Mardi 6 mai 2008
Juste un rappel : Maximilien Robespierre, né le 6 mai 1758, et guillotiné le 28 juillet 1794, a été celui qui avec la Terreur, a voulu appliquer à la lettre les théories de la souveraineté populaire chères à Rousseau. En fait de quoi, il a envoyé un maximum de monde à l'échafaud et a été un des premiers à tenter de montrer ce que pouvait donner le totalitarisme.

Et voilà qu'à Arras, sa ville natale, l'association des Amis de Robespierre (rien que le nom de l'association fait frémir) organise une exposition pour honorer le 250e anniversaire de sa naissance. "Nous avons préféré nous arrêter à 1789 . Nous rendons hommage à Robespierre l'Arrageois, celui qui ne fait pas encore débat, dans un esprit de commémoration au sens historique du terme", explique ce matin dans Nord Eclair le directeur de l'Office de tourisme.

D'une part, il n'y a pas plusieurs Robespierre : il n'y en a qu'un seul. D'autre part, Robespierre ne fait pas débat, c'est un tyran, point. Par ailleurs, s'arrêter à 1789 est une manière particulièrement malhonnête d'essayer de rendre sympathique un odieux personnage. Imagine-t-on une exposition consacrée à l'enfance d'Hitler, où l'on essaierait d'expliquer la complexité du bonhomme?

Il y a deux explications, à mon sens, à ce genre de phénomène. D'une part, la France est un pays qui a du mal avec son histoire et tout particulièrement avec la Révolution française. Tout se passe comme si, en application du propos de Clémenceau, selon lequel la Révolution était un "bloc", on avait peur de toucher au mythe, à la légende, à l'humanisme qui avait soi-disant guidé les pas des sans-culottes. Comme si on craignait, en critiquant un passage de la Révolution, de devoir tout remettre en cause.

Il y a ensuite une bien coupable tolérance à l'égard de cette association des amis de Robespierre, dont l'objectif affiché est, rappelons le, de "...faire mieux connaître ROBESPIERRE, le rôle déterminant qu'il a joué dans le grand mouvement émancipateur qu'a été la Révolution française et la part prépondérante qu'il a prise pour sauver la patrie en danger. Elle considère que le combat qu'il a mené pour une véritable démocratie, pour une réelle égalité entre les hommes, ainsi que les exemples qu'il a donnés de tolérance et d'intégrité dans l'action politique sont toujours d'actualité".

Il y a des gens qui pensent cela, en dépit de tout bon-sens historique, qui se battent pour le faire reconnaître, et qui sont financés par des collectivités territoriales. Un conseil général, plusieurs municipalités selon l'association.

Remarquez, Georges Frêche avait bien déclaré vouloir acheter une statue de Lénine pour Montpellier, et cela n'avait fait réagir personne...
par Le chafouin publié dans : Chafouinage
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Mardi 6 mai 2008
Je vous propose aujourd'hui le témoignage de deux séminaristes chinois, recueilli par Oscar, commentateur avisé et régulier de ce blog. Ces deux jeunes étudient en Belgique, sous des prétextes différentes mais tout autant fallacieux. En Chine, il n'est en effet pas permis de pratiquer à sa guise. Voici donc deux visions différentes et complémentaires, sans être pour autant catastrophées, à propos de la façon dont les catholiques sont traités dans l'Empire du milieu.


Thomas est séminariste d’un diocèse d’une province du Nord (cette précision est  utile, car chaque province a sa propre situation). Nous savons qu’en Chine, on distingue habituellement l'Eglise clandestine et l'Eglise officielle, cette dernière seulement étant reconnue par l’Etat. Thomas préfère parler de deux communautés, plutôt que de deux églises. Maintenant, la plupart des évêques sont dans l'Église officielle, la communauté publique, et très souvent nommés par le Vatican, souvent discrètement à cause de la situation politique.

Depuis 30 ans, je constate une évolution de la liberté de l'Eglise, malgré les nombreuses difficultés. Il y a encore des évêques qui sont consacrés sans l’accord du Vatican. Mais l’orientation générale est positive. Economiquement, à cause de la mondialisation, le gouvernement doit être plus ouvert et donner plus de place à l'Eglise. Il ne veut pas mais il est obligé. Pendant le temps de Mao, c’était vraiment la persécution traditionnelle, physique. Eglises fermées ou détruites, le clergé en prison ou dans les camps. Après la mort de Mao, une nouvelle époque a commencé pour l'Eglise, dans la politique de la Chine. Parce qu'au sein du parti communiste chinois il y a deux tendances. Une conservatrice. Très peu de communistes croient vraiment au communisme. Le but est de sauvegarder le pouvoir politique. Pour sauvegarder le pouvoir aujourd’hui, il doit tolérer toutes les religions, uniquement en vue de garder l’ordre de la société, pour se protéger. L’autre tendance provient d’une nouvelle génération, qui a fait des études en Europe. Il y a une plus grande ouverture d’esprit. Ils ne croient plus au communisme. Cette tendance nouvelle préfère donner plus de respect et de liberté, mais cela engendre des conflits au sein du parti. Il n’y a donc, en tout cas pour l'Eglise « officielle », pas vraiment de persécution, plutôt une limite. Il y a encore des prêtres dans les prisons, peu, ou qui sont assignés à résidence sans pouvoir exercer leur ministère. C'est surtout des prêtres de la communauté clandestine. Dans beaucoup de provinces, nous avons un certain espace. S’il n’y a pas de conflit entre la Chine et le Vatican, nous sommes libres d’aller à la messe, de prier, de construire les églises, que ce soit pour l’officielle et pour la clandestine. Les persécutions dépendent aussi beaucoup des relations actuelles entre l’Etat et le Vatican. Concernant l'Eglise « officielle » elle a plus de liberté pastorale, mais nous sommes toujours limités. Cela dépend des provinces. Normalement, notre téléphone est toujours surveillé. Je ne peux pas dire n’importe quoi avec mon évêque au téléphone. Je ne peux pas parler de points sensibles. Si on voulait faire un pèlerinage, il faut demander la permission. On n’a pas le droit d’avoir l’école catholique. Il y a des écoles catholiques, mais dans les villages ou tout le monde est catholique. Et selon la loi c'est interdit. Normalement, le catéchisme est permis pour les enfants.

Thomas a eu la possibilité d’étudier en Europe grâce à son diocèse, mais le gouvernement ne sait pas que c'est pour faire des études de théologie. Il a préféré donner son nom de baptême plutôt que son nom chinois, afin de garder un certain anonymat.

Le frère Benoît est quant à lui un moine cistercien trappiste, qui fait aussi ses études en Europe, d’abord en France et maintenant en Belgique.

La communauté du frère Benoît n’est pas reconnue par l’Etat. Tous les moines doivent être recensés et avoir une carte d’identité, mais pas en tant que moine, car c'est interdit. Ils peuvent cependant aller librement dans une église officielle. Le supérieur de cette communauté trappiste a été interné pendant douze ans dans un camp de travail, à cause de sa foi. Il a pu étudier l’anglais, le français, le latin, avec des étrangers, ce qui lui a permis de former des jeunes moines et de reformer sa communauté dispersée. Désormais, les prêtres ont une certaine liberté, car l’Etat est plus conciliant avec les religions. La communauté a donc pu être reformée, même si elle n’a pas pu retrouver son ancien monastère. Les persécutions, aujourd’hui, sont assez minimes, et concernent surtout l'Eglise clandestine, non reconnue par l’Etat. Les prêtres de cette église sont parfois mis en prison, sont gênés dans leur ministère, mais les grandes persécutions des années 70 à 90 sont presque arrêtées. La dernière lettre du pape aux catholiques de Chine appelle au dialogue entre l'Eglise et l’état, et entre l'Eglise officielle et l'Eglise clandestine.

Témoignage personnel, datant de 2004 : Mgr Rey, actuel évêque de Toulon, a été appelé par des catholiques chinois pour leur prêcher une retraite. Pour ce faire, l’évêque a du se faire passer pour un psychologue, ne pouvant évidemment pas pénétrer sur le territoire chinois comme évêque catholique. Arrivé là-bas, il a passé une journée à faire du tourisme. Pour rentrer ensuite en contact avec ses correspondants, il a du se rendre dans une rue précise en arborant tel journal. Monté dans une voiture, puis dans une autre, puis dans une troisième, il s’est retrouvé en pleine campagne, dans un endroit très reculé. Il a alors pu donner la retraite demandée. Les séminaristes de ce diocèse doivent changer de téléphone tous les mois, et déménager également tous les mois pour ne pas être découverts. L’évêque du lieu, ainsi que son vicaire général, est en prison. L’administrateur nommé pour les remplacer est lui aussi en prison…

Ce témoignage, entendu de mes propres oreilles, est beaucoup plus inquiétant que les deux autres, et pas tout à fait concordant. Cela s’explique sans doute par les divergences entre les diverses provinces.

par Le chafouin publié dans : Religion
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Lundi 5 mai 2008

La droite a sans doute perdu une nouvelle fois la bataille de la communication en étant trop caricaturale, à la limite du ridicule.

Ce week-end, de nombreux blogueurs ont reçu un mail de l'équipe de 40 ans plus tard, une émanation des jeunes de l'UMP. Il s'agit d'un débat avec André Glucksmann et son fils Raphaël sur le sempiternel thème du "Faut-il liquider mai 68"?

Au-delà de cet événement précis, le message que cherche à véhiculer cette association, c'est que quarante ans après mai 68, "la jeunesse qui bouge a aujourd'hui changé de camp", et qu'elle se trouve bien entendu désormais à droite.

Pas sûr que la méthode utilisée soit de nature à fonctionner puisque ce mail collectif envoyé à la première moitié du classement wikio a été la risée immédiate de l'hémisphère gauche du monde des blogs politiques. Autrement dit, l'initiative a suscité une volée de bois vert.

Une fois encore, en suscitant un buzz unanimement méprisant ou moqueur, la droite apparaît comme ringarde et décalée. Il s'en trouve cependant certains pour penser que cette publicité profite de toute façon aux jeunes de l'UMP. Ce n'est pas si évident que cela, puisque la plupart de ceux qui auront accès à cette information seront déjà influencés par une certaine vision des choses.

Un événement qui ne fait parler de lui qu'en négatif sort discrédité d'office. C'est à croire qu'à droite, on a perdu la main en matière de communication...

par Le chafouin publié dans : Blogs
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Lundi 5 mai 2008
Il y a un sondage avec lequel on va nous bassiner pendant des jours et des jours avec l'anniversaire de l'arrivée à l'Elysée de Nicolas Sarkozy : 66% des Français sont globalement insatisfaits de la politique menée selon un sondage Opinion way réalisé pour le Figaro. In-sa-tis-faits.

Quand on creuse un peu et qu'on va au-delà de cette simple moyenne, on s'aperçoit que les mécontents sont également majoritaires en ce qui concerne la manière dont Sarkozy exerce le pouvoir (63%) ou le rejet global des réformes entreprises (58%).

On remarque aussi que si le quota interrogé rejette massivement l'arrivée de renforts en Afghanistan (72%), les franchises médicales (72%), et la carte judiciaire (54%), il approuve la réforme des droits de succession (82%), les peines plancher (80%), la défiscalisation des heures supplémentaires (73%) ou la loi sur le service minimum dans les transports (73%).

Ces chiffres amènent à deux types de commentaires. Le premier, c'est qu'on se rend bien compte qu'il y a peu d'idéologie dans ces réponses, mais bel et bien du pragmatisme. Un libéral répondrait qu'il est pour la loi sur le service minimum, et pour les franchises médicales. Ici, les Français sont favorables quand ils ont quelque chose à gagner, et opposés quand ils peuvent y perdre. Comme d'habitude, on pourrait dire. Ce n'est pas pour rien si Bayrou a eu ses chances en 2007, et qu'il les conserve probablement pour 2012 : la France aime être gouvernée au Centre. C'est-à-dire nulle part, mais là où ça fait le moins mal.

Ce qui nous amène tout de suite à la deuxième remarque : existe-t-il un gouvernement qui pourrait rendre les Français satisfaits? Non. Pour les rendre satisfaits, il faudrait baisser les impôts tout en maintenant élevés les avantages et acquis sociaux dont nous bénéficions. Il faudrait baisser les prix sans toucher les agriculteurs, par exemple. Il faudrait réglementer les taxis sans leur déplaire, etc, etc... Le tout, dans un monde d'où la crise financière disparaîtrait bien entendu comme par enchantement!

Ce gouvernement semble naviguer à vue, c'est entendu. Avec un carnet de bord des réformes à faire, mais sans vision globale pour la France. Même s'ils étaient au courant depuis le début de ce qui allait se passer, les Français seront de toute façon insatisfaits au bout du compte. La question suivante à poser est donc celle-ci : "Vous qui êtes insatisfaits de la politique menée, êtes-vous pour autant favorables à son alternative, c'est-à-dire Ségolène Royal? Voulez-vous vraiment de Julien Dray au ministère de l'Intérieur et de François Rebsamen aux Finances?"

par Le chafouin publié dans : Politique
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Samedi 3 mai 2008
par Le chafouin publié dans : Humour
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Vendredi 2 mai 2008
Les faits : un homme ayant récemment épousé un autre homme aux Pays-Bas, où ils vivent, et a demandé la nationalité néerlandaise a de facto perdu sa nationalité française.

Présentée ainsi, cette information mérite plus de détails pour pouvoir en juger. Il est amusant de voir deux façons différentes de procéder.

D'un côté, vous avez la vision idéologue des choses, qui n'a aucun recul et se contente d'un paresseux et facile procès d'intention, dans lequel se glissent tous les sous-entendus. C'est la vision du magazine Têtu, reprise peu ou prou par la presse entière : ce fait signifie qu'un homme a été discriminé parce qu'il était gay. Cette caricature de la thèse de l'Etat réactionnaire se retrouve aussi chez Marc Vasseur, qui affirme qu'il "conchit cette république et ce gouvernement de vieux cons réactionnaires". Tout ça parce que nos chers médias et notre cher Marc ne se renseignent visiblement pas.

Car selon trois sources juridiques concordantes, il semble que cette décision automatique trouve sa source dans des conventions internationales qui échappent totalement au gouvernement français. Pour simplifier, vu que l'état-civil français ignore le mariage entre personnes de même sexe, ce monsieur reste célibataire aux yeux du droit français. Et donc en acceptant la nationalité néerlandaise sans préciser qu'il voulait garder la française, il a logiquement perdu cette dernière.

Voici ce qu'en dit Maître Cobert :

"Peut être ne savait-il pas qu'une convention franco-néerlandaise datant de 1985 prévoit que toute personne d'un des deux pays acquérant la nationalité de l'autre perd automatiquement sa nationalité d'origine. Bien sûr, il y a une exception à la règle en cas de mariage et de manifestation expresse de volonté de garder sa première nationalité. Certes, il semble que Frédéric n'ait pas entrepris cette démarche lors de son mariage, certes la France ne reconnaît pas la validité de son mariage gay. Mais, en aucun cas la nationalité française ne lui a été retirée à cause de cette union homosexuelle. Entre son mariage gay et l'acquisition de sa nouvelle nationalité, il était toujours français. S'il n'avait pas demandé la nationalité néerlandaise, il serait aujourd'hui toujours français malgré ce mariage."

Voici ce qu'en dit Eolas :

"Cette convention pose le principe qu'un citoyen d'un des pays signataires qui prend, par un acte de manifestation de volonté (déclaration, demande) la nationalité d'un autre pays signataire perd sa nationalité d'origine. Convention qui, en application de l'article 55 de la Constitution, prime sur la loi interne."

Et Jules de Diner's Room :

"Il est donc difficile de conclure que le droit français punit les homosexuels en les privant de nationalité. En réalité, la règle n'est que l'application du droit international privé. Le français ne peut aller quérir ailleurs la loi qui lui semble plus favorable pour faire échec aux règles de son droit national. Et s'il est privé de sa nationalité, ce n'est que parce qu'il a volontairement choisi d'adopter la nationalité néerlandaise. J'estime que le refus du mariage aux couples de même sexe présente un caractère discriminatoire, mais il me semble que c'est pousser un peu loin que de de brutaliser les faits de cette affaire pour en déduire une frénésie punitive du droit français à l'endroit des homosexuels."

Parler de droit plutôt que d'interprêter à la hâte, c'est tout de même plus plaisant intellectuellement. Et sans doute plus proche de la vérité!
par Le chafouin publié dans : Chafouinage
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Mercredi 30 avril 2008
On glose souvent sur la dangerosité des groupes néo-nazis, mais s'il y a bien un phénomène extrémiste inquiétant , c'est la montée des mouvements sataniques en France.

Preuve en est le coup de folie de ce collégien du Rhône, qui a poignardé trois de ses camarades lundi. Gothique et fan de hard rock, et attiré par le satanisme. Il aurait demandé à l'un des victimes "Est-ce que tu crois en Dieu?".

Au début du mois, la Miviludes (Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires) avait déjà pointé du doigt la montée du mouvement satanique dans notre pays.

Selon son rapport pour l'année 2007, il y aurait 25 000 adeptes de Satan en France, et 92 cas de profanations ont été répertoriés en douze mois. Soit une augmentation de 300% en trois ans...

« Toutes branches et chapelles confondues, environ 25 000 personnes sont en contact avec le satanisme, dont 80 % de moins de 21 ans, estime la Miviludes. La mouvance satanique repère, récupère et instrumentalise la fragilité de certains jeunes en souffrance identitaire, en angoisse de l'avenir, en rupture familiale, en échec scolaire. Notamment en leur proposant une idéologie de révolte qui semble répondre à leurs attentes. »

Le rapport évoque aussi des actes de barbarie envers les animaux et de nombreux cas d'automutilations ou de scarifications...

Il y a vraiment un truc qui ne va pas dans l'humain... un truc qui cloche chez l'homme.

par Le chafouin publié dans : Société
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Mardi 29 avril 2008

Cette information relativise beaucoup les prétentions de l'Algérie et de son président Abdelaziz Bouteflika à nous faire sans cesse la leçon. Un prêtre lillois a en effet été condamné le 30 janvier à un an de prison avec sursis et 200 000 dinars d'amende pour avoir commis le crime odieux de prier en dehors d'un édifice religieux.

"Âgé de 65 ans, l’homme vit en Algérie depuis 1971 et le 26 décembre, dans un bidonville à la frontière avec le Maroc où tentent de survivre des migrants candidats au passage en Europe, il a prié avec des Camerounais de rite catholique. En plein air. Quelques jours plus tard, il était interpellé par la police et, fin janvier, la condamnation est tombée : un an de prison avec sursis", écrit ce matin la Voix du Nord. Le clergé local s'est mobilisé, et l'archevêque d'Alger, Mgr Teissier, a publiquement jugé "exagérée" cette sanction tout en cherchant à apaiser les esprits. Il y a quelques jours, la peine a été ramenée en appel à deux mois de prison avec sursis. Cela reste un scandale.

Reste qu'au-delà de ce cas particulier, c'est la loi du 20 mars 2006 visant à lutter contre le prosélytisme religieux qui se trouve remise en lumière. Rien que ce mot de "prosélytisme" fait blémir. Comment peut-on empêcher les fidèles d'une religion de vouloir convaincre autrui que son message est positif ou intéressant? En l'occurrence, cette loi interdit aux cultes non-musulmans d'être célébrés en-dehors des édifices prévus à cet effet. Ce qui sous-entend la prohibition des processions ou des messes en plein air. Mais à la limite, ce texte pourrait très bien être interprété de manière extensive, et prohiber le port de la croix en public, par exemple... En l'espèce, ce prêtre a simplement prié en plein air avec des migrants dans un bidonville...

D'après l'agence Zénit, le texte va même beaucoup plus loin : "toute rencontre organisée en dehors des structures religieuses ne peut avoir lieu sans autorisation préalable écrite du gouvernement civil (...) L’utilisation d’un édifice comme lieu de culte doit également faire l’objet d’une demande explicite (...) Les autorités s’estiment en droit de refuser une autorisation si elles considèrent qu’il y a « danger pour la sauvegarde de l’opinion publique ». (...) Les rencontres religieuses spontanées en dehors des lieux de culte sont interdites."

Sans compter que tous ceux qui chercheraient à convertir un musulman à une autre religion risquent jusqu'à cinq ans de prison ferme et 10 000 € d'amende. De même que ceux qui "fabriqueraient, entreposeraient ou distribueraient du matériel imprimé, des publications audiovisuelles ou tout autre support ou moyen visant à affaiblir la foi musulmane".

Au départ, ce texte était prévu pour contrecarrer l'implantation en masse d'évangélistes en Algérie. "Le prosélytisme "chrétien" en Algérie n'a rien à voir avec le droit de choisir ou de pratiquer une religion, lit on sur ce blog. Il fait partie du programme de stabilisation des pays arabes conçu par les néo-conservateurs et "chrétiens-sionistes" américains."

L'archevêque d'Alger, qui se veut optimiste, considère lui-même que la liberté d'expression n'est "pas remise en cause", mais que les méthodes "agressives" utilisées par les évangélistes "ne sont pas toujours irrépréhensibles du point de vue pastoral". La preuve est pourtant aujourd'hui établie que les catholiques ne seront pas exempts de cette législation répressive. Et en soi, il n'est pas plus légitime d'interdire aux Evangélistes de convertir ceux qui le souhaitent.

On comprend la modération de Mgr Teissier. Reste qu'il est navrant de constater que ce sont nous, les Occidentaux, qui sommes sans cesse accusés d'intolérance vis-à-vis de l'Islam. Alors que chez nous la pratique de cette religion - et c'est bien naturel - est libre, que les mosquées se construisent partout et qu'on réfléchit même à faire participer l'Etat à leur financement. Sans compter les créneaux parfois réservés - là, cela pose question - aux femmes dans les piscines. Que dirait-on si en France, on interdisait aux musulmans tout prosélytisme? On hurlerait au scandale, des drapeaux bleu-blanc-rouge seraient brûlés à travers le monde et des fatwas haineuses seraient lancées.

Après, comment s'étonner que l'on ait une mauvaise image de l'islam, quand c'est toujours celle-ci qui nous saute aux yeux?

par Le chafouin publié dans : Religion
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Samedi 26 avril 2008
par Le chafouin publié dans : Humour
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Vendredi 25 avril 2008
Pour la quatrième fois en vingt ans, après les précédents de 1987, 1997 et 2005, Jean-Marie Le Pen aurait affirmé que les chambres à gaz ne sont qu'un "détail" de l'histoire de la seconde guerre mondiale.

Cette fois, il aurait tenu ces propos dans une interview accordée au magazine mensuel "Bretons", mais dont il n'a pas autorisé la publication, selon un communiqué envoyé aux rédactions.

Plus que cette affirmation, qui à mon sens n'a pas grand intérêt, ce sont les réactions qui sont révélatrices car elles sont clairement exagérées par rapport à l'enjeu. En quoi des organisations comme le Mrap, la Licra ou l'Union des étudiants juifs de France ont-elles intérêt à s'indigner d'une telle insignifiance, si ce n'est pour faire parler d'elles? Pour justifier jusqu'à leur existence? On attend aussi les réactions véhémentes de la Ligue des droits de l'homme et de SOS-Racisme. La boucle sera bouclée.

Bien sûr que non, les chambres à gaz ne sont pas un détail de la Seconde guerre mondiale. Elles n'en constituent pas l'essentiel, mais elles ne sont pas un détail car le système nazi a été au coeur de cette tragédie mondiale, et que la Solution Finale a été son aboutissement affreux et logique.

Une fois qu'on a dit ça, cela devrait suffire. Pourquoi ne s'en contente-t-on pas? On ne devrait pas avoir besoin, comme le Mrap et l'Uejf en ont déjà l'intention, de déposer plainte. Pour que le juge dise "vous avez tort de penser cela"? A quoi cela servira-t-il? Même s'il était condamné, à une amende ou une peine d'inéligibilité, il continuera de le penser.

A la limite, on peut même affirmer que ces associations de bien-pensance font plus de pub qu'autre chose à Le Pen. Autoriser tous les propos sur la place publique (sauf appel au meurtre, ou ce genre de choses, bien sûr) c'est se donner la possibilité de les contester. Les interdire, les pourchasser, les poursuivre, c'est non seulement prendre le risque de les reléguer à la sphère privée (où il sera plus difficile de les contester), mais en plus, donner du grain à moudre à toutes les théories du complot possibles et imagineables.
par Le chafouin publié dans : Chafouinage
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Vendredi 25 avril 2008
Enfin un journaliste! Enfin un professionnel capable de regarder un président droit dans les yeux, sans trembler. Enfin un homme qui répète sa question jusqu'à obtenir une réponse. Enfin quelqu'un qui ne se contente pas de considérer sa question comme l'introduction d'un discours, mais qui l'utilise comme l'outil d'un débat démocratique.

Yves Calvi n'a pas été parfait, hier soir à l'Elysée. On pourra tout dire sur le dispositif prévu par l'Elysée, sur le fait que les questions étaient vraisemblablement prévues d'avance et tout règlé au millimètre (que croit-on?), mais il n'y avait pas de comparaison possible avec les deux autres, David Pujadas et Patrick Poivre d'Arvor.

Chez eux, on ne remarque que le bronzage excessif. Les questions sont faiblardes, timorées, craintives, peu pertinentes. On sent la peur de froisser l'égo présidentiel, alors qu'ils sont là pour se faire le relais des interrogations des citoyens, et établir le bilan d'une année de sarkozysme. C'est le journalisme courtisan, le journalisme de révérence. Bien palôts, les deux présentateurs des JT de TF1 et France 2... Vincent Hervouët, pour LCI, a été trop peu à l'écran pour qu'on puisse se faire une idée, mais il a l'air lui-aussi dans un registre moins convenu que les deux pseudo-stars de l'info.

Sur le fond, rien à dire d'original. Nicolas Sarkozy a semblé enfin présidentiel, humble, reconnaissant ses erreurs (communication, carte familles nombreuses, conseillers s'exprimant trop...) mais souhaitant maintenir son cap de réformes pour appliquer ses promesses. Maintenant le suspense pour son propre avenir en 2012. J'ai bien aimé son couplet sur la politique familiale, même si cela semblait peu convaincu : "S'il y a bien une chose que je ne veux pas changer, c'est la politique familiale, parce qu'elle marche bien", a-t-il affirmé en mettant en avant le taux de fécondité des Françaises et l'augmentation régulière de la population.

Dommage, quand même, que personne n'ait trouvé utile de l'interroger sur son style agité, sur son impopularité et les raisons du désamour avec les Français. Peut-être est-ce terminé, après tout. Et puis sur l'Union européenne, on est passé très vite... ça n'intéresse pas les Français, on vous dit!
par Le chafouin publié dans : Politique
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Jeudi 24 avril 2008
Il était une fois une Europe créée pour rapprocher les peuples entre eux, éviter tout risque de nouveau conflit et se relever de deux guerres mondiales qui l'avaient laissée exhangue.

Il était une fois une Europe, qui faute de devenir politique, et parce qu'elle s'est obstinée à être incompréhensible pour les peuples, s'est peu à peu éloignée des citoyens. Ceux-ci comprenaient mal pourquoi elle venait réglementer le nombre de kilos de poissons qu'il faut pêcher dans le Bassin d'Arcachon, et pourquoi, elle persistait à refuser la création de quelque bannière barrière douanière que ce soit aux frontières du continent. Quand on est idéologue, mieux vaut l'être jusqu'au bout même si les Etats-Unis eux-mêmes pratiquent ce genre de protectionnisme. Ceux-ci comprenaient également difficilement pourquoi on vient leur dire ce qu'ils doivent penser, comment ils doivent vivre, les droits qu'ils doivent reconnaître ou non, et pourquoi quand ils franchissent une frontière de quelques kilomètres, les communications téléphoniques coûtent les yeux de la tête et les retraits bancaires sont surtaxés. Quand on construit un continent, autant commencer par les détails, pas vrai? Ceux-ci comprennaient mal, enfin, pourquoi on persiste à inclure dans cette Europe une Grande-Bretagne peu concernée, qui n'en tire que ce qui l' arrange à l'exclusion de tout le reste. Ils se demandaient pourquoi les Français ne feraient pas de même, après tout. Et on les traitait de poujado-fascistes et de sadomasochistes.

Et puis tout à coup, on leur a proposé une Constitution, qui reprenait tous les textes prééxistants en les formalisant de manière solennelle, tout en les accompagnant d'une charte des droits fondamentaux et en simplifiant le fonctionnement des institution. Nouvel épisode formidable de l'histoire. On annonçait de terribles catastrophes et une guerre atomique en cas de victoire du "non". Les ouistes, eux, assuraient qu'il était irresponsable de demander au peuple son avis. Parce que le peuple, il ne comprend jamais. Les députés, eux, savent ce qui est bien ou mal. Ces chers députés.

Pour faire passer la pilule et éviter la raclée qui s'annonçait, on avait préféré désamorcer la question turque d'abord. Ah oui, parce que dans cette belle histoire, il faut ajouter que par idéalisme, depuis les annés 80, on a entrepris d'avaler sans cesse de nouveaux pays avant même de savoir ce qu'on voulait faire de l'ensemble, et avant même d'avoir approfondi l'intégration européenne. Comme ça, quand on est vingt-sept, c'est vachement plus simple de tomber d'accord sur quelque chose de profond.

Et donc notre président Jacques Chirac avait dit : "toute nouvelle entrée dans l'Union, et par exemple celle de la Turquie, sera soumise à référendum en France". Et ce fut inscrit dans la Constitution, à l'article 88-5.

Il y eut un soir, il y eut un matin, et le "non" l'emporta tout de même.

Parce qu'en Europe on adore la démocratie, on décida d'interrompre le processus de ratification. Pas fou, sur les peuples qui s'étaient prononcés, tous avaient dit non, à part les Espagnols. On s'était dit que poursuivre le tour de table serait trop dangereux pour ce beau projet constitutionnel. Le peuple, on l'aime mieux quand il approuve.

Près de trois ans plus tard, on décida qu'il fallait relancer l'Europe. Et donc on bricola à la va-vite un semblant de traité simplifié reprenant peu ou prou le Traité constitutionnel européen rejetté en 2005. Mais cette fois, on le fit approuver par les députés. Un député, c'est plus sûr et surtout, bien plus loyal qu'un électeur.

Comme toute histoire qui se respecte, celle-ci a une superbe chute. Car tenez-vous bien, une fois ce traité approuvé, et bien ion s'est rendu compte qu'il n'y avait plus besoin de ce fichu article 88-5! Pour quoi faire, maintenant qu'on n'avait plus besoin du peuple!

Et hop, ni une, ni deux, le conseil des ministres a donc adopté hier le projet de modification constitutionnelle supprimant cet article. Le même jour, ironie du sort, le président slovène Danilo Türk expliquait à la tribune du parlement européen que "L’Europe ne doit pas refuser à la Turquie une perspective d’adhésion qu’elle lui a déjà promise."

Sans blague! Moi je n'ai rien promis.

Bien sûr, il y aura toujours des gens comme Pierre Catalan ou Jean Quatremer pour nous expliquer en quoi cet article était mauvais d'un strict point de vue de droit constitutionnel. Certes, techniquement, ils ont sans doute raison. La question n'est même pas là.

Le véritable sujet, c'est que Nicolas Sarkozy s'apprête à retourner sa veste sur le sujet. Et qu'il finira par soutenir cette adhésion qui tuera définitivement l'Europe politique. Ce n'est pas un hasard si Etats-Unis et Grande-Bretagne soutiennent ardemment cette candidature. Rappelons, à toutes fins utiles, ce que Nicolas Sarkozy affirmait en 2004 au-sujet de l'adhésion de la Turquie à l'UE : "Une décision aussi importante ne pourrait être prise qu'après qu'il y ait eu un référendum en France pour connaître l'opinion des Français".

Tiens, voilà ce qu'en dit Nicolas Dupont-Aignan : "Le discours officiel ne tient pas la route une seconde. Nicolas Sarkozy étant hostile à l’entrée de la Turquie, nous n’aurions plus besoin de référendum. De qui se moque-t-on ? Quand on se souvient qu’une fois élu, le Président n’a pas voulu mettre le veto sur l’ouverture de trois chapitres supplémentaires de négociations d’adhésion, on en est en droit et même en devoir de douter de la sincérité de ses assurances ! Et ce n’est pas un nouveau talk-show qui, comme par un coup de baguette magique, arrangera les choses… "


Merci à Nicolas J, dont la
migraine a suscité la narration de cette si belle histoire.

par Le chafouin publié dans : Europe
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Mardi 22 avril 2008
Une certaine moutarde vient au nez lorsqu'on se ballade dans les rues de sa ville, le dimanche après-midi, et qu'on voit des boutiques ouvertes au mépris total de la loi. Loi qu'on veut justement modifier en arguant de sa non-application. Un peu comme si on décidait, au vu du nombre de chauffards, d'autoriser les conducteurs à passer au rouge!

Avant-hier, j'ai ainsi pu constater plusieurs violations de la loi imposant le repos dominical, notamment dans une boutique de mariage qui d'après mes analyses, n'est ni un magasin culturel, ni touristique. ni alimentaire, ni médical... Et qui devrait donc être verbalisé comme il se doit. Le respect de la loi n'est-il pas le pilier de notre pacte social, comme diraient les beaux esprits?

Au lieu de cela, on cherche sans cesse à nous apitoyer sur le sort de ces pauvres salariés volontaires pour aller au turbin chaque dimanche, qui ne s'en sortent pas et ne retrouveront l'appétit qu'une fois que leur magasin sera autorisé à ouvrir sept jours sur sept. Ainsi, dans Le Figaro, pouvait-on lire ceci la semaine passée dans un brillant article faisant la promotion du travail dominical, au mépris de toutes les règles du contradictoire :

Pouvoir travailler le dimanche, c'est justement ce qu'ont réclamé jeudi des salariés de Castorama et de Leroy Merlin, rejoints par des commerçants du centre commercial Art de Vivre d'Éragny, dans le Val-d'Oise. Ces deux enseignes sont menacées d'astreintes à la suite de plaintes du syndicat FO, qui poursuit aussi en justice la librairie Le Grand Cercle à Éragny. «Nous étions au moins 3 000», s'est félicitée jeudi Julie Cognois, cofondatrice d'un collectif pour le maintien du travail le dimanche et salariée de Castorama. «Cela fait vingt ans qu'on ouvre le dimanche et c'est du volontariat», explique-t-elle, ajoutant qu'elle a financé ses études en travaillant le week-end chez Castorama.


C'est clair, non? Vous aurez compris, en lisant Le Figaro, que le responsable des malheurs de ces salariés, ce n'est pas le patron, ni l'Etat, mais bel et bien le méchant syndicat F.O. ! Pourtant, en lisant un autre quotidien, Le Monde, la réalité semblait tout autre puisqu'on apprenait ceci :   "De fait, les manifestants ont bénéficié d'un bon coup de main de leur employeur. "Chaque établissement a financé le déplacement de nos collaborateurs sur place", indique un porte-parole de Leroy Merlin. "C'est le CE qui paye", précise Yveline Collet, employée au magasin de Monsoult (Val-d'Oise). Le prix des casse-croûte aussi a été réglé par les enseignes."


Voilà, dit comme ça, l'information change un peu de sens. Nonobstant, et en dépit des soucis de porte-monnaie de nos concitoyens, on persiste à vouloir étendre par à-coups la libéralisation du travail dominical, après l'avoir autorisé de manière totalement arbitraire dans le secteur du meuble en décembre. On va continuer ainsi, parce que dans ce genre de domaine, tout recul est ensuite impossible!

La proposition de loi Mallié "visant à rénover les dérogations au repos dominical",  qui consacre une nouvelle fois de manière totalement hypocrite que la règle, c'est de ne pas travailler, rentre parfaitement dans ce cadre. Les motifs de la loi sont clairs : "53% des Français sont favorables à un assouplissement de la législation" (53% des Français veulent pouvoir acheter, mais sûrement pas travailler!), "61% des Franciliens se disent très occupés la semaine et cela se comprend lorsqu'en semaine les embouteillages autour des agglomérations annihilient toute volonté de réaliser des courses et achats" (on ne savait pas que la mission de l'Etat était de favoriser le désir d'achat...), "le dimanche permet d'effectuer des achats en famille pour la décoration d'intérieur, le bricolage et l'électro-ménager" (non, ça s'est juste parce qu'on a laissé la loi être violée en toute impunité, c'est tout) et aujourd'hui, "des milliers d'emplois sont menacés" (ça émeut moins quand c'est dans l'industrie). Bref, on a laissé faire, des habitudes se sont créées, donc légiférons au plus vite, il en va de l'avenir du pays!

Cette loi permet essentiellement la création de manière expérimentale pour cinq ans par les préfets, dans neuf départements (Ile-de-France et Bouches-du-Rhône), de zones d'activité commerciale exceptionnelle, dans lesquelles toute enseigne pourrait ouvrir. Deux remarques : là encore, il sera impossible de dire, dans cinq ans, que l'expérience n'est pas concluante. D'autre part, on imagine d'ici la jalousie des mêmes zones commerciales à Lille, Strasbourg, Bordeaux, Rennes, Lyon... Point positif : le refus d'un salarié de travailler le dimanche, ne "constitue pas une faute ou un motif de licenciement". Encore heureux! Mais est-ce que ça constitue un motif de harcèlement?

Les commerces des zones caractérisées de "touristiques" par les préfets de chaque département pourront eux aussi ouvrir chaque dimanche. Pendant cinq ans, la mesure concernera tous les commerces de détails et pas les seuls commerces alimentaires, touristiques ou culturels. Là encore, il sera impossible de revenir en arrière.

Pour les zones non-touristiques, on réajuste les horaires de fermeture des boulangerie et autres supermarchés alimentaires (13h au lieu de 12h30), ce qui ne fait pas vraiment débat.

Jean-François Copé, le chef du groupe UMP à l'assemblée, a estimé qu'il fallait mettre "à l'ordre du jour prioritaire" cette proposition de loi, qui pourrait ainsi être examinée courant mai. On a les priorités qu'on peut même si en l'occurrence elels sont très terre-à-terre et ne tiennent compte que de contingences économiques à court terme.

En attendant d'ouvrir le débat, je vous propose de vous rendre sur ce site, très bien fait, qui rappelle les enjeux du repos dominical, les règles en vigueur et toutes les actualités sur le sujet.
par Le chafouin publié dans : Société
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Lundi 21 avril 2008
Un collectif parlementaire a trouvé une saine occupation et un combat à sa mesure : sauver notre bon vieux système d'immatriculation des véhicules, qui perdra progressivement toute référence départementale à partir du 1er janvier 2009. Voilà enfin du courage politique! Voilà de la noblesse de coeur...

Peu avares en romantisme, nos défenseurs du terroir disent comprendre les raisons rationnelles qui poussent à adopter ce nouveau type de plaques (les voitures les garderont à vie, on supprimera les services administratifs gérant les cartes grises, et surtout, on évitera les plaques illisibles avec l'inflation du nombre de véhicules), mais préfèrent aller plus loin que la simple logique : "C'est une histoire de coeur, qui transcende les partis", lisait-on hier dans le jdd dans la bouche de l'initiateur du collectif, le député Richard Mallié. Il y a quelques mois, c'était le Pas-de-Calais qui avait initié une démarche similaire.

Pensez donc! Car que vont devenir les générations de marmots qui pour passer le temps, entre Dunkerque et Nice, s'exerçaient à reconnaître les numéros de département? Et puis, franchement, comment klaxonner un Parisien si on ne peut même plus le reconnaître? Vraiment, tout se perd...

Pour faire taire ces amoureux du "6-2, fils de...!", pour qui la plaque d'immatriculation est une partie intégrante de la France éternelle, le gouvernement a fait un geste. Et un beau. Comme vous le voyez sur la photo, un numéro de département pourra figurer facultativement dans un coin de la plaque. Et bien non! Nos nostalgiques des deux chiffres n'en ont pas encore assez.

Car ce qu'ils craignent par-dessus tout, nos exemples vivants du conservatisme, c'est qu'en touchant à ce symbole, on fasse un premier pas vers la suppression du département, préconisée par le défunt rapport Attali! "Je ne serais pas étonné que cette réforme soit un ballon d'essai pour tester les réactions des Français à ce sujet", explique, toujours dans le jdd, Pierre Allorant, maître de conférences à l'université d'Orléans. Pire, le député du Pas-de-Calais Michel Lefait estime que "les gens apprécient ces structures providentielles de proximité car elles versent de nombreuses prestations sociales. Et la proximité, c'est primordial, comme le démontre le succès du film de Dany Boon."

Non, Michel, ne confondons pas tout et ne me titillez pas sur ce point. Le film de Dany Boon, il a fonctionné grâce à un véritable rouleau-compresseur commercial, c'est tout. Quant aux départements, il est comique de les défendre en exhibant des plaques d'imatriculation, ou de se réfugier derrière des arguments tels que "les plaques, ça permet aux gens d'engager des conversations sur des aires d'autoroute". S'il n'y a plus que cela pour justifier le nombre effarant d'échelons d'autorités qui existent dans notre pays, ce collectif est... à coté de la plaque!

N.B. Pourtant il existe un vrai argument pour défendre ce système de plaque, et c'est un argument... policier et douanier. Comment les Douanes travailleront-elles aux frontières, si elles ne peuvent plus distinguer d'où viennent les véhicules? Pour les témoignages, également, la police devrait avoir quelques soucis. Car la première chose qu'on regarde, c'est le numéro de département. Simple question d'habitude?
par Le chafouin publié dans : Société
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Dimanche 20 avril 2008

par Le chafouin publié dans : Humour
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