Bayrou, la grenouille qui veut se faire aussi grosse que le boeuf?

Publié le par Le chafouin

Que ferait François Bayrou sans les sondages? Aujourd'hui encore, au Salon de l'Agriculture, le Béarnais a confié à l'AFP que la victoire était désormais "à portée de main", après la publication d'un sondage prévoyant 20% d'intention de votes en sa faveur au premier tour de la présidentielle.

Mieux : Bayrou voit dans ces sondage un "signe", même s'il reste largement derrière Sarkozy (28%) et Royal (27%). Une attitude profondément énervante de la part d'un candidat qui, il y a quelques mois, critiquait les sondages en assurant qu'ils le sous-évaluaient. Une attitude décevante, de la part d'un candidat qui profite aujourd'hui d'un système qu'il dénonçait partout il y a encore quelques semaines.

Est-il aujourd'hui surévalué? On voit certes autour de soi de nombreuses personnes affirmant vouloir voter Bayrou. Les enseignants se dirigent vers un vote massif pour lui. On sent partout un frémissement en sa faveur, et l'idée de la création d'un grand parti centriste ajoutant au centre-droit un centre-gauche trouve un écho dans l'opinion, qui ne soutient ni le gouvernement sortant, ni l'idée d'un retour de ceux qu'elle avait chassé en 2002.

Se souvenir de l'histoire

De là à gagner? Il ne faut pas charrier. Il faudrait qu'il garde un peu les pieds sur terre, l'ami Bayrou. Qu'il ne se voit pas à l'Elysée trop vite, la déception risquerait d'être cruelle. D'autant que tous les instituts précisent que si les intentions de votes augmentent en sa faveur, une grande majorité de ses "supporters" sont indécis dans leur soutien. Et dans les milieux populaires, au sein de la classe moyenne, le vote Le Pen semble beaucoup plus important que le vote Bayrou, tous deux représentant des "anti-système". Rappelons également que Le Pen est aujourd'hui à 14%, et que les sondages le sous-évaluent à chaque élection.

Et puis, cette propension à croire les sondages, cette dérive qui consiste à orienter la campagne à l'aune des incantations du CSA ou de l'Ifop, cela commence à bien faire. Rappelons encore une fois l'histoire. La victoire surprise de Mitterrand en 1981, celle de Chirac en 1995, la déroute de Jospin en 2002. Le phénomène Chevènement, qui avait fini par se dégonfler. 

Finalement, si Bayrou monte dans les sondages, c'est sans doute en grande partie grâce à sa posture, qui séduit. Mais le placer à 20%, c'est accréditer l'idée selon laquelle sa victoire est possible, et influer sur le vote des Français. Bayrou monte, parce qu'on parle de lui, et inversement. Rester modeste en dépit du vent qui souffle dans son dos, ce serait pour lui l'assurance d'éviter une claque monumentale.

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Publié dans Politique

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O
Ce serait gentil de ne pas me tutoyer.<br /> On a l'impression que les médias s'amusent avec Bayrou, comme d'un épouvantail pour faire peur aux deux gros oiseaux. Bayrou n'est pas le premier à se présenter comme le rassembleur. Mais il est cette fois-ci porté de façon claire par les médias, car il est difficile de voir en lui l'idole des jeunes.
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L
Précise ta pensée
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O
A quoi jouent les médias?
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