Europe : le désagréable sentiment de se faire arnaquer

Publié le par Le chafouin

Si vous estimez, comme tous les gens honnêtes et de bonne foi, que le Traité de Lisbonne est, peu ou prou, le même  texte que le Traité Constitutionnel Européen. Vous savez, ce texte rejetté à 54,67% par les Français le 29 mai 2005.

Si vous estimez qu'adopter par la voie parlementaire un texte rejetté par la voie référendaire est une escroquerie intellectuelle et un déni de démocratie.

Si vous estimez que pendant sa campagne présidentielle, Nicolas Sarkozy n'avait jamais parlé d'un traité identique mais d'un mini-traité. Si vous estimez donc que son intention de soumettre le Traité de Lisbonne au Congrès est une façon d'adresser un bras d'honneur aux électeurs.

Si cette idée provoque en vous un sentiment désagréable, une montée de colère, et à vrai dire, vous donne l'envie irrépressible de souffleter le président de la République.

Si vous voulez exprimer cet avis et avoir une chance d'être entendu.

Alors agissez. J'ai essayé (et réussi, quel talent), ça prend moins de deux minutes. Une petite pétition ayant déjà réuni plus de 27 000 signatures. Il y a en a d'autres, chaque chapelle ayant lancé la sienne. Peu importe : toutes les signatures ont du poids!

Après, il sera trop tard.

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Publié dans Europe

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Je ne pense pas que le traité de Lisbonne est le même que le TCE. Pendant la campagne présidentielle, Sarkozy avait annoncé clairement la couleur (mini-traité adopté par le parlement), il a été élu avec ce mandat, le parlement a été élu alors qu'on savait qu'il aurait à se pencher sur la question, je n'y vois donc pas de problème politique. Et le traité de Lisbonne est "mini" parce que la partie III est passée à la trappe, et qu'il n'est plus constitutionnel. Pour le côté constitutionnel, j'en suis consterné, mais visiblement, ce n'était pas possible. Pour les mécanismes institutionnels, ce sont en effet les mêmes, mais cela n'avait pas été caché pendant la campagne présidentielle qu'on les reprendrait à peu près tels quels.
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O
Les lillois, ces français... mais en mieux.--> Le manque de démocratie "directe" dans le projet européen est un problème je le concède, l'Union est totalement incapable d'entretenir des relations saines avec ses concitoyens. Mais, toute tentative de l'Union de nouer des relations plus "directes" avec la population serait perçue aussitôt par les eurosceptiques comme une tentative d'ingérence de l'Union, et ne passerait pas. Donc l'Union est obligée de passer par d'innombrables intermédiaires, et c'est justement qui la rend technocratique, éloignée des gens, etc etc... C'est inhérent à son mode de fonctionnement. Je ne sais pas si vous vous en rendez compte mais ce que je vois à travers vos reproches c'est le désir caché ou inavoué d'une europe fédérale... ;-)--> Ensuite, il y a le problème des responsables politiques français, ignorants de ce que fait l'Union pour la plupart tout simplement parce qu'ils s'en moquent, et totalement démagogiques par dessus le marché comme si ce n'était pas suffisant. Que dire ? Que faire ? Pour le coup, sur ce sujet-là je suis définitivement résigné.--> La démocratie représentative que nous connaissons me paraît être le meilleur compromis entre d'une part l'aristocratie et d'autre part l'anarchie.--> Aux élections présidentielles, la majorité des français ne votent pas pour le candidat qui fera le meilleur Président, mais pour le candidat qu'ils aimeraient avoir pour Président, ce qui est nettement moins compliqué. C'est donc dans leurs cordes (oui je sais, c'est prétentieux...)--> Il est évident qu'avec mon goût prononcé pour le débat, si j'étais partisan du "non" j'aurais eu sans peine tout un tas d'arguments à vous proposer dans votre lutte pro-référendaire...
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L
@RenéSur le fait qu'un "oui" ouvre la voie à d'autres orientations, dont acte. Je suis tout prêt à le croire et ce pourrait être une belle espérance, mais j'en doute. Il est effectivement plus positif de construire sur un oui. Là, on est d'accord. Il n'empêche que le "non" a permis d'ouvrir un débat.J'attends désormais (je doute des chances de quelque pétition que ce soit d'infléchir la position de Sarkozy, mais bon, on peut toujours essayer) ces évolutions dont vous parlez. Mais je n'y crois pas une seconde.
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L
@OdanelAlors...Débat complexe, mais essentiel.Je n'ai aucune crise d'urticaire mais je suis passionné par le sujet et je suis ravi qu'on puisse l'aborder avec vous (normal, un Lillois, c'est pacifique) de façon aussi sereine... Désolé si j'ai pu vous paraître violent. Ce n'est nullement mon intention.Je voudrais dire avant tout que tous ces raisonnements arrangent bien entendu ceux qui veulent de ce traité. Le débat, avec deux partis majoritaires favorables à son adoption, sera réduit à peau de chagrin? Avec un référendum, au moins, on peut dialoguer, et l'Europe ne peut qu'en sortir gagnante (surtout que cette fois, peu de chances que le texte soit refusé, je pense...). Là, on n'en entendra pas parler, ou très eu, vous verrez. Au fond, qui a le mérite de mettre ces questions sur la table?- Un avocat raisonne ne droit, certes. Sauf que là, il ne s'agit pas de droit pur. La politique, ce n'est pas que du droit, et heureusement.- Sur la nature du traité. Certes, il ne fait qu'amender les traités précédents en ajoutant d'ailleurs à la complexité de la bête (le mérite du TCE, il faut le reconnaître, était justement de simplifier). Mais l'essentiel du TCE est repris, ne le niez pas (au niveau insitutionnel, je parle). Alors bien sûr, il n'y a pas de révolution par rapport à Nice, juste des ajustements pratiques. Pas de quoi s'affoler, et réclamer que le peuple s'exprime, si l'on raisonne dans le formol et en toute "pureté".Sauf que le 29 mai 2005 est passé par là. Quoi que vous disiez, moi, c'est contre toute une évolution que j'ai dit non, lorsque je me suis exprimé pour la première fois ce jour-là. Non à une Europe technocratique, non à une Europe qui n'assure pas la séparation des pouvoirs, non à une Europe qui est trop éloignée des "gens", non à une Europe qui se construit sans les peuples, non à une Europe qui ne respecte même plus un de ses principes d'origine, celui de la subsidiarité. Non à une Europe qui privilégie sans cesse l'élargissement au mépris de l'approfondissement. Se réignant ainsi aux querelles de chapelles, de nationalités. A l'impuissance!Je ne sais pas si je me fais bien comprendre. Je ne crois pas que les politiciens français en soient uniquement responsables, par leur manque de pédagogie pourtant évidentJ'ai dit non à un système qui était non pas gravé dans le marbre, comme certains l'on dit, mais confirmé dans un texte qui aurait été compliqué à modifier par la suite étant donné le nombre de membres et les procédures de modification.- Pas un clône du TCE? Ben désolé, à part les histoires de symboles, le ministre des affaires étrangères (bref, à part ces éléments intéressants...), je ne vois pas la différence? VGE lui même l'admet. D'accord sur le terme d'OGM ;)- Je n'ai pas dit que le président n'avait pas la liberté de choisir, je dis que ce choix n'est pas le bon. Et que c'est préjudiciable pour le débat, comme je le dis plus haut.- Je n'y peux rien si des idiots ont voté non pour virer Raffarin.- Le "peuple" n'est pas forcément bien armé, certes. Mais je le répète : à ce moment-là, pourquoi ne pas vivre en aristocratie alors? Le choix d'un président n'est pas plus simple. Et les choix européens sont sans doute plus important pour le pays que l'élection présidentielle... Croyez-vous que les électeurs votent en connaissance de cause, habituellement? Qu'ils lisent les professions de foi et ne votent pas en fonction des sondages et de TF1? J'en doute.- Je ne remets pas en cause pour autant le principe de la démocratie réprésentative. Je ne parle que de ce cas-là. Et il me paraît caractéristique d'un court-circuitage. Vraiment, je me dis que les divergences sont tellement fortes que je ne sais même pas si vous comprenez les raisons qui animent mon opinion!- je ne sais pas si les Français ont envie de se prononcer. Je crois qu'un sondage l'avait pourtant dit. Ok ce n'est qu'un sondage, dont je n'ai pas les références. Peu m'importe, à la limite : moi, je ne fais que relayer mon opinion sur la question.
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R
Ni facile, ni difficile, c'est un fait.  Rien demander au peuple ? Et les élections présidentielles, ce n'est pas fait pour le peuple ? Il s'agit bien d'une élection au suffrage universel. La renégociation a été impossible parce qu'il n'y avait pas de base et pas de proposition tout simplement.La procédure de ratification a été interrompue, en effet. Ce qui confirme qu'un référendum bloquerait définitivement l'Europe. Alors qu'un Oui, même tiré par les cheveux, je le concède, laisse la porte ouverte à d'autres propositions et une autre Europe. Je vous renvoie à mon article sur ce sujet :http://rene-de-beauregard.blogspirit.com/archive/2007/11/20/pour-le-vote-parlementaire-du-trait-eacute-de-lisbonne.html
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