Mai 68 : libération des femmes, vraiment?

Publié le par Le chafouin

On n'arrête pas de nous bassiner, en ce moment, avec mai 68. Vous savez, cette pseudo révolution qui a comme toutes les révolutions, profité seulement à une minorité. Qui a entendu les étudiants bobos mais pas les ouvriers. Cette révolution que même le PS ne célèbre pas, car il sait qu'elle n'a débouché que sur d'avantage de capitalisme, d'égoïsme, de consumérisme.

Il y a un aspect de mai 68 qu'on nous ressasse à volonté : la libération des femmes. Ben oui, parce qu'avant cette époque de contestation bénie des dieux, les femmes étaient des objets à la merci des hommes, ces grands méchants loups. Aujourd'hui, à entendre les hagiographes de mai 68, elle seraient enfin libres. Maîtresses d'elles-mêmes, de leur corps, de leurs envies et de leur destinée. Merci aux manifestants de l'époque, qui lui ont permis de sortir de l'obscurantisme qui s'était abattu sur elles depuis le Moyen-Age!

Il y a là-dedans beaucoup d'exagération. C'est comme lorsqu'on essaie de nous faire croire que depuis 1789, la vie est belle, qu'avant, elle était morose et qu'on vivait dans un Etat totalitaire.

Je contemplais hier, époustouflé, une photographie instructive à cet effet dans un de nos quotidiens régionaux, Nord Eclair. On y voyait une femme, avec la coupe au bol si jolie de cette époque, porter un panneau avec ce message inscrit : "Ras le bol!!! d'être tâtées, soupesées, évaluées, pelotées".

Sensation étrange. C'est drôle, mais j'ai eu l'impression que ce slogan pourrait tout aussi bien convenir aujourd'hui. Où est la libération des femmes, franchement, quand on les voit nues sur quasiment chaque affichette de café-presse? Quand la présentatrice de la météo sur Canal Plus, Louise Bourgoin, se croit obligée de se dénuder en Une d'Entrevue pour gagner en célébrité? Est-on libre, quand on est sans cesse ravalé à une paire de seins, de fesses, à un objet de jouissance sexuelle? Est-on libre, quand dès qu'il fait beau, on est sifflé à la première jupe de l'été?

Croit-on qu'aujourd'hui, parce qu'elles ont accès à d'avantage de fonctions (ce qui est un progrès substantiel, évidemment), qu'elles ne sont plus cantonnées au ménage et à la cuisine, les femmes sont libres? Quand aujourd'hui encore, elles sont parfois moins payées, juste parce qu'elles ont deux chromosomes X? Quand aujourd'hui, elles doivent de fait assumer non seulement leurs obligations professionnelles, mais bien souvent aussi le reste, les enfants, le foyer, etc... ?

Je n'ai pas d'avis définitif sur la question, mais j'ai tendance à penser que l'arbre de la "maîtrise du corps" et de la natalité cache la forêt de la mainmise de l'homme sur la femme, qui à mon sens, continue de plus belle. J'oserais même affirmer que cette "maîtrise" du corps de la femme, en définitive, arrange bien les hommes : ainsi, ils peuvent fuir leurs responsabilités encore plus facilement qu'avant. Tout bénéf'! Et les femmes ont désormais une pression : celle de la libération, justement. Pas facile, aujourd'hui, de dire non. Et quand on voit ces histoires de gamins d'une dizaine d'années qui filment leurs "relations" avec des filles de leur âge ou même moins âgées, et dont on peut douter du consentement libre et éclairé, on se dit que la libération a conduit aussi à certains excès. 

Certes, on pourra rétorquer qu'aujourd'hui, les femmes ont au moins le choix. Oui, bien sûr! Mais le choix, est-ce cela, la liberté? Un choix, une fois effectué, est-il forcément libre? Est-on vraiment libre, par exemple,  de choisir une mauvaise solution? Je ne sais ce que les philosophes en disent, mais instinctivement, j'ai tendance à me poser la même question que Georges Bernanos : la liberté, pour quoi faire?
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Publié dans Société

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Z
bonjour =)(je crois que j'ai, par erreur, posté un commentaire incomplet...)Je voulais juste dire que, étant en classe de première ES, j'ai, cette année, effectué (en groupe) des TPE (Travaux personnels encadrés) sur ce thème de la femme, et de sa "pseudo-libération" après mai 68. Ma problématique étant : "Peut-on parler d'une libération de la femme en France après mai 68 ?" Alors voilà, si cela intéresse certains, mon travail est disponible sur     http://lewebpedagogique.com/orlandidanielses/2009/04/03/evolution-statut-femme-mai-68/=)
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Z
Bonjour =) Je voulais vous signaler que, étant en classe de première ES, j'i
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R
Je vous propose de rire un peu... même si le au final le sujet ne s'y prête guère.http://www.abseditions.com/DetailPiece.php?IdOuvrage=41
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L
@thaïsJe suis abonné, penses-tu... ;)
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T
je n'arrive plus à te suivre Chafouin, on voit que tu as l'habitude d'écrire... :-)<br /> la commémoration de mai 68 m'emme... franchement, d'ailleurs je n'ai rien lu qui la concerne. J'ai le sentiment que, de toutes façons les soit-disant changements intervenus seraient intervenus à plus ou moins brèves échéances car ils sont concommitants à des avancées médicales (ex : pilules), techniques (machine à laver devient plus présente)et sociétale/culturelle (apparition de la TV de masse, développement des bibliothèques).<br /> La femme s'est mise à travailler pour pouvoir s'offrir tout ce que la pub commençait à lui montrer et pas seulement pour être libérée de l'homme. Puis il y a eu des films qui montraient que s'affranchir de la "tutelle" de son homme, oublier les convenances habituelles de fidélité, de "petite femme parfaite" en jupe et col roulé, de dévouement à sa famille, que tout ça étaient vraiment dépassé et le mimetisme a fait le reste. En travaillant, elles ont découvert d'autres hommes, elles se sont sans doute plus mises à lire les journaux, et à "l'ouvrir" et surtout elles se sont prouvées qu'elles pouvaient faire aussi bien (sauf préparer le barbecue :-) )<br /> Donc la libération des femmes est surtout celle de la parole et du travail grâce sans doute au fait de la limitation des naissances (car travailler avec une pléthore de marmots, j'ai du mal à imaginer). Le problème c'est que quand on parle de libération de la femme, on pense avant tout libération sexuelle et avec une connotation positive. <br /> <br /> je ne savais pas que tu lisais entrevue :-)
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