donc le gentil, c'est le démocrate. Comme ça, on évite de réfléchir.

Hier soir, dans l'émission Mots Croisés, Roger Cohen, éditorialiste au New York Times, appelait, pour plaisanter, les journalistes européens et en particulier les Français, à venir s'installer deux mois à Kansas City plutôt que de couvrir les élections de New York ou Washington. Histoire de tâter le pouls de la société américaine et de nous faire comprendre les véritables enjeux de cette élection. Ceux-ci sont plus importants que la nullité supposée de Palin, le "les fondamentaux de l'économie américaine sont bons" de Mc Cain, ou le fait qu'Obama soit métis. Au passage, l'émission de Calvi a tranché sur cet unanimisme : on a entendu Hubert Védrine dire que selon lui, "les deux candidats sont bons"...

Le plus important dans tout cela, c'est qu'on sent un certain bonheur, en France, au vu de l'évolution des sondages et de l'approche du résultat. Enfin, on tient le bon bout, on a soutenu le "camp des gentils" et celui-ci est en passe de l'emporter! On n'arrive plus à se retenir. Comme pour John Kerry en 2004, qui devait balayer Bush. Comme pour Jospin en 2002, qui devait l'emporter haut la main. Comme pour Balladur en 1995, qui devait enterrer Chirac. Comme pour Raymond Barre... bon, arrêtons-nous là, ça devient indécent!

Les nouvelles pythies ont un gros handicap, c'est qu'elles doivent "vendre" leur sujet (un noir à la Maison-blanche, c'est plus fun qu'un vétéran du Viet-nam) tout en respectant un principe de base dans leur prédiction : a priori, tout ce qui est à droite est suspect.

Par Le chafouin
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Jeudi 11 septembre 2008

Ceux qui affirment haut et fort que l'idiot du village, Jean-Marie Bigard, a été malmené pour les propos de comptoir qu'il a tenus sur les attentats du 11-Septembre doivent un peu réfléchir : non, messieurs-dames. Ce cher M. Bigard a parlé librement, il s'est planté, et il a reçu un juste châtiment, c'est-à-dire une volée de bois vert médiatique.

Il n'a pas fait l'objet d'une plainte, n'a pas été convoqué en justice (j'en connais d'autres qui sont déférés à la moindre incartade), n'a pas été arrêté, il n'y a pas eu d'émeutes devant sa maison. Il n'a pas été inscrit dans le fichier Edvige, n'a pas été placé sur écoute, n'est pas filé par la CIA.

Soyons donc clairs : on doit toujours être libre de tenir ce genre de propos, ce qui est valable pour ce cuistre de Bigard, mais ensuite, il faut assumer. Une Marion Cotillard doit pouvoir s'épancher sur ses thèses conspirationnistes et ridicules, sans que cela porte atteinte à sa carrière et sans être démolie outre-Atlantique. Mais il ne faut pas qu'elle s'étonne si ensuite, on la prend pour une cruche.

D'ailleurs, l'est-elle seulement? Est-on si coupable de se délecter devant ces films, sur Dailymotion ou You Tube, visionnés plusieurs centaines de milliers de fois, et qui nous font un bien fou, car ils contentent notre instinct parano qui nous incite à nous méfier du pouvoir et à systématiquement penser qu'il nous ment?

C'est un des dommages collatéraux du relativisme : il y a tellement de sources d'informations qu'on ne sait plus qui ou quoi croire. On voit tellement d'images que tout se brouille dans notre tête, qu'on peut croire les thèses les plus folles parce qu'elles se présentent sous les atours du documentaire scientifique et contradictoire. Surtotu quand on est au pays de l'anti-américanisme primaire...

Or quand on regarde ces films, que voit-on? Des interviews de soi-disant victimes (on en saura jamais s'ils ont déjà mis les pieds à New York) ayant entendu des explosions dans les tours. Des interrogations sur la chute de la tour 7 (la troisième), sur le mode "un building de cette taille ne s'est jamais écroulée suite à un incendie, na" (et avant d'être opéré de l'appendicite, je ne l'avais jamais eue), alors même qu'une enquête vient de montrer que le feu était bien la cause de son effondrement. Des inepties sur le Pentagone : "ils ne montrent pas les images vidéos, c'est louche", ou pire, "on voit bien que c'est une trace de missile, pas d'avion", ce qui laisse songeur car la plupart de ceux qui s'expriment ainsi n'ont aucun diplôme en ballistique... Le pompon, si j'ose dire, est remporté par ceux qui assurent que certains terroristes censés être morts dans les attaques sont en fait bien vivants! Mais oui, je les ai croisés dimanche à la boulangerie, pas vous? 

Ce qui est étonnant, au fond, ce n'est même pas que ces thèses fleurissent, car c'est quasi-incontournable. Non, ce qui est surprenant, c'est la force de conviction de ceux qui la professent. Ils sont per-su-a-dés. C'est bien ça, le problème...

Quant à moi, en ce jour anniversaire de ces sinistres attentats, je continue de croire, faute d'avoir été convaincu du contraire, à la thèse officielle : ce sont bel et bien des satanés extrémistes musulmans qui ont balancé des Boeing dans ces Tours. Et toc.

Et tous les petits malins à la science infuse, qui s'étonnent ou qui tirent argument de la non-réaction des Etats-Unis, ou de leur inertie ce jour-là, se rappeleront peut-être qu'avant cette date, personne n'aurait jamais imaginé qu'une chose pareille puisse arriver...

Par Le chafouin
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Vendredi 29 août 2008

De quelle légitimité dispose l'Occident dans le bras-de-fer étonnant qu'il a engagé avec la Russie? Et surtout, de quelle crédibilité? A force de défendre ses intérêts en se parant d'une morale à géométrie variable, ses arguments juridiques comme politiques ne tiennent plus, preuve d'un affaiblissement considérable de l'influence des pays de l'Otan. 

La loi du plus fort s'applique assez bien en matière de relations diplomatiques, basées sur un soi-disant droit international qui n'existe que dans l'imagination de quelques idéalistes dont la plupart besognent à l'ONU. Et dans celle des profs de droit. Alors que les Etats-Unis haussent le ton vis-à-vis de la Russie, qui a reconnu officiellement comme Etats indépendants les territoires géorgiens sécessionnistes de l'Ossétie du sud et de l'Abkhazie, hier, Bernard Kouchner envisageait l'hypothèse de sanctions européennes contre l'ancien empire des Tsars. On aimerait savoir de quelles sanctions on parle, pour rire.

Sans vouloir donner raison aux Russes (peut-on avoir raison ou tort en la matière?), ceux-ci ne font que défendre leur sphère d'influence, après avoir été titillés pendant  des années en Europe de l'Est et dans le Caucase par des Américains un peu trop gourmands, qui ont cru trop vite que la fin de la guerre froide leur donnerait les mains libres sur toute la planète. Après avoir un tantinet chatouillés dans leur orgueil national par les ralliements systématiques à "l'ouest", l'installation de bases militaires dans leurs anciens satellites... On pouvait lire à ce sujet une très bonne analyse dans le dernier numéro de Marianne, l'hebdomadaire estimant que la guerre froide étant terminée et bien terminée, en dépit des fantasmes, le monde en était revenu "à ce qui a toujours fait l'histoire avant les idéologies : l'affrontement des grandes puissances, leurs rivalités économique et leurs aires d'influence, leur affrontement à leurs marches, et parfois, leur choc frontal, lorsque leurs opinions s'enflamment et que la raison s'épuise dans leurs capitales".

Parler de la Russie comme d'une "hors-la-loi internationale", comme le fait Kouchner, évoquer des sanctions pour la punir, est donc d'un grotesque inimaginable. Quid des sanctions contre les Etats-Unis après l'invasion illégale de l'Irak? Quid des sanctions contre les pays de l'Otan ayant bombardé la Serbie et fait tomber Milosevic en 1999? Quel est ce deux poids, deux mesures, consistant à revendiquer l'intégrité territoriale de la Géorgie sur le droit des peuples ossètes et abkhazes à disposer d'eux mêmes, alors qu'on avait tenu le discours diamétralement opposé en direction du Kosovo l'année dernière? Il ne faut pas se plaindre de conséquences incontrôlables, une fois qu'on a ouvert la boîte de Pandore des nationalismes.

Surtout, il est très imprudent de se revendiquer d'une forme de morale universelle, quand de fait, on ne l'utilise qu'à son unique avantage, en en refusant systématiquement aux autres le bénéfice. Je n'irais pas jusqu'à affirmer, comme le fait brillamment Malakine, que l'Occident se cherche là un nouvel ennemi, afin de masquer à son peuple ses propres turpitudes, quoique la thèse soit séduisante.

 La véritable question est : l'Occident a-t-il les moyens de ses ambitions? Peut-il continuer à dire ce qui est bien ou pas, en se voilant la face sur sa propre puissance? Peut-il se permettre une opposition frontale avec le premier producteur mondial de pétrole et grand fournisseur de gaz?

Il y a tout à parier qu'en dehors des gesticulations de Bernard Kouchner et Condoleeza Rice, cette histoire de sanctions, probablement d'origine polonaise ou balte, ne soit qu'une grosse blague destinée à montrer les muscles. A répondre à Dmitri Medvedev, qui assurait lundi que le cas géorgien devait constituer "un avertissement pour tous". Et à éviter ainsi une contagion à la Moldavie (Transnistrie), à l'Ukraine (Crimée).

L'Histoire jugera, bien sûr. Mais jusqu'ici, la morgue occidentale ne semble pas bien plus convaincante que celle qui avait été déployée au sujet de la Chine et du Tibet.

Par Le chafouin
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Jeudi 3 juillet 2008
Je ne voulais pas écrire sur la libération d'Ingrid Bétancourt après 2321 jours de détention. Tout a été dit, le tourbillon médiatique va durer des jours et des jours, tout emporter sur son passage, on n'a pas fini d'en souper, et quand ce sera fini, on sera soulagé.

Je ne voulais pas écrire sur cet événement dont l'ultra-médiatisation totalement disproportionnée est un mystère qui me dépasse : on en a tellement dit dans le passé, on a tellement organisé de soutiens bidons et d'affichages grotesques sur les mairies et les maisons de quartier, qu'on est bien obligé d'en faire des tartines sur la fin de l'histoire. Surtout s'il s'agit d'un happy end.

Je ne voulais pas écrire, car je sentais bien que j'allais chafouiner alors qu'il s'agit pour une fois d'un fait heureux.

Et puis en faisant le tour des infos (médias et blogs) sur le sujet, j'ai été saisi de sentiments très partagés. J'ai été d'abord agréablement surpris par les premières déclarations, très sobres et très émouvantes, d'Ingrid Bétancourt. Ses mots sur Dieu, ses prières en direct. J'ai été impressionné par le tour de force de l'armée colombienne, par l'incroyable réussite de ce scénario de cette libération culottée.

Et puis on se prend dans la figure la bizarrerie de l'esprit humain, qui est capable dès les heures qui suivent de se chamailler sur la paternité d'une telle opération, sur les mérites de chacun. Alors qu'il paraît évident pour tous que la France a été aux premiers postes ces derniers mois, c'est bien la solution préconisée par Alvaro Uribe envers et contre tout, autrement dit la force, qui a fonctionné. Tout le monde est d'accord là-dessus.

Eh bien tant mieux!

Pourquoi aller plus loin? Pourquoi Bertrand Delanoë, tout de suite, déclare qu'il ne faudra "aucune récupération politique" de l'événement? N'est-ce pas déjà une forme de récupération, de mesquinerie, que de sous-entendre que Sarkozy va chercher à s'en attribuer les mérites?

Pourquoi, tout de suite, des blogs de gauche, admirateurs de Hugo Chavez, en profitent pour taper sur Nicolas Sarkozy et scander qu'il n'est pour rien dans cette libération? Sous-entendu : il ne devra bénéficier en rien des effets positifs de l'événement. Horreur! L'ennemi juré pourrait en retirer des miettes! Comme dit avec beaucoup de finesse mon comparse Seb, "eux qui n'attendaient qu'une phrase de gloire personnelle pour fusiller "El Presidente" à bout portant, comme tous les jours, souvent. Orphelins, ces derniers se satisfont comme ils peuvent en rappelant bien l'inutilité de Sarkozy dans cette affaire."


Surréaliste! Je n'irais pas, comme Koz, jusqu'à dire que "le contrat est rempli" pour Nicolas Sarkozy, qui dès le premier discours de son mandat, avait fait de la libération des otages bulgares et colombiens une priorité de son action... Mais n'est-il pas injuste de lire des réactions comme celle de Diner's Room, qui lui aussi tombe dans le piège en affirmant que le président français n'a rien fait d'autre que d'accompagner de ses voeux cet heureux dénouement...

Mesquineries! Partialité. Même Marie-George Buffet, même Jean-Maire Le Pen, même Dominique de Villepin, même Jean-Marc Ayrault ont salué le rôle de Nicolas Sarkozy (et de Jacques Chirac, d'ailleurs...) dans cette affaire. Et l'Elysée ne récupère rien, puisque Claude Guéant lui-même admet que la France n'a joué aucun rôle actif dans le sauvetage de l'otage. Il n'y a que la Maison Blanche qui cherche à se faire mousser.

Et excusez du peu, la venue en France d'Ingrid Bétancourt, qui s'annonce rapide, montre bien qu'elle-même n'a pas jugé que l'Hexagone avait fait preuve d'inertie ces dernières années. Mais cela fait peut-être mal à certains de le reconnaître. Ils n'arrivent pas à faire la distinction entre Sarkozy et le chef de l'Etat français!
Par Le chafouin
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Mardi 15 avril 2008
"Pour un monde meilleur", l'idée de punaiser ce badge sur le torse des athlètes français à Pékin avait fait rire tout le monde en France. Mis à part David Douillet, qui est tellement hors de ses gonds que les Chinois sont les seuls à lui chercher noise.

Car il est difficile de faire plus consensuel mou et politiquement correct que ce slogan mièvre, fade, qui me fait penser à ces héros des temps modernes qui s'affirment sans rire "contre la guerre", "pour la paix", que "tout le monde s'aime" et qu'il n'y ait "plus de faim dans le monde". Ben ouais. Tout le monde est pour un monde meilleur, même Hu Jintao.

Visiblement, c'est encore trop pour le patron du comité national olympique français, Henri Sérandour, qui déjà, après le passage mouvementé de la flamme à Paris s'était fait remarquer par son courage héroïque et son laïus sur l'idéal olympique, selon lui mieux défendu par la Chine totalitaire que par nos manifestants, fussent-ils gauchistes.

Henri Sérandour n'y va pas par quatre chemins : il "interdit" carrément aux sportifs de l'arborer aux J.O.! Forbidden! L'argument : la charte olympique interdit toute "manifestation tangible de quoi que ce soit" (. Ce qui ne veut strictement rien dire (hurler de joie après une victoire au 100 mètre est une manifestation tangible de quoi que ce soit) mais on imagine que cela désigne les gestes à caractère politique. D'après lui on ne s'en sort pas si chacun y va de sa cause. Pourquoi pas, en effet, un badge contre la fonte des glaces, un autre pour la libération d'Ingrid Bétancourt, un autre contre les fourrures animales et un dernier contre la candidature de François Hollande en 2012?

Le même Sérandour, quelques jours plus tôt, le 11 avril, signait pourtant une tribune dans Le Monde où il disait soutenir la démarche : "Le Comité national olympique et sportif français (CNOSF) s'est associé à cette initiative car elle est synonyme d'espérance et de croyance au progrès de l'humanité", écrivait-il alors.

Ce n'est pas grave! La cohérence n'est pas une valeur olympique.

Peu importe que le message porté par ce badge soit proche du néant : ce qui compte, c'est de ne pas hérisser le poil de Chinois déjà trop agacés par la France.

C'est quand même dingue d'en arriver à soutenir ce badge idiot. L'idée de Robert Ménard (un badge avec le caractère chinois signifiant liberté) était bien plus séduisante.

J'en propose un autre : "la France aime le PC Chinois". Cela pourrait passer, là?

P.S : le gant noir arboré par deux athlètes américains aux J.O. de Mexico, c'était en accord avec le C.I.O?
Par Le chafouin
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Mardi 8 avril 2008
Suite au parcours mouvementé de la flamme olympique, hier à Paris, nos brillants esprits du Comité International Olympique ont compris que partout dans le monde, ou presque, il y aurait de telles manifestations de soutien au Tibet, d'hostilité à la dictature chinoise et de revendications pour les droits de son peuple.

Et plutôt que de remettre en cause leur choix ubuesque, les membres du CIO ont trouvé une meilleure solution : ils envisagent de mettre un terme au parcours international de la flamme!

Ben tiens. C'est vrai, quand un problème se pose, le plus pratique est toujours de couper court à ses conséquences. Vous ne voulez plus de chômage? Supprimez les chômeurs! Plus de grogne dans les rues? Fermez-les!

Tout à l'heure, sur France Info, on pouvait entendre Henri Sérandour (membre français du CIO) justifier une telle mesure par l'incurie des manifestants à rester calmes. Par leur indignité : ils ont osé toucher à la flamme, véritable dieu des temps modernes! Ce sont eux, et non le CIO, qui sont responsables de la situation actuelle. On aura tout entendu. Les 115 affairistes du comité olympique font la morale à des milliers de manifestants! Tout est bon pour gagner quelques yens de plus, décidément.

Contrairement à ce que le CIO croit, ces manifestations ne portent pas atteinte à l'image des jeux. Ne confondons pas tout. C'est tout l'inverse. Le ministre des affaires étrangères chinois se permet même de dire que ces activistes "ternissent le grand idéal olympique"!

Il y a un moment où l'idéal olympique tels que le voient ces officiels, on a envie de lui dire zut. De marcher dessus, de lui donner un grand coup de pied dans le derrière. L'idéal olympique selon eux, c'est un ensemble de principes mous qui nous conduisent à l'hypocrisie, à ces badges "pour un monde meilleur" ridicules qui ne signifient rien.

L'idéal olympique, on ne peut s'arc-bouter dessus pour lui faire dire n'importe quoi. L'idéal olympique ne serait sûrement pas d'accord pour approuver la politique répressive chinoise à l'égard des cyberdissidents, des tibétains, des catholiques, de ceux qui veulent avoir deux enfants, des enfants qui travaillent, des ouvriers qui nous fabriquent nos tee-shirt pour pas un rond.

Plus il y aura de manifestations de ce genre, et plus l'indignation internationale a de chances d'arriver aux oreilles de tous ces opprimés. L'idée n'est pas de nuire à la Chine, ni de la combattre, mais de faire comprendre au peuple chinois que l'occident, que le monde entier ne se résume pas aux entreprises qui viennent commercer avec la Chine avec leurs oeillères en ne voyant que les yuans à gagner.

Edit. Les avis divergent d'Authueil à Toréador en passant par Lomig, Nicolas ou encore Seb.
Par Le chafouin
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Vendredi 4 avril 2008
 Nulle volonté ici de commenter sur le fond l'envoi de troupes en Afghanistan, ce pays qui comme rappelle mon petit Nicolas, nous donne assez de fil à retordre côté orthographe pour qu'on se croie suffisamment qualifié pour décrypter sa situation réelle.

J'ignore donc si ce bataillon supplémentaire (entre 800 et 1 000 hommes) a un intérêt opérationnel, même si on peut l'imaginer. On ne risque pas la vie de soldats pour rien, surtout en France où on n'en a pas tant que ça et où le service militaire s'est transformé peu à peu en analyse de programme télé.

On peut en revanche s'interroger sur les accusations d'atlantisme formulées par l'opposition, qui a trouvé là un excellent moyen pour faire parler d'elle autrement que pour ses luttes intestines.

Déjà, on peut se gausser de ce que ce mot soit devenu un gros mot. L'atlantisme, c'est le crime de lèse-de Gaulle. C'est le pire mal qui soit dans notre pays fondamentalement anti américain. Pour beaucoup de gens, USA = Bush = méchant = pas bien. Cela peut aussi faire penser à "espèce d'impérialiste", qui était l'insulte favorite de nos bons amis les Soviétiques. Au fond, on se demande pourquoi les Etats-Unis devraient représenter le mal absolu à combattre par dessus tout. L'exception culturelle française, c'est bien, notre indépendance aussi, mais il y a un moment où il faut mûrir et choisir son camp. Le nôtre, n'est-ce pas l'Occident? Il y a peut-être un juste milieu entre la défiance et le suivisme béât.

Ensuite, on peut se demander si cette décision sarkozienne est ou non un geste atlantiste. Rappelons qu'en 2001, le PS était aux affaires (avant de se faire renvoyer manu militari quelques mois plus tard) lorsque nos troupes avaient été envoyées en Afghanistan. Souvenez-vous! C'était l'époque où nous étions "tous américains" après les attentats du World Trade Center. On a entendu personne, à l'époque, nous seriner qu'il était immoral de suivre les USA là-bas.

Non, car après le 11-septembre, l'émotion nous obligeait moralement. Aujourd'hui que l'émotion a disparu et que le dernier chic est même de nier en dépit de tout bon sens jusqu'à l'existence de ces attentats, on a beau jeu de vouloir refuser des renforts.

De deux choses l'une : soit on accepte l'idée de départ, et on se donne ensuite les moyens des enjeux afghans, à savoir neutraliser ces dingues de talibans, soit on se pique d'indépendance et dans ce cas on ne surfe pas sur la vague solidaire et on reste chez soi.

Tout en sachant bien sûr que derrière l'arbre afghan, se cache la forêt otan, puisqu'il n'a échappé à personne que Nicolas Sarkozy envisageait de faire revenir la France dans la structure militaire intégrée de l'organisation, quittée en 1966.

A ce titre, cette citation du président (source : rue 89) est éloquente : "J’ai d’abord voulu situer, franchement et nettement, et là est la première rupture, la France au sein de sa famille occidentale. (...) En se plaçant clairement dans sa famille occidentale, la France, et c’était mon objectif, accroît sa crédibilité, sa marge d’action, sa capacité d’influence à l’intérieur comme à l’extérieur de sa famille. D'ailleurs, comment espérer avoir de l'influence sur sa famille politique si, dans le même temps, on n'y a plus sa place ou si les membres de cette famille politique se méfient de vous? La capacité d'influence de la France sur sa famille occidentale tient à la clarté de son engagement et de ses choix."

Cela signifie-t-il pour autant être le caniche des USA? Cela sous-entend-il un alignement  inconditionnel?

Eternel débat entre ceux qui veulent peser de l'intérieur, et ceux qui veulent rester "propres" et les mains libres, de l'extérieur, sans se compromettre
. Les relations internationales ne sont-elles pas justement des échanges où l'idéalisme n'est pas de mise? Ou le pragmatisme doit présider? ou il faut éternellement composer, discuter, reculer pour mieux sauter?

Rappelons cependant à toutes fins utiles que les socialistes, qui estiment pouvoir faire cavalier seul, sont toujours ceux qui veulent diminuer le budget de la Défense, en bons pacifistes bêlants. Belle indépendance qu'ils nous promettent.
A cet égard, cette blague belge m'a toujours fait rire : "Pourquoi les Français ont-ils choisi le coq comme emblème? Parce que c'est le seul animal qui est capable de chanter les pieds dans la m...".

Tâchons de toujours garder à l'esprit la débâcle de 1940. A vouloir être grand, fort mais seul, on se retrouve occupé par l'ennemi.
Par Le chafouin
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Jeudi 3 avril 2008
On se demande pourquoi les médias nous tiennent informés quasiment heure par heure de l'avancée de la mission humanitaire envoyée par la France, l'Espagne et la Suisse pour sauver Ingrid Bétancourt.

L'initiative paraît sensée, mais le manque de discrétion à son sujet ne risque-t-il pas de tout gâcher? On a su que l'avion avait décollé. On a été mis au courant de la composition de l'équipe médicale. Il nos manque les certificats de vaccination du pilote et l'âge de la mère de l'infirmière, mais sinon tout y est.

Je serais Manuel Marulanda, le patron des Farc, je serais passablement agacé par cette pression dans un domaine où il vaut mieux que les choses demeurent sereines et apaisées. N'oublions pas que les terroristes colombiens doivent déjà être un peu sur les nerfs suite à l'élimination de leur n° 2, Paul Reyes. D'ailleurs, ils n'ont pas répondu aux appels publics de Nicolas Sarkozy, mardi soir. Ni à la proposition française d'accueillir sur notre sol les terroristes libérés par Bogota (on a déjà ceux d'Action directe...).

A moins que cette médiatisation soit un moyen de montrer qu'on a tout tenté, et qu'il ne peut rien nous être reproché?
Par Le chafouin
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Mardi 25 mars 2008

Comme Koz, mon netvibes est quasi-vide de réflexions au sujet d'un possible boycottage (Pierre Assouline assure que c'est la version française de "boycott") des Jeux Olympiques de Pékin. Le sujet est pourtant intéressant en soi. Mais le problème, c'est qu'il fait partie de ces faux débats impossibles à trancher. Qui peut prétendre apporter une réponse globale sur ce sujet?

Pourquoi un faux  débat? Parce que ni le boycottage, ni le silence ne sont satisfaisants. Parce que la discussion a lieu maintenant, c'est-à-dire beaucoup trop tard et dans de mauvaise conditions. Beaucoup trop tard, d'abord : comme le note avec malice Toréador, "nul n’avait été remué, ni protesté, lorsque le CIO avait choisi Pekin." (à pat Bertrand Delanoë). Il semble même que beaucoup d'observateurs avaient à l'époque estimé qu'il s'agissait d'une chance formidable pour la Chine de s'ouvrir à l'Ouest... Dans de mauvaises conditions, ensuite : comment soutenir des appels au boycottage lancés précisément au moment où les Tibétains sont réprimés par les autorités chinoises? Est-ce à dire que si rien ne s'était passé à Lhassa, nos bonnes âmes auraient fermé les yeux sur le reste?

N'oublions pas qu'aussi terrible qu'il soit, le drame tibétain n'est "qu'une" tragédie territoriale et un crise démocratique parmi d'autres. A certains égards, cette situation ressemble à la répression subie par la Birmanie, qui avait suscité un élan de solidarité en Occident avant d'être totalement oubliée aujourd'hui. Qui se souvient de ces courageux moines birmans? Qui est à leurs côtés, à présent? De la même façon, qui était avec les Tibétains avant qu'ils ne manifestent? Qui était avec eux pour protester contre l'offensive culturelle des Chinois chez les bouddhistes?

Oui, pendant qu'on se focalise sur le Tibet, une cause romantique de plus, qui parle des libertés bafouées au quotidien en Chine? De la désinformation qui y règne? Des persécutions contre les Chrétiens? De la peine de mort? Des stérilisations forcées? De la politique désastreuse de l'enfant unique? On se souvient même d'une candidate socialiste qui avait loué la rapidité et de l'efficacité de la justice chinoise... C'est dire!

Alors bien sûr, l'idée d'un boycottage est séduisante. Dans un premier élan, sans trop réfléchir, j'avais pris ce parti sur le petit carnet de bord que vous pouvez apercevoir sur la colonne de droite. De façon ironique, puisque je m'engageais à ne pas regarder les JO à la télé, chose que de toutes façons, un bon chafouin ne fait jamais. Pas de temps à perdre avec du lancer de poids! Je persiste donc dans mon boycott à moi.

Il est évident qu'on ne peut qu'approuver les initiatives appelant à ne pas participer aux Jeux. Même Nicolas Sarkozy semblait dire ce midi que tout était possible à ce sujet, qu'il ne fermait la porte à "aucune éventualité". Bien sûr que c'est positif. Mais franchement, à part soulager nos consciences, à quoi cela servirait-il? Ne serait-ce pas hypocrite de croire d'une part que cela changerait quoi que ce soit, et d'autre part, que l'action politique se borne à ce genre d'action? N'est-ce pas hypocrite de brandir des grandes phrases et dans le même temps, de commercer avec les Chinois comme si de rien n'était?

La réaction d'Alain Juppé est à cet égard symptomatique. Il tape sur la realpolitik, sur l'"appel à la retenue" lancé notamment par Nicolas Sarkozy ("En somme, nous demandons au pouvoir de Pékin de "tuer avec retenue"!
Je suis ébranlé quand je vois l'allant que certains mettent aujourd'hui à pratiquer cette "realpolitik" qu'ils fustigeaient tant hier"
) mais il a l'honnêteté, lui qui a été ministre des Affaires étrangères du temps du génocide rwandais, de s'interroger : "Au fond de moi-même, je me demande ce que j'aurais dit si j'avais été investi d'une responsabilité nationale. Sans doute est-il facile de prononcer les paroles justes quand on n'a pas la charge des intérêts d'un peuple. Mais la Chine est si riche! Aurais-je cédé, moi aussi, au "bon sens"? Je n'en sais rien. Il faut donc faire preuve d'humilité."

Car la vraie question, le vrai problème, c'est que tout le monde sait bien qu'on ne fera rien de concret pour les Tibétains, comme on ne fait rien pour le Darfour, pour les Cubains, ou pour tous les peuples opprimés de la Terre. Parce que sauf le respect que chacun doit aux professeurs de droit international, celui-ci n'existe pas! La règle du droit international est, ne l'oublions pas : "J'applique les règles que je veux, seulement celles que je veux, tout le reste n'est que littérature et si vous n'êtes pas content, tant pis pour vous".

Parce que quoi qu'en disent nos dirigeants, le monde s'intéresse à bien d'autres choses qu'au sort de ces Tibétains. Cela ne changera pas. Ne rêvons pas. On peut le contester, mais c'est ainsi!

En définitive, la meilleure solution semble donc être de "composer" avec ces Jeux. De s'en servir. Des athlètes brandissant des drapeaux tibétains. Du safran sur les médaillés, comme propose Koz. Encore faut-il que la Chine accepte que les épeuves soient diffusées en direct...  Pour le reste, souvenons-nous de Jesse Owens, le héros des Jeux de Berlin, en 1936. Souvenons-nous aussi que le boycott des jeux de Moscou et de Los Angeles n'ont rien changé à la guerre froide...

Par Le chafouin
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Vendredi 14 mars 2008
Antisionisme, ou bêtise confinant à l'antisémitisme? On peut se poser la question, tant les initiatives contre Israël frisent parfois le ridicule. En l'occurrence, c'est un quasi-scandale : des pays arabes et maghrébins ot annoncé depuis plusieurs semaines leur intention de boycotter le salon du livre francophone qui s'est ouvert hier à Paris en présence de Shimon Pérès. Eh oui, car cette année, l'invité d'honneur est Israël.

J'ai bien aimé la phrase du président israélien : "Je suis contre les autodafés, je suis contre le boycott des livres. Les livres sont faits pour éveiller la réflexion, pour essayer de faire se rejoindre les idées". Il a dit aussi ceci : "Ceux qui veulent brûler les livres, boycotter la sagesse, empêcher la réflexion, bloquer la liberté se condamnent eux-mêmes à être aveugles, à perdre la liberté".

Quoi de plus vrai? Ces pays boycottent un salon où sont mis à l'honneur des écrivains qui ne sont pas forcément en accord avec la politique israélienne (Amos Oz  , Avraham B. Yehoshua ou David Grossman, sont des figures de la gauche israélienne, souvent très critiques avec les orientations de leur propre pays, si j'en crois l'AFP). Et puis ça veut dire quoi, boycotter? Refuser Israël? Refuser les écrits des auteurs invités?

Rappelons que nous parlons d'Etats pour qui la démocratie est loin d'être une réalité, ni même un objectif : Liban, Iran, Algérie, Arabie Saoudite, Maroc, Egypte... Que du beau monde!

Mais ce qui est particulièrement agaçant, c'est de voir dans les médias, à la télé, à la radio, des compte-rendus de manifestations de Français venus dénoncer les "crimes d'Israël" porte de Versailles. Les naïfs sont aussi chez nous, soyons rassurés! Des "idiots utiles", encore une fois.

Il serait peut-être temps que nous comprenions, en Occident, qu'Israël a beau mener une politique souvent contestable et peu compréhensible vis-à-vis de la Palestine, cela reste le seul pays démocratique de cette région. Cela reste aussi le seul pays qui n'appelle pas publiquement à détruire ses voisins, alors que l'inverse n'est pas vrai.

Il serait peut-être aussi urgent que notre opinion publique, notre intelligentsia, nos chers médias, cessent d'être aussi bêtement pro-palestiniens à sens unique. On les a vues, les grandes manifs de soutien à Gaza, il y a quinze jours! Par contre, quand des écoliers sont assassinés à Jérusalem par les terroristes du Hamas, on n'entend plus nos amis de la Ligue des droits de l'Homme, des Verts, enfin les habitués de ces rassemblements idéologues. Les morts n'ont pas tous la même importance.

On comprend bien que ce soit plus facile de céder à la paresse intellectuelle et de préférer le gentil opprimé au méchant qui a une mitraillette et des chars. On l'a fait avec le Kosovo, la Bosnie.. On le fait tout le temps. Il faudrait parfois prendre juste un tout petit peu de hauteur. Arrêter la simplification. On trouve toujours des excuses aux poseurs de bombes palestiniens, mais on n'imagine jamais que les soldats israéliens puissent être mus par le désir de protéger leurs familles...
Par Le chafouin
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Mardi 19 février 2008
On croit rêver! A l'heure où Fidel Castro annonce enfin qu'il renonce au pouvoir (à celle où son frère Raoul le met sur le banc de touche?), le directeur du Monde Diplomatique, Ignacio Ramonet, tout à l'heure sur France Info, justifiait la dictature castriste par l' "offensive permanente" menée par les USA économiquement et militairement contre Cuba. Il ose même parler de "terrorisme", d' attentats", et brandit comme argument de la répression les "victimes" de la politique agressive des Etats-Unis.

Le journaliste, fûté, lui demande alors si ce type de raisonnement ne ressemble pas à une dialectique de type "guerre froide" un peu dépassée, qui a permis Castro à se maintenir des années après la chute du Mur de Berlin. Ramonet persiste, et ose même affirmer que Cuba est un pays "libre" où les journalistes étrangers peuvent se balader librement et enquêter à leur guise. Il avoue tout de même que les journalistes cubains, pas tellement.

Les opposants politiques enfermés, eux, ont été condamné selon lui, non pas en raison de leurs idées, mais parce qu'ils avaient commis des "infractions" avec la complicité des Etats-Unis.

Imaginons juste un instant que n'importe quel intellectuel, patron de presse ou journaliste ait utilisé le même genre d'argument, allez, pour soutenir par exemple Pinochet. Le tollé que ça aurait été! Là, ça passe. Comme une lettre à la Poste.

Par Le chafouin
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Dimanche 10 février 2008
drapeautuurc.jpg On n'entend pas beaucoup les contempteurs des discours de Riyad et du Latran au sujet de l'autorisation du port du voile dans les universités turques. Les mêmes nous diront, sans doute, qu'il faut ouvrir nos portes à l'Etat ottoman, afin de l'empêcher de basculer dans l'intégrisme. Les mêmes nous diront, peut-être, que la Turquie est un Etat laïc sur lequel on peut compter. Bref, ils nous diront qu'il n'y a pas de quoi s'alarmer. La Turquie fait partie de l'occident, et puis c'est tout.

Alors ça n'a peut-être rien à voir, mais on peut y déceler une preuve de l'ancrage de l'Etat d'Atatürk au Moyen-Orient. Depuis 1980, les femmes turques avaient l'interdiction de porter le voile à la fac. Désormais, elles peuvent. Est-ce un signe de tolérance, ou plutôt une preuve du basculement de la Turquie? Sujet intéressant sur la liberté. Seront-elles libres? Cette mesure n'est-elle pas pain béni pour nombre d'hommes?
Par Le chafouin
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Jeudi 7 février 2008
undefined Tiens, tiens. Voilà qui est intéressant : quelques minutes après son entretien hier à N'Djaména avec le ministre de la Défense, Hervé Morin, et après que Nicolas Sarkozy ait annoncé que la France ferait "son devoir" au Tchad, au moment où la situation semble se calmer entre forces rebelles et militaires fidèles au régime, le président Idriss Déby a confié lors d'une conférence de presse qu'il n'était "pas impossible" qu'il gracie les six membres français de l'Arche de Zoé condamnés par la justice tchadienne.

Ah bon, en quel honneur? "Il n'est pas impossible si la France en fait la demande (...) Bien sûr, il n'est pas impossible que j'examine cette question", a-t-il dit. On se souvient de l'attitude jusqu'au-boutiste de Déby dans le dossier de l'Arche de Zoé. Il en faisait un peu beaucoup. Le changement d'attitude est ici total. Quel miracle... On imagine bien la conversation qu'il a dû partager avec Hervé Morin. "Bon, tu es bien gentil là Idriss. On t'a aidé à te maintenir dans ton palais pourri et nos militaires y ont même écrasé quelques cafards. Si c'était possible de grâcier les zozos de l'Arche de Zoé, ça nous ferait un bon coup diplomatique. En France, on est encore loin de l'émeute, tu sais, mais la côte de popularité de notre bien-aimé Sarko Ier est en chute libre!" L'échange de bons procédés n'est même pas dissimulé. Comme au bon vieux temps!

 On avait beaucoup glosé, pendant la campagne présidentielle, sur les velléités sarkozystes de révolution de notre politique africaine. En mai 2006, Nicolas Sarkozy avait ainsi promis "une relation nouvelle, équilibrée, débarrassée des scories du passé". On avait évoqué des changements d'attitude, la fin de l'Afrique à papa des années Mitterrand et Chirac, de cette fameuse "Françafrique", des rapports ambigus avec les chefs d'Etat africains, des pressions, des chantages à la sécurité et à la défense.

Il n'y a pas besoin d'être un spécialiste de l'Afrique pour constater, d'ailleurs sans porter de jugement à cet égard, que Nicolas Sarkozy n'a guère fait évoluer la vision française classique de l'Afrique, hormis en paroles, à l'occasion d'un discours de Dakar inutilement polémique. Il reçoit et échange avec les comparses habituels de la France, en général dictateurs (Omar Bongo, Khadafi, Ben Ali et compagnie). Il aide les présidents "amis" en cas de difficultés intérieurs, comme cela a été le cas au Tchad. Et il reçoit tout naturellement des "facilités" en retour! La rupture, c'est bien plus facile en mots...
Par Le chafouin
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