Jospin dénonce l'impasse mais s'y engage résolument
Après Claude Allègre, Marie-Noël Lienneman, c'est Lionel Jospin qui se lance dans la course à qui flinguera le plus Ségolène Royal. L'ancien premier ministre est un candidat sérieux au titre : Libération dévoilait ce matin les bonnes feuilles du livre au vitriol qu'il a consacré à la madonne. On a envie de lui répondre : et alors?
Les propos sonnent justes. Frappés du sceau du bon sens. Un peu comme une évidence. "L'impasse", de la candidature de Royal, Jospin l'avait sentie dès le début. Après coup, il choisit d'écrire un livre éponyme pour livrer son analyse de l'échec de la candidature à l'Elysée de la présidente de Poitou-Charentes : la qualifiant de second couteau de la vie publique, Jospin n'y va pas de main morte. Inutile d'ailleurs de retranscrire ici les propos peu amènes de l'ancien premier ministre et candidat malheureux à l'Elysée en 2002 : ils sont partout dans vos journaux et sur le net. Démagogie, erreurs stratégiques, narcissisme, improvisations, amateurisme, la liste est longue des critiques acerbes adressées - à raison sur le fond, à notre avis - à Royal.
Le but avoué de Jospin? Inciter ses amis politiques, en "homme libre pas animé par l'ambition", par "devoir", à ne pas commettre deux fois la même erreur. Autrement dit, à ne pas laisser Royal prendre la tête du PS ou à s'imposer comme candidate pour 2012.
Evidemment, face à cette sortie tonitruante, la volée de bois vert n'a pas traîné. Les alliés de Royal, Montebourg, Bianco, Ayrault, ont tous réagi au quart de tour, Pour eux, Jospin écrit avec le coeur plein "d'aigritude", selon le bon mot de Gaëtan Gorce. Ils ne se remettent toujours pas en question, ces comiques. Ségolène Royal elle-même, du Canada, s'est indigné de ces propos "sexistes" et "racistes". La candidate infortunée n'a pas hésité à sombrer dans le ridicule en se comparant à Jeanne d'Arc "brûlée par les anglais", ou au Christ lui-même, en prenant à son compte les paroles qu'il a prononcées sur la Croix, évoquant ses bourreaux : "Pardonnez-leur, ils ne savent pas ce qu'ils font". Pas sûre qu'on lui pardonne, nous, car elle sait très bien ce qu'elle fait. Encore une qui n'est pas prête au moindre début de commencement d'auto-critique. Son ex compagnon, François Hollande, fait de son côté une nouvelle fois la preuve de sa brillante autorité au sein du PS : "arrêtons les règlements de compte", demande-t-il la larme à l'oeil.
Au final, on peut se poser la question de l'intérêt de ce livre. Ok, Lionel, d'accord, Jospin. Tu as sans doute raison sur le fond. Mais maintenant que tout le monde a flingué Royal, qui de toutes façons était déjà K.O., six pieds sous terre, vous faites quoi au PS? Maintenant que vous avez tous parlé de rénovation, quand passez-vous des paroles aux actes? Et puis Lionel, tu pouvais pas le dire avant, quand ça servait encore à quelque chose?
Laurent Joffrin, le patron de Libération, estime que ce livre a pour seul but d'éliminer Royal au profit de Bertrand Delanoë, un des plus fidèles lieutenants du perdant de 2002. Pas idiot. Rénovation, rénovation. Chacun scande ce mot en se grattant la tête pour savoir comment elle pourrait s'exercer à son profit. L'avenir du PS, malgré l'optimisme affiché, n'est pas rose. Aubry se planque, Royal est morte, DSK est out, Fabius se terre, Hollande manoeuvre en coulisses pour tenter une nouvelle fois de s'imposer comme le seul recours, les quadras aiguisent leurs couteaux, tandis que l'aile droite socialiste est déjà chez Sarkozy...
Les propos sonnent justes. Frappés du sceau du bon sens. Un peu comme une évidence. "L'impasse", de la candidature de Royal, Jospin l'avait sentie dès le début. Après coup, il choisit d'écrire un livre éponyme pour livrer son analyse de l'échec de la candidature à l'Elysée de la présidente de Poitou-Charentes : la qualifiant de second couteau de la vie publique, Jospin n'y va pas de main morte. Inutile d'ailleurs de retranscrire ici les propos peu amènes de l'ancien premier ministre et candidat malheureux à l'Elysée en 2002 : ils sont partout dans vos journaux et sur le net. Démagogie, erreurs stratégiques, narcissisme, improvisations, amateurisme, la liste est longue des critiques acerbes adressées - à raison sur le fond, à notre avis - à Royal.
Le but avoué de Jospin? Inciter ses amis politiques, en "homme libre pas animé par l'ambition", par "devoir", à ne pas commettre deux fois la même erreur. Autrement dit, à ne pas laisser Royal prendre la tête du PS ou à s'imposer comme candidate pour 2012.
Evidemment, face à cette sortie tonitruante, la volée de bois vert n'a pas traîné. Les alliés de Royal, Montebourg, Bianco, Ayrault, ont tous réagi au quart de tour, Pour eux, Jospin écrit avec le coeur plein "d'aigritude", selon le bon mot de Gaëtan Gorce. Ils ne se remettent toujours pas en question, ces comiques. Ségolène Royal elle-même, du Canada, s'est indigné de ces propos "sexistes" et "racistes". La candidate infortunée n'a pas hésité à sombrer dans le ridicule en se comparant à Jeanne d'Arc "brûlée par les anglais", ou au Christ lui-même, en prenant à son compte les paroles qu'il a prononcées sur la Croix, évoquant ses bourreaux : "Pardonnez-leur, ils ne savent pas ce qu'ils font". Pas sûre qu'on lui pardonne, nous, car elle sait très bien ce qu'elle fait. Encore une qui n'est pas prête au moindre début de commencement d'auto-critique. Son ex compagnon, François Hollande, fait de son côté une nouvelle fois la preuve de sa brillante autorité au sein du PS : "arrêtons les règlements de compte", demande-t-il la larme à l'oeil.
Au final, on peut se poser la question de l'intérêt de ce livre. Ok, Lionel, d'accord, Jospin. Tu as sans doute raison sur le fond. Mais maintenant que tout le monde a flingué Royal, qui de toutes façons était déjà K.O., six pieds sous terre, vous faites quoi au PS? Maintenant que vous avez tous parlé de rénovation, quand passez-vous des paroles aux actes? Et puis Lionel, tu pouvais pas le dire avant, quand ça servait encore à quelque chose?
Laurent Joffrin, le patron de Libération, estime que ce livre a pour seul but d'éliminer Royal au profit de Bertrand Delanoë, un des plus fidèles lieutenants du perdant de 2002. Pas idiot. Rénovation, rénovation. Chacun scande ce mot en se grattant la tête pour savoir comment elle pourrait s'exercer à son profit. L'avenir du PS, malgré l'optimisme affiché, n'est pas rose. Aubry se planque, Royal est morte, DSK est out, Fabius se terre, Hollande manoeuvre en coulisses pour tenter une nouvelle fois de s'imposer comme le seul recours, les quadras aiguisent leurs couteaux, tandis que l'aile droite socialiste est déjà chez Sarkozy...
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