Alors, Copé, Meaux c'est comment?
Le rejet, hier, du texte sur les OGM, au terme d'un processus parlementaire déjà mouvementé, aura sans doute raison à court-terme de la peau et des ambitions du Manuel Valls de la droite : comment Nicolas Sarkozy pourrait pardonner à Copé de n'avoir pas su tenir ses troupes et d'avoir fourni un tel exemple d'amateurisme et de division? Il suffisait de rameuter cinq ou six élus, et on n'en parlait plus.
En outre, ce n'est pas la première fois que le président du groupe est rappelé à l'ordre par le Président tout court. Sur d'autres textes clefs, comme la réforme des institutions ou la loi de modernisation de l'économie, pourra-t-il continuer à lui faire confiance?
Après l'épisode bling-bling, François Hollande a raison (même s'il devrait d'avantage proposer que blaguer) de parler de passage couac-couac. Tout se passe comme si la majorité n'était plus majoritaire ni dans le pays, ni dans les sondages, ni même au parlement. Authueil parle de séisme politique. Ce n'est pas très sympa eu égard au drame qui touche actuellement les Chinois, mais comment appeler autrement un tel camouflet, puisque les députés UMP ont clairement fait comprendre, en ne se déplaçant pas, qu'ils ne soutenaient pas un texte phare du gouvernement? Même si sur la forme, l'incident montre que le Parlement n'est pas la chambre d'enregistrement qu'on nous décrit parfois... Comment le président compte-t-il gouverner, une fois qu'il aura dopé les pouvoirs de la chambre basse?
Car au-delà du gouvernement, c'est clairement Nicolas Sarkozy qui est visé. Pour lui, la spirale positive s'est arrêtée depuis plus de six mois, désormais. L'autre soir, devant les mêmes députés UMP, Sarkozy s'est une nouvelle fois illustré en déblatérant sur Chirac, qu'on se prend à regretter, et sur une poignée de médias, jugés responsables de ses malheurs. Il serait temps que Sarkozy sorte de sa propre caricature, arrête de contempler sa propre image, tel un enfant, qu'il prenne le taureau par les cornes et cesse de se considérer comme le génie politique du XXIe siècle.
Malheureusement, on peut parier qu'un autre va payer à sa place. Copé, bouc émissaire idéal? Ce ne serait pas tellement justice, car le maire de Meaux n'y peut rien si les députés n'en font qu'à leur tête. Il n'est pas garde-chiourme, non plus. Mais faire de la politique, ce n'est pas être juste, c'est s'évertuer à durer... Et entre Sarko et Copé, on peut décidément parier sur le premier cheval.
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