Besancenot, avenir de la gauche?
Un seul adjectif possible pour qualifier l'émotion qui doit s'emparer de vous en consultant l'édition du jour de notre cher Libé. Effarant. Quoique ahurissant ou bouleversifiant pourraient tout aussi bien convenir à pareille situation.
Un sondage LH2-Libé interroge en effet un panel de citoyens sur "l'homme politique représentant le meilleur leader pour a gauche au cours des années qui viennent". Eh bien, tenez-le vous pour dit : derrière DSK (30%, 24% pour les électeurs de gauche) et Ségolène (15%, 24% chez les sympathisant de gauche), apparaît en numéro trois le facteur Besancenot (8%, 11% à gauche).
Qu'un trotskiste sympathisant de la dictature du prolétariat (même si concrètement, les mots ont disparu des statuts de la LCR, les intentions et les discours restent aussi archaïques et nauséabonds) incarne aux yeux de la population un espoir pour la gauche plus solide que Delanoë (7%), Fabius (4%), Hollande (3%) ou Montebourg (3%) laisse songeur. Dans une autre branche du sondage, on apprend par ailleurs que seuls 24% des sondés connaissent le nom de Manuel Valls...
Exception culturelle française? Naïveté hexagonale? Dans un pays où les anti-fascistes se prennent pour d'authentiques et héroïques résistants (on peut d'ailleurs en rire à gorge déployée), des marxistes purs et durs, dont le nom du courant provient du fondateur de l'Armée Rouge, inspirateur de la Tchéka et surtout, membre actif de la sanglante et pathétique révolution russe de 1917, peuvent pavaner en toute tranquillité et se payer le luxe de représenter aux yeux de 7% des Français le "meilleur avenir pour la gauche".
Ce genre d'information semble beaucoup plus inquiétante que le coût des vacances de Sarkozy, non?