Simone Veil devrait méditer cet aphorisme : la parole est d'argent, le silence est d'or

Pauvre Simone Veil. Elle, l'idole des jeunes, elle, si populaire, elle, l'incarnation du centrisme, de la lutte contre l'extrémisme, elle, une des rares personnalités politique à susciter le respect unanime, est devenue en quelques mois la preuve vivante que le ridicule ne tue pas.
Tout a commencé lors du référendum sur la Constitution européenne, en 2005. L'ex ministre de la Santé s'était mis unilatéralement en congé du Conseil constitutionnel, dont elle est membre, pour défendre le "oui", ébranlant un peu plus la légitimité d'un organe dont on sait depuis longtemps qu'il a un rôle éminemment politique et de moins en moins technique. Elle se croyait indispensable, mais le "oui" n'avait pas besoin d'elle.
Et ça a continué, pendant la campagne présidentielle : l'UDF Simone Veil a décidé de façon surprenante de soutenir la candidature de Nicolas Sarkozy, abandonnant un Bayrou qui n'en demandait pas tant. Elle fait ce qu'elle veut, après tout. Notre nouveau président n'est pas le diable. Mais elle a persisté malgré la polémique sur la connection entre immigration et identité nationale, qui l'avait profondément choquée. Au fond, Veil est convaincue que le centre doit continuer de s'ancrer à droite.
Et hier, le pompon. Simone a violemment attaqué le président du MoDem, l'accusant d'avoir créé ce parti dans l'unique but d'assouvir son ambition présidentielle. "Ne me parlez pas du MoDem. Pendant cinq ans, François Bayrou ne va penser qu'à la présidentielle", a-t-elle lancé lors d'un déplacement de soutien au candidat UMP de la 1ère circonscription du Val-de-Marne, Henri Plagnol (d'ailleurs lui aussi ex UDF).
C'est sans doute vrai, mais assez drôle de sa part. Qui a affirmé penser à chaque instant à la présidentielle, "et pas qu'en se rasant"? Qui a concentré tous ses sens, toute son énergie, toute sa popularité à assurer son auto-promotion pendant cinq années, au lieu de s'occuper du bien commun? Qui a passé son temps à flinguer les adversaires de son propre camp, Raffarin, Chirac, Villepin, Gaymard, ... ? Qui a avoué que le rêve de sa vie était d'entrer à l'Elysée? Le candidat soutenu par Simone Veil. Franchement, elle aurait mieux fait de se taire.
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