Pourquoi l'Europe se méfie-t-elle sans cesse des peuples?

Publié le par Le chafouin

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Le collègue kiwisien Edgar, qui tient le blog eurosceptique La Lettre volée, est parfois excessif. Mais ses propos tiennent lieu de piqûre de rappel permanente : Edgar est donc un empêcheur de tourner en rond permanent, ce qui est très utile à la démocratie et au débat. Un bon exemple de critique sans concession de la construction européenne, qui quoi qu'on en pense ou qu'on en dise, n'est ni inéluctable, ni incontournable, ni indispensable. Ni définitive! Et force est de constater qu'en ce qui concerne le mini-traité européen adopté par les chefs d'Etat et de gouvernement au sommet de Lisbonne, la semaine dernière, il a entièrement raison de parler de "haute-trahison".

Un article qui a fait l'objet d'une discussion très riche, et qui montre les ambiguïtés et les incompréhensions entre ouistes et nonistes. Ce qui est dingue, après tout, c'est qu'il ne s'agit même pas de discuter du contenu de ce traité, mais de la procédure de ratification choisie par l'Elysée, en contradiction flagrante avec les règles démocratiques les plus élémentaires.

Car de quoi s'agit-il? On l'avait déjà démontré ici : le traité de Lisbonne (passera-t-il ainsi à la postérité?) est, peu ou prou, identique au Traité Constitutionnel Européen proposé au vote des Français en 2005. VGE lui-même se satisfait que "l'essentiel" ait été préservé: "Les propositions institutionnelles du traité constitutionnel – les seules qui comptaient pour les conventionnels – se retrouvent intégralement dans le traité de Lisbonne, mais dans un ordre différent " (et surtout, insérées dans des amendemants aux traités antérieurs). Même si ce texte présente l'avantage, en étant privé de la partie III du TCE, d'enlever bon nombre de réticences liées à la "concurrence libre et non faussée", qui inscrite ou non, continuera toutefois à présider aux politiques publiques européennes...

Dans ces conditions, pourquoi refuser de redonner la parole aux électeurs? Pourquoi avoir peur d'eux, pourquoi ce déni de démocratie? On a glosé, pendant la campagne référendaire, sur le "déficit démocratique" de l'UE. On le constate certes à chaque élection au parlement européen, lorsqu'on parle de tout sauf d'Europe. Mais on le remarque surtout quand on prive les citoyens de leur droit de s'exprimer sur un sujet qui les engage peut-être d'avantage qu'une élection présidentielle!

On peut d'ailleurs observer que ce schéma n'est pas spécifique à la France. Qui, à part l'Irlande, a décidé de recourir à un référendum pour valider ce traité? Personne. Comme si c'était un risque. Comme si nos élites représentantes étaient les seules de pouvoir juger d'un tel sujet... Alors oui, haute-trahison me paraît le terme adapté. Vous dites non, ça sort par la porte et ça revient par la fenêtre!

Et ce qui me fait rire, ce sont ceux qui prétendent qu'en cas de référendum, le vote est "pollué", "manipulé", et que les gens, en gros, n'y "comprennent rien". Qu'il vaut donc mieux éviter de leur poser la question. Je pourrais être d'accord avec ce raisonnement dan sl'absolu, n'ayant jamais considéré que l'avis de chacun avait le même poids. Après tout, sommes-nous tous aptes à donner notre opinion sur tout et n'importe quoi? Mais là n'est pas le problème : nos ancêtres, bien leur en fasse, ont choisi de décapiter un roi pour instaurer un pseudo régime républicain et démocratique. Basé, comme chacun sait, sur le principe selon lequel c'est le "peuple qui gouverne". Alors?

Dans ce cas, faut-il interdire aux citoyens d'élire leur président, leurs députés, leur maire? Le scrutin, là, ne peut pas être "pollué"? Faudrait savoir. Et j'aimerais bien qu'on me donne une raison valable de passer outre le non de 2005 en faisant ratifier ce traité par le Congrès. Vraiment!
 

 
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Publié dans Europe

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L
@CochiseVous avez raison de parler des gouvernants plutôt que de l'Europe. Mais il se trouve que depuis le début de son édification, l'Europe, en tant qu'institution, a toujours laissé la part belle à l'intergouvernemental plutôt qu'à la démocratie directe. Faire un référendum commun à tous les pays, le même jour, voilà qui aurait été peut-être un symbole d'émergence d'une vraie identité européenne...Signer plusieurs pétitions, pourquoi pas : je suivrai votre conseil. Merci! Et je pense agir, justement, en tentant d'éveiller les cosnciences sur ce sujet qui bizarrement, est un peu passé à la trappe dans nos médias nationaux. Les mêmes que ceux qui traitent de sadomasos les électeurs qui ensuite, votent non à cette Europe-là.
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C
Je réagis avec approbation à ce billet, tout en apportant une nuance : ce n'est pas l'Europe qui se méfie de l'avis du peuple, mais les gouvernants. La précision est importante. Ensuite, je vous enjoins pour ma part à ne pas vous contenter de signer une seule pétition sur le sujet, mais d'y consacrer 15 min et de rechercher sur Google toutes celles qui circulent en Europe. La pétition n'est pas un moyen de soulager sa conscience ou de donner un avis, elle est bien davantage; en effet, c'est un outil non seulement pour s'exprimer mais aussi et surtout pour agir! Alors, soyons partout, prenons les moyens de faire entendre notre voix, mais assez fort pour que cette objection entraîne des conséquences concrètes! Amiclmt
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L
@oscarC'est l'ONU, non?;)Et puis en plus, ce traité n'est pas la panacée... Il y aura toujours des optimistes pour dire que cest "mieux que rien", certes. Mais enfin. C'est un espèce de chantage pour faire avaler n'importe quoi, ça...
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O
Je suis parfaitement d'accord (ce qui diminue l'intérêt du commentaire). Et cela n'a rien à voir avec le contenu du traité : la façon de faire est inadmissible. Qui parlait du droit des peuple à disposer d'eux mêmes ?
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N
Bien dit!
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