Epée de Damoclès sur les otages d'Afghanistan

Publié le par Le chafouin

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Je sais bien que cinq ans de l'avenir de la France se jouent demain. Je connais assez le monde des médias pour comprendre que tout ne tende que vers ce but. De façon assez légitime, d'ailleurs. Demain, on va enfin faire cesser le suspense.

Mais pendant ce temps, dans le sud-ouest de l'Afghanistan, deux de nos compatriotes connaissent les heures les plus angoissantes de leur existence. Enlevés le 3 avril dernier, cet homme et cette femme qui oeuvraient pour l'ONG Terre d'enfance font l'objet d'un ultimatum aussi odieux qu'inquiétant de la part des Talibans.

Sur un site internet islamique, ceux-ci sont clairs : les forces françaises doivent quitter le pays, et le président afghan doit libérer des prisonniers, sans quoi les Français connaîtront un sort "que le monde connaît et qui sera vite appliqué". Le délai : une semaine.

Une situation bien plus menaçante que celle des trois journalistes français enlevés en Irak. Jamais les menaces n'avaient été aussi claires. Et pourtant la mobilisation avait été totale pour les sauver. De nombreux rassemblements avaient été organisés pour la journaliste de Libération, Florence Aubenas.

Le Quai d'Orsay a certes envoyé à Kaboul un diplomate, chargé de négocier avec le président Karzaï une éventuele libération de prisonniers. Mais les discussions doivent être âpres.

Les troupes françaises doivent-elles battre en retraite? Abandonner le pays aux Talibans? Peut-on libérer des prisonniers islamistes?

Quand le journaliste italien Daniele Mastrogiacomo avait été libéré en échange de prisonniers, ses deux accompagnateurs afghans avaient été égorgés pour l'un, décapité pour l'autre.

Situation épineuse. Le délai d'une semaine échouerait entre les deux tours de la présidentielle. Une libération ou une vidéo montrant les otages abattus aurait de lourdes conséquences sur le scrutin.

Et puis, si les autorités cèdent au chantage, ne risque-t-on pas de voir les enlèvements s'enchaîner? Le problème, avec des terroristes ou des illuminés, c'est qu'on ne peut discuter rationnellement.

En attendant, les otages doivent se sentir un peu seuls. Certes l'ultimatum des Talibans est relayé dans la presse. Mais on devra sans doute attendre quelques jours après le premier tour pour que le sujet soit vraiment audible. Quand on joue sa vie, c'est un raisonnement qu'on doit avoir du mal à entendre.

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Publié dans International

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