Le bien commun, l'oublié de cette campagne
Aujourd'hui, une nouvelle étape a été franchie dans ce qu'on pourrait appeler la confiscation du débat présidentiel par les intérêts particuliers. Le collectif "AC le Feu" a présenté à la presse un pacte de 105 propositions "pour que ça change dans les cités" après les violences urbaines de novembre 2005. Bien sûr, en invitant les candidats à la signer.
Avant cette association, Nicolas Hulot, les sportifs puis les chasseurs avaient déjà agi de la même façon. Hulot en enjoignant aux candidats de signer son pacte (sans quoi ils seraient considérés par l'opinion publique comme des méchants ennemis de TF1 et de la nature). Lesquels se sont quasiment tous exécutés. Ensuite, les sportifs puis les chasseurs ont invité (convoqué?) les candidats pour savoir ce qu'ils leur proposaient. Et enfin, aujourd'hui, AC le Feu rentre dans la danse. L'idée est sans doute, de leur point de vue, de médiatiser une cause ou un problème (il ne s'agit pas, ici, de nier l'intérêt des sujets en question). Et d'obliger les candidats à s'exprimer, à plancher sur le sujet. En leur imposant ainsi un agenda. Les candidats s'empressent de dire oui à tout le monde, pour ne mécontenter aucune des catégories de la société. Ils sont les otages de cette situation, et en même temps ne font rien pour la faire évoluer. Que faisait par exemple Dominique Voynet au raout des chasseurs, à part venir se faire siffler?
On pourrait ajouter à la liste les émissions "A vous de juger" (France 2) et "J'ai une question à vous poser" (TF1). C hacun pose sa question pour savoir ce que le candidat va faire pour son cas personnel.
Et l'intérêt général dans tout ça? Jusquà preuve du contraire, il n'a jamais représenté la somme des intérêts particuliers. Ce qu'il faut à la France, ce n'est pas un catalogue, c'est une vision, un avenir, une direction, un cap. Et le cap qu'il faut à un bateau, ce n'est pas l'addition des désirs de ses passagers.