Un débat avant le premier tour n'est pas nécessaire

Publié le par Le chafouin

On entend aujourd'hui le PS réclamer un débat à cor et à cri, alors que des pétitions se multiplient sur internet pour l'exiger. Et il faudrait que cette confrontation ait lieu avant le premier tour, qui rappelons-le, a lieu dans quinze jours.

"Ce débat est une nécessité démocratique et le refus de Nicolas Sarkozy est incompréhensible", a déclaré ce matin Julien Dray qui a réclamé solennellement la tenue d'une confrontation entre les candidats. L'idée avait été lancée il y a plus d'une semaine par Bayrou. Royal, Le Pen puis les "petits" candidats s'y étaient ralliés. Mais voilà : Sarkozy refusant de participer à un tel débat, il y a peu de chance qu'il se tienne sans lui.

L'UMP invoque des raisons d'ordre technique pour expliquer cette position : "Ce débat, on a eu des semaines pour le faire", affirme un membre du QG de campagne de Sarko contacté par nouvelobs.com "C'est aujourd'hui que la loi sur les temps de parole ne le permet plus qu'on voudrait l'organiser et la contourner en utilisant internet. Techniquement, l'organisation de ce débat n'est pas faisable, notamment en cas de trop nombreuses connexions. Et si le débat a lieu dans le cadre de la télévision par ADSL, nous tombons alors sous le coup des règles du CSA".

Sarkozy lui-même, il y a quelques jours, expliquait d'ailleurs qu'il n'était pas envisageable de faire débattre tous les candidats (risque de cacophonie). Quant à organiser une confrontation des quatre favoris des sondages, ne serait-elle pas anti-démocratique? Car sur le papier, Sarko ne vaut pas plus que Schivardi. Il est sans doute plus crédible, mais on ne peut pas donner plus d'importance aux uns et aux autres selon leur position dans les sondages...

Nicolas Sarkozy ne peut pas toujours avoir tort. Surtout que personne n'ignore son talent d'orateur : le petit Nicolas a tout à gagner d'un débat avec Royal et Bayrou, et il a déjà rembarré Le Pen sur 100 minutes pour convaincre, là où les autres (à part Tapie) ont toujours répugné à l'affronter.

Cela fait des mois que les candidats échangent des idées. Qu'ils confrontent leur point de vue. Il faudrait donc, pour décider les indécis, organiser un combat de gladiateur où la théâtralité l'emporterait à coup sûr sur le fond? Il faudra conforter la paresse intellectuelle? Certes, quand on est intéressé par la chose publique, par la vie politique, on ne peut que baver d'envie à l'idée d'assister à un débat sarko-bayrou-le pen-royal. Mais jusqu'à preuve du contraire, il ne semble pas que la démocratie (qui n'existe de toutes façons pas dans ce pays) soit en danger s'il n'a pas lieu. On sait déjà exactement quel projet défendent les forces en présence. Et si on l'ignore, on n'a aucune excuse.

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Publié dans Politique

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